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Débordements annoncés

Lise Payette   25 avril 2008  Hockey
Photo : Jacques Nadeau
Les seuls qui n'avaient pas prévu les débordements de l'ampleur de ceux que nous avons connus à la suite de la victoire du Canadien de Montréal étaient les policiers. Ceci me porte à croire que la police n'écoute pas la télévision et ne lit pas les journaux. En effet, l'événement était annoncé dans presque tous les bulletins de nouvelles et écrit en toutes lettres dans les quotidiens. Il allait y avoir des débordements.

On disait que ça sentait la coupe... Puis, on a parlé de fièvre, souvent avec un sourire entendu, en fin connaisseur des comportements humains. On a fait monter la fameuse «fièvre» jusqu'à ce que les plus malades ne se contrôlent plus. Et dans les faits, les médias leur avaient déjà donné leur bénédiction. Allez, les enfants, montrez-nous ce que vous êtes capables de faire! L'objectif, c'était de surpasser 1993 et les débordements de l'époque. Prouver son attachement au Canadien est à ce prix.

Chauffer une foule est toujours un acte à double tranchant. La chauffer à blanc conduit fatalement à des débordements. La foule, comme la meute, est difficile à contrôler parce qu'elle sert de refuge à des êtres souvent mal intentionnés ou complètement déboussolés par ce qu'ils sont en train de vivre, ce qui les rend d'autant plus incontrôlables une fois le mouvement lancé. La présence policière, même la mieux intentionnée, est souvent vue comme une provocation supplémentaire.

La foule ne représente pas un danger en soi. Elle porte en elle des éléments de danger et il faut qu'elle sache le plus clairement possible ce qu'on attend d'elle. Pour cela, il faut lui répéter, pendant les jours qui précèdent l'événement, quel rôle exact elle jouera. S'il y a des éléments négatifs dans une foule, il y a aussi — et presque toujours en plus grand nombre — des éléments positifs. Ces éléments positifs seront les garde-fous du comportement de la foule.

Les Québécois fous de hockey

Tout le monde le sait. N'empêche que les débordements de lundi nous ont laissé un goût amer dans la bouche. Les journalistes qui aiment tant jouer à être neutres ont semblé blâmer les services policiers de Montréal plutôt que de prendre le temps de s'interroger sur leur propre comportement. Ça ne serait pas si grave si les séries étaient terminées, mais elles ne le sont pas. Elles ne font que commencer, et si le Canadien accumule les victoires (ou les défaites, c'est la même chose), il faudra avoir appris de nos erreurs et que ça paraisse.

J'ai bien entendu que la police a l'intention d'augmenter ses effectifs... Je ne suis pas du tout sûre que ce soit la bonne solution. Si on voit la présence policière comme une provocation, l'effet sur la foule ne sera pas celui souhaité par la police. Loin de dissuader, une présence policière accrue pourrait amplifier le danger d'une réplique mieux organisée et encore plus violente.

J'aimerais mieux apprendre que les journalistes vont baisser un peu le ton. Qu'ils vont cesser de hurler dans leurs micros en posant des questions insignifiantes à des partisans qui n'en sont déjà plus à leur première bière et qui fanfaronnent en se prenant tous pour des Carbonneau ou des Carey Price. La bière, c'est connu, n'a pas la réputation d'être une boisson qui rend les buveurs plus intelligents ou plus subtils quand vient le moment de dire ce qu'ils pensent. Une caméra de télévision peut faire plus de tort à la paix sociale et provoquer autant qu'un plein camion de policiers. Grande distribution de valium aux commentateurs de sports.

Le slogan «Go Habs go!» — une insulte à la langue française — est devenu un véritable cri de guerre. Personne ne souhaite du patin de fantaisie sur la glace, mais il devrait y avoir des limites aux déguisements acceptables dans les estrades. À force de permettre les abus de toutes sortes, on finit par donner l'impression que tout sera toléré.

Ce n'est pas la fête qui a mauvais goût. Ce n'est pas la joie de la victoire non plus. Ce sont les excès et les débordements qui font mal. Parce qu'au fond, ils donnent de nous, la foule, une image que nous n'aimons pas.

Et si la foule, la vraie, celle du monde ordinaire, choisissait de ne plus être présente, elle laisserait toute la place aux fauteurs de trouble, qui seront toujours disponibles chaque fois qu'il y aura un micro ou une caméra parce qu'ils en ont besoin pour se prouver qu'ils existent. Il suffirait peut-être de cesser de leur donner autant de place. En tout cas, ça aiderait sûrement.






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  • Benoît Gagnon
    Abonné
    vendredi 25 avril 2008 03h49
    La fête, c`est aussi le débordement...
    « La fête s`oppose au comportement quotidien. Or que nous soyons scandalisés du comportement de nos jeunes concitoyens cela peut se comprendre. Mais ne pas voir en même temps que tous ces comportements sont le signe que tout ce superflu des objets qui nous entoure est de trop. On ne peut pas être d`accord avec le vandalisme,cependant on peut très bien situer le phénomène dans un contexte dont la richesse déborde de partout. on ne peut par être pour mais on peut comprendre. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 25 avril 2008 07h51
    Allez les habitants allez
    « Pas de problème avec le «Go Habs go!» des fans du CH de Montréal à la place de «allez les habitants allez" qui est un peu trop long et ne serait pas compris par les anglos.

    Les amateurs applaudissent une équipe de hockey formée en majorité par d'Européens, principalement de Russes pendant que plusieurs joueurs québécois son vedettes dans les autres clubs, ce qui me semble ne pas avoir de sens. Nos amateurs pourraient dire : Nos Russes on battu vos Russes, «Go habs go».

    On voit que ça prend de la casse comme celle de samedi pour réveiller la police de Montréal. Ils étaient réveillés comme il faut jeudi. «allez cops allez» »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 25 avril 2008 08h22
    Ordinaire?
    « « Et si la foule, la vraie, celle du monde ordinaire, choisissait de ne plus être présente, elle laisserait toute la place aux fauteurs de trouble, qui seront toujours disponibles chaque fois qu'il y aura un micro ou une caméra parce qu'ils en ont besoin pour se prouver qu'ils existent. Il suffirait peut-être de cesser de leur donner autant de place. En tout cas, ça aiderait sûrement. »
    Ça c'est du mépris. Qu'est-ce qui permet de dire une chose pareille. On se croirait en monarchie ou dans un milieu bourgeois où on ne souffrait guère d avoir des parvenus ou des gueux parmi ceux-là car ça « déclassait » leurs belles conditions sociales. Donc, non pas de micro pas de caméras pour eux. Il ne faut pas qu'ils existent. À priori, l'objectivité de l'information est de nous informer non de censurer les images ou les propos. Proposez vous donc de faire un tri : « là ce sont de belles personnes, on montre, on en parle; là, non, elles ont un comportement bizarre et non civilisé, on ne montre pas, on n'en parle pas. » Mais c'est une pensée de manipulation des lecteurs ou téléspectateurs ça, non? La foule se défoule, non? Ça fait du bien. Elle exprime le monde tel qu'il est.
    Et puis heureusement que ce que vous écrivez ne marche pas encore, « Ceci me porte à croire que la police n'écoute pas la télévision et ne lit pas les journaux. » car on la verrait partout et nulle part. Comme si justement, ce qu'on veut monter ou parler sont critères de vérité. Il ne faut pas tout de même laisser la police aux mains des médias, ce serait trop dangereux. Un exemple, j'ai vu qu'en général les supporters de Hockey étaient de race blanche (avec héritage chrétien et civilisé) alors que les clips sur l'Internet (parce que la Tévé, vous savez) montraient plutôt des méchants de race noire. Quelle ne fut pas mon étonnement? Ainsi il n'y a eu que des noirs qui firent du grabuge? Si la police regardait ou lisait les médias, on serait bien embêté.
    « ... celle du monde ordinaire... », que veut-dire ce « monde ordinaire » tant répété dans les médias? Par rapport à quoi sommes-nous si « ordinaire »? Mis à part la notion « d'ordre », le mot au 19ième siècle avait la connotation de « domestique engagé exceptionnellement. » Un domestique. À l'armée, ce sont les cuisines, l'ordinaire. La foule pour être vraie doit être ordinaire, donc domestique. Il y aurait beaucoup à méditer là-dessus encore. »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 25 avril 2008 08h26
    Le vrai scandale
    « Le vrai scandale c'est que notre équipe a été achetée à prix d'aubaine, avec NOTRE argent, par un Américain qui avait déjà fait faillitte

    Le vrai scandale c'est que le capitaine de l'équipe depuis 10 ans ne parle pas un mot de français.

    Le vrai scandale c'est que notre équipe de "Canadiens", les "habs" d'antan, la gang à Maurice, a été remplacé par une équipe d'Européens où nos joueurs n'ont plus que le rôle de plombier. Notre symbole de fierté nationale nous a été arraché des mains pendant que nos stars brillent en Floride et en Pennsylvanie. »

  • claire dufour
    Abonnée
    vendredi 25 avril 2008 08h32
    "Go Habs Go"
    « Qui a eu cette idée saugrenue d'un tel slogan? Et au risque de passer pour une ignare, que veut-il dire? J'attends la réponse de OQLF mais rien n'est venu. C'est comme pour les rapports... »

  • Gérard Lépine
    Abonné
    vendredi 25 avril 2008 09h57
    histoire quand tu nous tiens!
    « Mme Payette : je pense que vous avez l'âge, comme moi, de vous souvenir d'un certain 17 mars et des émeutes du Rocket Richard. Plus tard, quand les CanadiAns du sénateur Molson valaient encore quelque chose, et qu'ils gagnaient de temps à autre, la plèbe en profitait pour reprendre du poil de la bête anglaise de l'ouest de Montréal. Je ne pense pas que cette fois-ci, il s'agisse ni de nostalgiques ni de québécois pure-laine, mais peut-être est-ce génétique???
    D'un ancien arbitre retraité près de Collioure et de Banyuls... »

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 25 avril 2008 10h29
    Belle dérive
    « Pour monsieur Montoya, madame Payette méprise les petites gens. Cependant, tout ce qu'elle fait par son texte, c'est de demander aux journalistes d'être responsables, de ne pas accorder préséance aux fauteurs de trouble, aux esprits échauffés, aux ados retardés.
    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Irène saint-pierre
    Inscrite
    vendredi 25 avril 2008 10h36
    "le monde ordinaire..."
    « Géniale idée que de laisser les fauteurs de troubles, les insignifiants ne pouvant réfléchir correctement, les esprits échauffés ensemble lors d'événements spéciaux. J'aime l'expression: "le monde ordinaire", ordinaire fait appel aux gens qui vivent leur quotidien de manière ordinaire c'est-à-dire, dans l'ordre et le respect des autres... »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 25 avril 2008 13h59
    Nous aussi on a notre KKK
    « Le KKK a été fondé aux États-Unis pour combattre tout ce que les WASP n'aimaient pas, principalement, les noirs américains.

    Nous, on a maintenant notre KKK Kovalev, Kostisyn et Kostopoulos pour combattre tous les clubs de hockey que les Québécois n'aiment pas, principalement, Bruins et les Flyers.

    Vive le KKK ! Go habs go ! »

  • Roger Dion
    Abonné
    vendredi 25 avril 2008 17h08
    Les gens ordinaires qui sont partis pour la gloire pour un équipe étrangère
    « Quand nous voyons tous ses gens, dépenser des sommes
    d argents, pour voir un américain comme patron et des joueurs RUSSES EUROPÉENS se remplir les poches, ils appellent ca leurs équipes.
    Oui le C H a déjà représenté les CANADIENS, meme nous pouvons dire CANADIENS FRANCAIS sans politique car la majorité ET PLUS étaient QUÉBÉCOIS FRANCOFONE.
    Pour les débordements lorsque j entends dire, c est une cinquantaine de voyous, c est vrai mes les fêtards qui restent sur place, et qui les regardent sont aussi coupables, que les voyous car ils se sentent admirés.
    Tous ses gens qui se croient partis pour la gloire, parce que l équipe d un américain avec des joueurs étrangés, viennent de gagner, sont aussi stupides que les voyous
    qu ils encouragent en restant sur place.
    ROGER MONTREAL »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    dimanche 27 avril 2008 19h11
    @Roland Berger
    « Il faut pardonner à Montoya car il ne comprend pas le dixième de ce qu'il lit...c'est ce qui, dans son cas, l'amène à "parler pour ne rien dire".... »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    dimanche 27 avril 2008 20h00
    "Go Habs Go"
    « A mon sens, ça semble vouloir dire: "Allez les habitants allez"; ce qui, dans le fond, n'est pas une si mauvaise traduction, si on se fie aux répercussions....

    Corrigez-moi, si je me trompe!!!! »

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