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Des poursuites judiciaires contre Patrick Roy

26 mars 2008  Hockey
Amir Khadir suggérait cet hiver que les matchs de hockey soient diffusés à la télé publique. Son argument consiste à dire que la vue du sport national du Québec favorise l'intégration des immigrants. Depuis quelques jours, son voeu se concrétise. Toutes les chaînes diffusent en boucle les séquences les plus ignobles et les plus dégradantes du match entre les Remparts et les Saguenéens.

Quel exemple! Ces images font le tour du Canada... ce qui contribue certainement à la renommée internationale du Québec, dont la capitale accueillera cet été un tournoi où les meilleures équipes du monde entier rivaliseront! Pour un 400e qui a du punch, c'est à Québec qu'il faut assister à un match de hockey! Les images en boucle exploitent le côté spectaculaire de gestes cruels, gratuits, voire morbides, commis par des joueurs d'âge mineur, ce qui n'excuse pas leurs gestes.

Si l'entraîneur des Remparts, aussi père du gardien qui a traversé la patinoire pour s'en prendre au gardien adverse, a incité son fils à molester de la sorte un autre joueur, nous devrions avoir honte que le hockey soit notre sport national. Et honte qu'on sache à l'étranger qu'ici, on joue au hockey comme ça dès l'adolescence.

Mais est-ce du jeu? Non. Cela n'a plus rien à voir avec les escarmouches ou les mises en échec. Ces joueurs ne jouaient plus, le match était interrompu. Patrick Roy et ses joueurs sont-ils mauvais perdants? Interrogeons-les à propos de leur esprit sportif et de leur plan de match. À quoi bon appliquer les règles du hockey à des gens qui ne jouaient plus au hockey même s'ils étaient sur une patinoire?

Appliquons-leur plutôt une autre sorte de règlement, en vigueur en tout temps et partout sur le territoire du Canada: le Code criminel. Incitation, complot, tentative, assaut, coups, blessures, intention de blesser...

Indépendamment de la suspension qu'imposera peut-être la Ligue de hockey junior, le procureur général devrait intenter des poursuites. Qu'il donne l'exemple. C'est la seule façon, ultime, de policer ces poltrons matamores et leurs gérants d'estrade excités par la bière tiède. Qu'en dit le directeur des poursuites publiques du Québec? Attend-il qu'un simple citoyen lui adresse une dénonciation, comme le prévoit le Code criminel?

Quant à Patrick Roy, un psychologue pourrait valider ce qui motive ses gestes: sa personnalité antisociale, du genre: «Soumettez-vous, je suis le baron.» Ces gestes portent à croire qu'il est régi par l'impulsivité, qu'il ne souffre aucun remords et qu'il se perçoit comme le plus fort. A-t-on remarqué son irascibilité dans des situations où le contrôle lui échappe? A-t-on noté son manque de maturité quand il réagit à des figures d'autorité? Ce n'est pas parce qu'il a gagné la coupe Stanley qu'il est intouchable. Aucun individu ne peut ériger des remparts entre lui et la loi.

Que Patrick Roy et son fils, qui a assailli quelqu'un qui ne voulait pas se battre, soient poursuivis dans un procès. Et que les sentences soient exemplaires. Le hockey est le sport national que je veux voir à la télévision, pas le combat de lutte extrême où on procède à la mise à mort de martyrs, pour le plaisir sadique du baron Patrick Roy.






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