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Le Junior de Montréal revit

Jean Dion   11 mars 2008  Hockey
L’attaquant Nick Layton, à gauche, et le défenseur Tyler Gale, des Fog Devils de St. John’s, ont posé hier dans le nouvel uniforme bourgogne et blanc du Junior de Montréal.
Photo : Jacques Nadeau
L’attaquant Nick Layton, à gauche, et le défenseur Tyler Gale, des Fog Devils de St. John’s, ont posé hier dans le nouvel uniforme bourgogne et blanc du Junior de Montréal.
Le 25 février dernier, Farrel Miller se trouvait au Colisée Pepsi en compagnie de trois amis pour assister à un match entre les Fog Devils de St. John's et les Remparts de Québec, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec. «Le score était 1 à 1 avec moins de cinq minutes à jouer. Puis Maxime Pomerleau a marqué un but pour les Fog Devils. Nous nous sommes levés spontanément pour applaudir. Nous étions là, quatre debout, et 12 000 autres qui nous regardaient comme s'ils voulaient nous tuer», raconte-t-il à la blague. «St. John's a finalement gagné 2-1. Je peux le dire, nous avons remporté la première manche...» Rires.

La première manche? Celle d'une rivalité sportive entre Montréal et Québec, qui a disparu pour l'essentiel depuis le départ des Nordiques pour le Colorado, et qui pourrait bien renaître si tout fonctionne selon le voeu du principal intéressé. Car si Farrel Miller est un chaud partisan des Fog Devils, c'est qu'il a acheté la compagnie il y a quelques semaines. Et qu'il va la déménager à Montréal. Dès l'automne prochain, une autre tentative de faire vivre le hockey junior majeur dans la métropole verra le jour. Et cette fois sera la bonne, assure l'homme d'affaires montréalais qui a fait sa marque en fondant SportTV.com, une vitrine Web du soccer mondial, et qui a versé 3,1 millions de dollars pour acquérir la franchise terre-neuvienne.

Hier, le Junior de Montréal a été officiellement présenté. Plus d'un quart de siècle après la disparition de son prédécesseur, son nom, disent ses dirigeants, veut évoquer l'histoire et la tradition. Ses uniformes seront bourgogne et blanc, sans logo criard, le simple mot «Montréal» ornant les chandails. L'équipe disputera ses matchs à l'Auditorium de Verdun, qui subira d'importantes rénovations ce printemps. Et s'il arrive qu'à un moment donné le ton monte à l'occasion de rencontres amicales avec la bande à Patrick Roy située à l'autre bout de la 20, personne ne s'en plaindra.

Évidemment, le destin du nouveau club sera conditionné par la réponse donnée à deux questions essentielles. En matière de hockey, y a-t-il de la place pour autre chose que le Canadien à Montréal? Et comment s'y prendra-t-on pour faire fonctionner une franchise dans un marché qui, ces dernières années, ne s'est pas montré plus entiché de hockey junior qu'il ne le faut?

C'est il y a un an environ qu'a germé le projet de ramener la LHJMQ à Montréal dans l'esprit de Farrel Miller. En examinant la situation, lui, fan de hockey, a constaté que la ville la plus proche à posséder une équipe était Drummondville, ce qui, croit-il, «n'a pas de bon sens». «Oui, il y a de la place», renchérit celui qui sera président du club, l'ancien capitaine des Redmen de McGill Martin Routhier. «Ce n'est pas tout le monde qui a la chance ou les moyens de se rendre au Centre Bell pour un match du Canadien. Et à 15 $ le billet en moyenne, le Junior de Montréal constituera une avenue de rechange abordable.»

Le hockey junior majeur a certes connu de grandes heures dans l'île de Montréal, mais le tout commence à remonter à plutôt longtemps. Quelques-uns se rappelleront peut-être les passages éphémères du National de Rosemont ou des Maple Leafs et des Éperviers de Verdun, mais l'histoire a surtout été façonnée par le Junior de Montréal, anciennement appelé le Bleu Blanc Rouge, qui vécut de 1975 à 1982. Ce fut l'époque du trio des Denis (Denis Savard, Denis Cyr et Denis Tremblay) qui terrorisait les défenses adverses, de Normand Dupont, de Robert Picard. Le Junior est ensuite devenu celui de Verdun (1982-84), avec Pat LaFontaine aux commandes.

Plus récemment, l'expérience a été tentée avec le Rocket de Montréal, qui jouait ses matchs à l'aréna Maurice-Richard, mais l'aventure n'a duré que quatre saisons et a pris fin abruptement avec le déménagement de la franchise à l'Île-du-Prince-Édouard, en 2003. L'équipe n'a jamais vraiment réussi à prendre racine et à attirer un nombre suffisant d'amateurs.

«Il ne faut pas oublier que le Rocket était un club de l'expansion. Pendant les premières années, ils en arrachaient sur la glace», mentionne Farrel Miller. «Nous, nous avons une équipe déjà constituée, une bonne équipe. Nous pouvons promettre un rendement au-dessus de ,500 dès la première saison.» De fait, le propriétaire va jusqu'à dire qu'il entend que le Junior devienne «les Red Sox de Boston ou les Yankees de New York de la LHJMQ». «Nous voulons un club qui soit continuellement compétitif», déclare-t-il.

En fait, il n'y a pas que l'île de Montréal qui ait perdu ses formations juniors dans la région. À compter des années 1980, un étrange vide s'est produit tout autour, qui a fait lever les feutres à des équipes situées aussi bien à Longueuil qu'à Laval, Sorel, Saint-Hyacinthe, Saint-Jean-sur-Richelieu, Sherbrooke et Trois-Rivières. Absente du bassin le plus populeux du Québec, la LHJMQ s'est tournée vers les provinces de l'Atlantique, l'Abitibi, le Bas-Saint-Laurent et la Côte-Nord pour maintenir la cadence.

Cependant, «toutes les villes canadiennes qui ont une équipe dans la Ligue nationale en possèdent aussi au moins une de niveau junior. Ces équipes juniors fonctionnent très bien. Si ça marche à Calgary, à Edmonton ou à Vancouver, des villes plus petites que Montréal, pourquoi ça ne marcherait pas ici?», demande Miller. Il ajoute que le Junior disposera d'un argument-clé en ce qu'il pourra offrir à ses joueurs de poursuivre leurs études dans la langue de leur choix. La LHJMQ, soutient-il, a fait de larges progrès ces dernières années dans l'encadrement scolaire et social de ses joueurs, et elle s'est adjoint des noms prestigieux dans les directions d'équipes, qu'il s'agisse de la famille Irving, de Patrick Roy, de Guy Carbonneau ou de Bobby Smith.

Quant au choix de Verdun, il n'a jamais été mis en doute, a dit Martin Routhier. Les dirigeants du Junior considèrent l'Auditorium idéalement situé, près du centre-ville de Montréal et de la Rive-Sud avec une station de métro à un coin de rue. L'amphithéâtre peut accueillir quelque 4200 spectateurs, mais les dirigeants de l'équipe n'ont pas voulu fixer publiquement un seuil de ventes de billets à atteindre.

Les Fog Devils de St. John's, qui attirent peu et éprouvent de sérieux problèmes financiers, présentent un rendement de 32-28-1-7 cette saison, leur troisième dans la LHJMQ, au 6e rang de la section Est. Une quinzaine de leurs joueurs actuels seront admissibles à revenir avec l'équipe l'an prochain. Cinq de leurs éléments ont déjà été repêchés par un club de la Ligue nationale, soit Jean-Simon Allard et T.J. Brennan (Buffalo), Matt Fillier (Los Angeles), Mario Kempe (Philadelphie) et le gardien Timo Pielmeier (San Jose). À noter, par ailleurs, que les Fog Devils comptent sept joueurs originaires de Terre-Neuve, qui demanderont peut-être à rester plus près de la maison lors de la prochaine campagne.

Et ce n'est sans doute qu'un hasard si l'entraîneur-chef de l'équipe, Réal Paiement, est celui qui compte le plus grand nombre de matchs comme joueur dans l'uniforme du... Junior de Montréal: 276 joutes, de 1975 à 1979...






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  • jacques noel
    Inscrit
    mardi 11 mars 2008 08h33
    Montréal ville de hockey?
    « Montréal, où les Nous sont maintenant minoritaires, n'est plus une ville de hockey.

    Elle n'a aucune équipe junior et la Sainte-Flanelle compte ne même pas un quart de Nous. L'équipe appartient à un Américain ainsi que le nouveau "temple". Il y a longtemps que les fantomes sont enterrés...

    L'avenir à Montréal c'est le soccer... »

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