Les Roy suspendus
La LHJMQ sévit; une enquête policière est en marche
Photo : Agence Reuters
L’entraîneur-chef des Remparts de Québec, Patrick Roy, a présenté hier ses excuses pour les événements survenus samedi lors d’un point de presse qui n’aura pas duré plus de trois minutes. Roy a écopé d’une suspension de cinq matchs à la
Cinq matchs de suspension pour Patrick Roy, sept pour son fils Jonathan: le comité de discipline de la Ligue de hockey junior majeure du Québec (LHJMQ) a sévi, hier, au moment où la Sécurité publique de Saguenay confirmait la mise en place d'une enquête criminelle pour étudier le fil des événements disgracieux de samedi. La foire d'empoigne qui a marqué le deuxième match de la série éliminatoire entre les Remparts de Québec et les Saguenéens de Chicoutimi coûtera cher aux deux équipes. En argent, d'abord, avec des amendes de 4000 $ imposées aux deux équipes.
Mais surtout, en personnel: trois joueurs des Saguenéens et trois autres des Remparts devront s'absenter pour les prochains matchs, tandis que les deux entraîneurs-chefs, Patrick Roy et Richard Martel, ont écopé d'une suspension respective de cinq et deux matchs.
La ligue a précisé dans un communiqué que Roy était puni pour sa «conduite jugée préjudiciable». Les images captées par la télévision l'ont montré incitant son fils à engager le combat contre son adversaire.
Chez les Remparts, c'est évidement le jeune gardien Roy qui a été le plus sévèrement puni, pour son attaque gratuite contre le gardien adverse Bobby Nadeau. Jonathan Roy a aussi été réprimandé pour des gestes adressés à la foule (doigt d'honneur). Dans l'autre camp, Sébastien Rioux ratera six matchs pour avoir quitté le banc des punitions et être venu en aide à son gardien.
La LHJMQ a aussi imposé des sanctions similaires pour une escarmouche violente qui a eu lieu samedi durant un match entre les Cataractes de Shawinigan et les Olympiques de Hull.
Roy s'excuse
Les sanctions connues, Patrick Roy a exprimé ses excuses pour les événements survenus à Chicoutimi, événements qui ont profité d'une couverture médiatique jamais vue pour un match de hockey junior. Au cours d'un point de presse qui n'a pas duré plus de trois minutes, Roy s'est dit désolé pour son fils, l'organisation des Remparts ainsi que pour Bobby Nadeau et sa famille.
«C'est clair que je regrette de ne pas avoir mieux contrôlé la situation par rapport à Jonathan, a-t-il dit. Je regarde ce qu'il a vécu dans les derniers jours, ça me peine énormément. Je ne pense pas que mon fils aurait dû vivre ce genre de situation.»
Pour le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, les événements survenus au cours de la fin de semaine sont «déplorables». Il a assuré que les prochaines sanctions seront plus sévères si d'autres événements semblables surviennent. Les peines données hier ne sont pas les plus lourdes imposées par la ligue (un exemple, en 2005: huit matchs pour le premier joueur testé positif lors d'un contrôle antidopage).
En entretien avec Le Devoir, il a confirmé que les dirigeants de la ligue se réuniront dans les prochains jours pour étudier la possibilité de bannir les bagarres au hockey junior, comme cela se fait au hockey international. «On travaille sur différentes possibilités pour améliorer les règles, a-t-il dit. Mais avant d'en arriver à une conclusion et de décider si on maintient le règlement actuel ou si on bannit les bagarres, il faut discuter avec les autres ligues [junior canadiennes]».
Le cabinet de la ministre des Sports, Michelle Courchesne, a réitéré en après-midi l'intention de la ministre de consulter ses homologues canadiens pour voir comment il pourrait être possible de légiférer et d'empêcher les bagarres au hockey junior.
En attendant, M. Courteau s'est dit très étonné de l'ampleur «démesurée» de la couverture médiatique des événements de samedi. «J'ai vu bien pire en terme de violence dans ma carrière. Mais c'est correct: on aime la publicité quand c'est positif, alors il faut vivre avec quand c'est négatif.»
La LHJMQ devra aussi faire face à la publicité qui accompagnera l'enquête policière annoncée hier par la police de Chicoutimi. Le porte-parole de la Sécurité publique de la ville a confirmé en fin de journée que l'incident était assez sérieux pour mériter une enquête. Le bureau du procureur général étudiera la preuve recueillie et décidera ensuite s'il y a lieu de porter des accusations ou non.
Sanctions justes
Les sanctions imposées hier sont-elles assez sévères? Oui, répond l'ancien joueur Enrico Ciccone, maintenant commentateur sportif et agent de jeunes joueurs. «Peut-être que ça aurait pu être plus, mais c'est déjà beaucoup mieux qu'avant, alors qu'on ne donnait rien», dit-il.
Pour M. Ciccone, la LHJMQ envoie un message fort avec la suspension imposée à Patrick Roy. «Ce n'est pas le premier entraîneur à inciter un joueur à se battre. Il y a une culture d'établie. Mais là, la ligue vient de rappeler aux entraîneurs qu'ils ont une responsabilité sociale et des obligations [d'encadrement] envers des jeunes de 16-17 ans. Il est temps qu'on prenne des décisions pour protéger les joueurs.»
Comme plusieurs autres, M. Ciccone estime toutefois que le hockey junior est somme toute moins violent aujourd'hui qu'il y a 20 ans, quand il y jouait. «La ministre aurait fait une syncope si elle avait vu le hockey à cette époque. On a fait des progrès, qu'il faut compléter.»
Animateur à CKAC et à la télévision de Radio-Canada (La Zone), Michel Villeneuve estime aussi que les sanctions prises sont correctes. «Il y a eu une agression plus dangereuse samedi à Shawinigan, et on a donné six matchs au joueur. Sept matchs pour Jonathan Roy, c'est un juste milieu.»
Tout en soulignant que l'événement a été absurdement grossi par la loupe des médias, M. Villeneuve espère qu'il servira à régler le problème une fois pour tout. «Qu'on les bannisse, les bagarres. Qu'on adopte les règles du hockey international [qui prévoient des suspensions automatiques pour tout bagarreur] et on aura une solution viable. Là, ça fait partie du sport. Le hockey junior fonctionne comme une entreprise commerciale qui écrit ses propres règles. Et en ayant ces règles-là, on ouvre la porte aux débordements.»
Mais surtout, en personnel: trois joueurs des Saguenéens et trois autres des Remparts devront s'absenter pour les prochains matchs, tandis que les deux entraîneurs-chefs, Patrick Roy et Richard Martel, ont écopé d'une suspension respective de cinq et deux matchs.
La ligue a précisé dans un communiqué que Roy était puni pour sa «conduite jugée préjudiciable». Les images captées par la télévision l'ont montré incitant son fils à engager le combat contre son adversaire.
Chez les Remparts, c'est évidement le jeune gardien Roy qui a été le plus sévèrement puni, pour son attaque gratuite contre le gardien adverse Bobby Nadeau. Jonathan Roy a aussi été réprimandé pour des gestes adressés à la foule (doigt d'honneur). Dans l'autre camp, Sébastien Rioux ratera six matchs pour avoir quitté le banc des punitions et être venu en aide à son gardien.
La LHJMQ a aussi imposé des sanctions similaires pour une escarmouche violente qui a eu lieu samedi durant un match entre les Cataractes de Shawinigan et les Olympiques de Hull.
Roy s'excuse
Les sanctions connues, Patrick Roy a exprimé ses excuses pour les événements survenus à Chicoutimi, événements qui ont profité d'une couverture médiatique jamais vue pour un match de hockey junior. Au cours d'un point de presse qui n'a pas duré plus de trois minutes, Roy s'est dit désolé pour son fils, l'organisation des Remparts ainsi que pour Bobby Nadeau et sa famille.
«C'est clair que je regrette de ne pas avoir mieux contrôlé la situation par rapport à Jonathan, a-t-il dit. Je regarde ce qu'il a vécu dans les derniers jours, ça me peine énormément. Je ne pense pas que mon fils aurait dû vivre ce genre de situation.»
Pour le commissaire de la LHJMQ, Gilles Courteau, les événements survenus au cours de la fin de semaine sont «déplorables». Il a assuré que les prochaines sanctions seront plus sévères si d'autres événements semblables surviennent. Les peines données hier ne sont pas les plus lourdes imposées par la ligue (un exemple, en 2005: huit matchs pour le premier joueur testé positif lors d'un contrôle antidopage).
En entretien avec Le Devoir, il a confirmé que les dirigeants de la ligue se réuniront dans les prochains jours pour étudier la possibilité de bannir les bagarres au hockey junior, comme cela se fait au hockey international. «On travaille sur différentes possibilités pour améliorer les règles, a-t-il dit. Mais avant d'en arriver à une conclusion et de décider si on maintient le règlement actuel ou si on bannit les bagarres, il faut discuter avec les autres ligues [junior canadiennes]».
Le cabinet de la ministre des Sports, Michelle Courchesne, a réitéré en après-midi l'intention de la ministre de consulter ses homologues canadiens pour voir comment il pourrait être possible de légiférer et d'empêcher les bagarres au hockey junior.
En attendant, M. Courteau s'est dit très étonné de l'ampleur «démesurée» de la couverture médiatique des événements de samedi. «J'ai vu bien pire en terme de violence dans ma carrière. Mais c'est correct: on aime la publicité quand c'est positif, alors il faut vivre avec quand c'est négatif.»
La LHJMQ devra aussi faire face à la publicité qui accompagnera l'enquête policière annoncée hier par la police de Chicoutimi. Le porte-parole de la Sécurité publique de la ville a confirmé en fin de journée que l'incident était assez sérieux pour mériter une enquête. Le bureau du procureur général étudiera la preuve recueillie et décidera ensuite s'il y a lieu de porter des accusations ou non.
Sanctions justes
Les sanctions imposées hier sont-elles assez sévères? Oui, répond l'ancien joueur Enrico Ciccone, maintenant commentateur sportif et agent de jeunes joueurs. «Peut-être que ça aurait pu être plus, mais c'est déjà beaucoup mieux qu'avant, alors qu'on ne donnait rien», dit-il.
Pour M. Ciccone, la LHJMQ envoie un message fort avec la suspension imposée à Patrick Roy. «Ce n'est pas le premier entraîneur à inciter un joueur à se battre. Il y a une culture d'établie. Mais là, la ligue vient de rappeler aux entraîneurs qu'ils ont une responsabilité sociale et des obligations [d'encadrement] envers des jeunes de 16-17 ans. Il est temps qu'on prenne des décisions pour protéger les joueurs.»
Comme plusieurs autres, M. Ciccone estime toutefois que le hockey junior est somme toute moins violent aujourd'hui qu'il y a 20 ans, quand il y jouait. «La ministre aurait fait une syncope si elle avait vu le hockey à cette époque. On a fait des progrès, qu'il faut compléter.»
Animateur à CKAC et à la télévision de Radio-Canada (La Zone), Michel Villeneuve estime aussi que les sanctions prises sont correctes. «Il y a eu une agression plus dangereuse samedi à Shawinigan, et on a donné six matchs au joueur. Sept matchs pour Jonathan Roy, c'est un juste milieu.»
Tout en soulignant que l'événement a été absurdement grossi par la loupe des médias, M. Villeneuve espère qu'il servira à régler le problème une fois pour tout. «Qu'on les bannisse, les bagarres. Qu'on adopte les règles du hockey international [qui prévoient des suspensions automatiques pour tout bagarreur] et on aura une solution viable. Là, ça fait partie du sport. Le hockey junior fonctionne comme une entreprise commerciale qui écrit ses propres règles. Et en ayant ces règles-là, on ouvre la porte aux débordements.»
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