Des chats de ruelle !
L'impact médiatique seul explique les suspensions exemplaires infligées par le comité de discipline de la Ligue junior majeure à Patrick Roy, à son fils et à quelques autres joueurs impliqués dans la bagarre de samedi dernier. Sans cette rediffusion en boucle de l'agression commise par le jeune Roy, la ligue s'en serait tenue aux sanctions symboliques habituelles. Après tout, personne n'a été blessé... Cela dit, comme pour toutes les nouvelles qui font la une, on aura tout oublié d'ici la fin de la semaine.
Le hockey est un sport de contact rapide où les réflexes, l'adresse et la robustesse comptent plus que la réflexion ou la stratégie. Pour les jeunes, il constitue un très bon exercice physique et mental, pour autant qu'il soit encadré par des adultes matures capables d'enseigner l'importance du contrôle de soi. Malheureusement, de la façon dont il est pratiqué à l'heure actuelle, le hockey peut aussi devenir synonyme de décrochage scolaire, voire de comportements délinquants, sur la glace et dans la vie.
En octobre 2000, la même semaine où Patrick Roy, alors gardien pour l'Avalanche du Colorado, était l'objet d'une enquête policière pour violence conjugale, tous les médias d'Amérique traitaient aussi de la condamnation à 18 mois de prison avec sursis du joueur des Bruins, Marty McSorley, reconnu coupable d'agression armée pour avoir assené un coup de bâton à la tête d'un adversaire.
Au même moment, trois incidents survenus à Laval, à Kahnawake et à Thetford Mines impliquant des entraîneurs, des parents et de jeunes joueurs faisaient la manchette. Dans tous les cas, on promettait d'intervenir. Or, huit ans plus tard, rien n'a changé.
Tant mieux si Casseau vient de rencontrer son chemin de Damas: il était temps qu'il réalise que c'est lui, l'adulte! Mais pour le reste, rien ne changera dans le hockey nord-américain parce que personne parmi les dirigeants de ce sport n'a intérêt à ce que ça change.
En Amérique, le hockey fait concurrence à des sports beaucoup plus populaires comme le baseball et le basketball. Les explosions sporadiques de violence gratuite font partie de la tradition. Seuls quelques marqueurs exceptionnels sont exemptés de l'obligation d'être aussi de bons boxeurs. En théorie, les amateurs se disent prêts au changement, mais dans les faits, combien d'équipes de deuxième classe seraient réduites à la faillite sans cette addition au programme d'une bonne dose de coups de poing?
Il ne faut donc rien attendre des propriétaires d'équipes professionnelles, ni des ligues d'élite juniors où les jeunes et leurs parents sont souvent motivés par le grand rêve. Comme ce fut le cas pour l'obligation de porter le casque protecteur et la visière, c'est aux autorités gouvernementales qu'il revient d'encadrer la pratique sécuritaire de ce sport en ne tolérant plus les comportements dangereux. Sans une telle intervention, les jeunes continueront de devoir apprendre à jeter les gants comme condition d'entrée dans une équipe d'élite.
j-rsansfacon@ledevoir.com
Le hockey est un sport de contact rapide où les réflexes, l'adresse et la robustesse comptent plus que la réflexion ou la stratégie. Pour les jeunes, il constitue un très bon exercice physique et mental, pour autant qu'il soit encadré par des adultes matures capables d'enseigner l'importance du contrôle de soi. Malheureusement, de la façon dont il est pratiqué à l'heure actuelle, le hockey peut aussi devenir synonyme de décrochage scolaire, voire de comportements délinquants, sur la glace et dans la vie.
En octobre 2000, la même semaine où Patrick Roy, alors gardien pour l'Avalanche du Colorado, était l'objet d'une enquête policière pour violence conjugale, tous les médias d'Amérique traitaient aussi de la condamnation à 18 mois de prison avec sursis du joueur des Bruins, Marty McSorley, reconnu coupable d'agression armée pour avoir assené un coup de bâton à la tête d'un adversaire.
Au même moment, trois incidents survenus à Laval, à Kahnawake et à Thetford Mines impliquant des entraîneurs, des parents et de jeunes joueurs faisaient la manchette. Dans tous les cas, on promettait d'intervenir. Or, huit ans plus tard, rien n'a changé.
Tant mieux si Casseau vient de rencontrer son chemin de Damas: il était temps qu'il réalise que c'est lui, l'adulte! Mais pour le reste, rien ne changera dans le hockey nord-américain parce que personne parmi les dirigeants de ce sport n'a intérêt à ce que ça change.
En Amérique, le hockey fait concurrence à des sports beaucoup plus populaires comme le baseball et le basketball. Les explosions sporadiques de violence gratuite font partie de la tradition. Seuls quelques marqueurs exceptionnels sont exemptés de l'obligation d'être aussi de bons boxeurs. En théorie, les amateurs se disent prêts au changement, mais dans les faits, combien d'équipes de deuxième classe seraient réduites à la faillite sans cette addition au programme d'une bonne dose de coups de poing?
Il ne faut donc rien attendre des propriétaires d'équipes professionnelles, ni des ligues d'élite juniors où les jeunes et leurs parents sont souvent motivés par le grand rêve. Comme ce fut le cas pour l'obligation de porter le casque protecteur et la visière, c'est aux autorités gouvernementales qu'il revient d'encadrer la pratique sécuritaire de ce sport en ne tolérant plus les comportements dangereux. Sans une telle intervention, les jeunes continueront de devoir apprendre à jeter les gants comme condition d'entrée dans une équipe d'élite.
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