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Gang de rue

Gil Courtemanche   29 mars 2008  Hockey
Les esprits s’étaient calmés pour le match de mardi au Colisée de Québec.
Photo : Agence Reuters
Les esprits s’étaient calmés pour le match de mardi au Colisée de Québec.
On lit souvent dans les journaux qu'à la suite d'une rixe à la sortie d'un bar, un jeune homme associé à un gang de rue a été agressé et sévèrement battu, et surtout que ledit jeune homme refuse de porter plainte contre ses assaillants. Ce jeune homme connaît fort bien ses agresseurs, tout comme ses amis et probablement ses parents. Mais dans ce monde trouble qui possède ses propres règles de résolution des conflits, la dénonciation est interdite. On règle les choses en famille, dans le milieu.
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  • Yvon Montoya
    Abonné
    samedi 29 mars 2008 08h13
    Popeye, le guerrier.
    « À force, on devrait en faire une thèse de doctorat de cette histoire, un essai sociologique, une chanson, un roman, un film, en parler à l'ONU, peut-être demander un prix Nobel de la paix. À chacun sa petite déclaration comme au sortir de l'église où chacun et chacune offrait son obole à la fin e la messe. De plus on offre des interprétations qui n'ont pas lieu d'être comme si le Hockey-machin était un jeu de guerrier. Ce n'est pas vrai que ça fonctionne comme la Mafia puisque cette dernière existe depuis longtemps grâce à des rêgles bien définies dont on ne peut transiger en ne courant aucune sanction. La Mafia connapit bie la Loi et les lois contrairement à vos propos: "Ce qui est évident, c'est que ce sport fonctionne comme la mafia en dehors des lois et des règles qui s'appliquent hors de la patinoire." Leurs meilleurs défenseurs furent très souvent des avocats. Véreux oui, mais avocats tout de même. Le Hockey fonctionne comme la société. »

  • Robert Dumont
    Abonné
    samedi 29 mars 2008 08h26
    Ouais!
    « Nous sommes préoccupés par des problèmes de privilégiés. Trop de pain et trop de jeux empêchent de voir l'Empire s'écrouler autour de nous. Ça s'est déjà vu. »

  • Mario Laprise
    Abonné
    samedi 29 mars 2008 12h30
    Une... ou deux justices ?
    « Un enseignant du primaire ou du secondaire qui sortirait un enfant de sa classe en le tenant par un bras serait prestement accusé d'agression ou de voie de fait et pourrait éventuellement se retrouver avec un casier judiciaire. Au hockey, c'est différent : un individu traverse à grandes enjambées la patinoire, se rue sur son vis-à-vis et lui assène une volée de coups de poing d'une grande violence et il s'en tire avec une petite suspension de sept (7) matchs. Son entraîneur et père, probable instigateur de cet incident, est châtié aussi, cinq (5) parties au repos.

    L'enseignant a, bien sûr, devoir de contrôle et de calme, cependant, confronté jour après jour à une meute de 25 à 30 jeunes personnes exubérantes et parmi lesquelles, il s'en trouve souvent deux ou trois qui perturbent sans cesse le groupe, il peut arriver que le prof n'ait d'autre alternative que de sortir l'indiscipliné contre son gré, ce dernier, refusant d'obtempérer. Et ce geste tout simple et légitime peut le mener devant les tribunaux. Cherchez l'erreur !

    Le sport est, affirme-t-on, une école de civisme et de contrôle de soi. Il me semble que le joueur des Remparts n'a pas bien assimilé ces valeurs, faut croire que son père n'a pas su les lui inculquer... Et ce père- entraîneur «forme» année après année une vingtaine de ces jeunes athlètes qui délaissent souvent les études pour une hypothétique carrières chez les professionnels. Sa responsabilité d'éducateur n'est pas moindre que celle des enseignants dans nos écoles. Cependant quand, lui ou un de ses joueurs commettent des agressions, il leur suffit de formuler des excuses superficielles sinon hypocrites pour être absous. Si la violence est vraiment un comportement à proscrire, il faudrait, il me semble traiter tout le monde sur le même pied, les sportifs comme les autres, d'autant plus que leurs gestes sont publics et susceptibles de servir d'exemple à des milliers de personnes.

    Mario Laprise Québec »

  • Denis Beaulé
    Abonné
    samedi 29 mars 2008 16h29
    Gladiateurs sur glace, commandites et québécité(s)
    « Des suspensions plus sévères n'y changeront rien. C'est l'organisation au grand complet qu'il faudrait changer radicalement, reconnaîtraient donc, ces temps-ci, les plus honnêtes ou les plus sagaces des observateurs du 'milieu'. Mais une «organisation», justement, est-ce quelque chose se «changeant» ou s'«échangeant» ? L'avenir le dira. En attendant, on sait le hockey, jusqu'à Patrick Roy inclus, avoir hérité et d'une lointaine origine et d'une histoire s'ensuivant bien pétries de violence ou de 'virilité'. Laquelle ou lesquelles auraient toujours requis de se la fermer et de cogner. Sous peine de se la faire fermer, de se faire soi-même cogner ou d'être rejeté - du 'milieu'. Où, incidemment, il n'y en aurait pas de milieu : juste des extrêmes. Ce serait là, donc, quelque chose d'aussi systémique que systématique. Aussi mathématique qu'inéthique. Ou doté d'une éthique singulière, exclusive, inédite. Loi du milieu. Point.

    Gordon Sawyer nous dit aujourd'hui que les rixes originelles au hockey, loin de créer de l'animosité entre les adversaires, auraient eu l'effet inverse, du fait qu'une fois le match (assaisonné de bagarres) terminé, les belligérants devaient ensuite fraterniser les uns avec les autres (e.g. à la taverne). Ce qui semble évoquer, donc, ce qui s'ensuivrait de certaines prises de bec épiques à l'ANQ, où l'on croirait parfois que d'aucuns voudraient s'arracher la tête, mais après...

    Si bien qu'on peut se demander s'il n'y aurait pas plus de «mal» que de «bien», à tout prendre, à (tenter d')oblitérer complètement-toute-violence-au-hockey. Qui sait ce qui pourrait en résulter (possiblement plus négatif que positif), qui sait ?

    Considérant que la société s'est (déjà) considérablement féminisée, au cours des dernières décennies, après avoir et tout en continuant à demeurer essentiellement matriarcalisée, ne serait-il pas avisé de remettre le sort (l'issue) de la question entre les mains de femmes ou mères, exclusivement ? Par voie de référendum (féminin), par exemple ? C'est sûr qu'ELLES voteraient pour la cessation de la violence et de bagarres, au hockey comme ailleurs ? Loin d'être sûr ! En effet, considérons un échantillon qualitatif. Il y a une demi-douzaine d'années, l'affable et tendre Colette Provencher, à qui on demandait ce qu'elle en pensait - elle - du match de boxe dont il venait d'être question, avait clairement manifesté ne rien trouver d'intéressant ou de valeureux en le fait de se cogner ainsi «sur la figure». Or, cette semaine-ci même, on aura pu entendre un tout autre son de cloche de la part d'une belle blonde à la radio (concernant les empoignades 'viriles' au hockey). Comme on peut (entre)voir, donc, ce pourrait être «égal» à cet égard, chez les femmes même ! D'ailleurs, y aurait-il la guerre, si «les femmes» étaient «contre» ? La question continue de se poser.

    La façon de verbaliser la chose (ou de la taire), au féminin ou au masculin, elle, pourrait différer. Mais le goût pour la violence, sa «nécessité», sa valorisation ou la tolérance à son endroit ne diffèrent peut-être aucunement d'un sexe à l'autre. Qui sait ? L'écrivain Madeleine Gagnon aura récolté certaines 'surprises' en ce sens, lors de ses observations autour du monde. Ce qui est apprécié chez Kirikou, à commencer par de la part de la gent féminine, c'est qu'il soit un bon guerrier. Chez les chevreuils, on sait comment ça se passe. Et Mahomet disait qu'on peut déduire l'assentiment de la femme à son silence.

    Voilà pourquoi qu'un Parizeau ou qu'un Landry disent tour à tour, respectivement, pour l'un, qu'«on s'est bien battus» et pour l'autre, qu'on va «la faire - la bataille!», ne préjuge en rien que les femmes, de leur côté, elles, trouveraient cela «pas correct» ou «moins 'correct'» - qu'on se soit bien battus (tout-à-coup que ce serait pour elles?...) ou qu'on ait dessein de livrer bataille. Ce serait «à vérifier». Comme il s'imposerait d'anticiper aussi ce qui risquerait d'advenir... advenant qu'on fasse régresser ou tente de faire régresser la violence, y compris en ce seul sport violent qu'il nous reste (en l'espèce). Car le recul de la violence physique, on y oeuvre fort au plan familial, par exemple. Résultat ? Déplacement. On a constaté une croissance de violence morale à l'égard des enfants, notamment.

    Et il y aurait une infinité d'autres considérations à faire sur le sujet. Telle celle ayant trait à cet héritage de Patrick Roy. Lourd héritage. Historique, social, familial, national... «Le CANADIEN» [sic]... Tout un 'poids'. Telle aussi cette autre, connexe, ayant trait au sacré chez nous. Qu'est devenue la Sainte-Flanelle. En remplacement du cardinal Léger... (Serait-ce Maurice qui aurait fait faire ce saut qualitatif, d'un Maurice à l'autre, au tournant du mi-siècle dernier ?).

    Chose certaine, il n'est pas qu'avec ses poings, ses bras, ses jambes ou ses muscles que l'homo quebecensis se sera affirmé ou aura réussi à faire passer (une partie de) sa salade, au cours du même dernier demi-siècle. Et ce également de la part de ce même Roy - 'batailleur' s'il en est et s'il en fut. Il y aura eu aussi des manoeuvres diplomatiques des plus habiles et des plus sophistiquées possibles. Telles celle du maire Drapeau, à l'endroit de De Gaulle, il y a 40 ans ; telle celle de ce cher Patrick Roy, lors de sa non moins mémorable conférence de presse, relativement à son 'départ' du CH, au coeur de laquelle se trouvait comme explication sinon comme érudite justification - «la situation» (omniprésente et récurrentissime en son 'discours'). Pour lequel, certes, il avait été savamment et copieusement 'drillé', certes ; mais qu'il n'en sera pas moins parvenu, LUI, à faire 'passer', à 'faire avaler', à rendre crédible, en raison d'une habileté sienne, peut-être aussi grande en 'diplomatie' qu'en gardiennage de buts, jadis...

    P.S. C'est « drôle », hein, on aura ouï dire, et ce cent fois plutôt qu'une, que les commandites, ça, c'était l'affaire de(s) «"Québécois"». Qui, eux, typiquement, «fonctionneraient d'même»... Arrive cette autre «affaire», là, maintenant, de violence au hockey, sport national «"québécois"», dont on entend dire, encore et encore, semblablement, qu'il serait 'ingouvernable', ingérable... Qu'il 'échapperait' à toute règle ou à tout amendement prévisible possible - au chapitre d'une évolution de moeurs concernant la violence y ayant [toujours eu] cours à tout le moins. (Heureusement, il n'y a pas que cela et la neige au Québec). »

  • Jean-Claude Lauret
    Abonné
    samedi 29 mars 2008 17h04
    Patrick Roy est il un père?
    « Quand un père incite son enfant mineur à commettre un acte criminel, quelle sanction est elle applicable dans la vraie vie? Pourquoi ne s'applique-t-elle pas dans tous les cas de figure?
    On poursuit Guy Lafleur parce qu'il fait tout pour défendre son fils et le ramener dans le droit chemin et l'on absout de toute poursuite Patrick Roy!
    C'est vrai: "LA LOI N'EST PAS LA JUSTICE!" »

  • Steve Fortin
    Abonné
    dimanche 30 mars 2008 14h57
    Il faudra plus qu'un simple coup d'épée opportuniste...
    « C'est trop drôle de lire et d'entendre tout un chacun y aller de son analyse, certains comme s'ils étaient de véritables initiés et connaisseurs du fonctionnement de cette mini-société, univers-clos, qu'est le vestiaire d'une équipe de hockey junior. Certaines gorges-chaudes intellectualisantes en profitent pour vomir leur fiel sur ce qu'ils considèrent, a priori, comme de la barbarie, n'y entendant rien de toute façon.

    Le jeu de hockey par sa vitesse, le niveau d'agilité et l'intensité qu'il demande à ceux qui le pratique est un sport magnifique mais, comme dans toute chose, il est parfois victime de ses dérives. La poursuite d'un rêve de carrière basé sur les seuls intérêts pécuniers et la recherche de la richesse mine l'intégrité du sport. Bien entendu, l'appât du gain qui guide la façon dont est gérée par les différents prorios la LHJMQ est condamnable. Mais n'allez pas croire que la majorité des joueurs qui composent les équipes de la dite ligue ne sont pas sans savoir qu'ils n'atteindront JAMAIS la LNH. Après 6 années dans le hockey mineur, la plupart dans l'élite de leur organisations locales, le "AA", certains qui participent aux ligues estivales "AAA" qui regroupent les meilleurs "AA" de chaque région, pour ce jeune qui a connu ce parcours, la LHJMQ est un débouché logique qui peut être fort attrayant quand on a 16 ou 17 ans.

    Malheureusement, dans la LHJMQ, on chevauche entre l'adolescence et le passage à la vie adulte. Les proprios, eux, sont des adultes qui connaissent la "game" et savent très bien ce qui remplit les arénas. Pour bien des jeunes, devenir une petite vedette locale à Shawinigan ou à Val d'Or sera le zénith de leur carrière sportive. Ils sont donc souvent consentants quand vient le temps de jouer la "game" de l'intimidation ou du hockey viril qui, ne l'oublions pas, compte nombre d'adeptes invétérés.

    Pour ma part, j'ai eu le loisir de choisir un autre chemin. Il existait quand j'ai eu terminé le hockey mineur compétitif une alternative à la LHJMQ pour ceux qui étaient conscients qu'une carrière professionnelle ne leur était pas dévouée mais qui désiraient quand même poursuivre la pratique d'élite de leur sport; le Collégial Majeur. Moins de partie dans l'année et un horaire qui permettait VRAIMENT la poursuite sérieuse des études. J'ai des anciens coéquipiers qui ont éventuellement profité de leur talent au hockey pour poursuivre leurs études dans l'un des très nombreux programmes universitaires américains. Certains ont goûté à la LNH par un concours de circonstances ou tout simplement car on oublie trop souvent que certains joueurs se développent plus tradivement. Pour ces derniers, la LHJMQ peut même devenir un frein à leur développement comme hockeyeur.

    Pour la majorité des jeunes qui passeront par la LHJMQ, le hockey professionnel ne sera qu'un rêve. Certains pousseront la quête dans les nombreux circuits professionnels amateurs américains comme la East Coast Ligue, la IHL, la ligue Federal, etc, des hauts-lieux du hockey viril et violent où de petites bourgades américaines comme Kalamazoo ou Flint supportent leurs équipes avec des assistances qui s'apparentent au junior québécois (1500 à 3000 personnes / match). Des salaires peu intéressants. D'autres plus talentueux aboutiront en europe et gagneront plus convenablement leur vie, mais ils ne sont pas légion et la majorité des clubs européens contingentent maintenant le nombre de joueurs nord-américains par équipe.

    Les autres joindront éventuellement l'une des nombreuses ligues de bière dans leur petit coin de pays contraints de jouer en payant après l'ouvrage souvent entre 22 ou 23 heures le soir...

    Morale ?? Ne s'attaquer que ponctuellement à grand coups de renforts médiatiques à la seule problématique des bagarres dans le hockey junior ne mènera à rien. C'est tout le développement de l'élite du hockey au Québec qui est à repenser. Les hockeyeurs québécois qui atteignent la LNH sont de moins en moins nombreux, l'état des installations et des arénas est lamentable, le coût de la pratique du sport est prohibitif et la formation des entraîneurs d'élite n'a pas beaucoup évoluée depuis les années 80...

    Il faudra plus qu'un simple coup d'épée opportuniste de la part d'une ministre pour s'attaquer à cela... »

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