Les Hurricanes reprennent vie
Le Canadien s'incline 2-1 en prolongation et la série est relancée
Photo : Jacques Nadeau
Pandémie de fièvre du hockey à Montréal. Après les deux victoires remportées par la sainte Flanelle contre les Hurricanes de la Caroline, plusieurs partisans montréalais savourent déjà la coupe Stanley. À défaut de la remporter, cet admirateur
Demandez-le à n'importe quel spécialiste de l'ontologie ou analyste de hockey professionnel, il vous dira que, dans une série quatre de sept, le troisième match est le plus important. Cela est rigoureusement vrai, du moins jusqu'à ce qu'on ait à en disputer un cinquième, un sixième ou un septième qui est vraiment très important.
Toujours est-il qu'hier soir, pour les Hurricanes de la Caroline, le troisième match de sa série contre le Canadien de Montréal était sans surlendemain. Une victoire, et toutes les portes s'ouvraient; une défaite, et ça sentait sérieusement le cuir de sac de golf.
Et accumulés au pied du mur, comme disait le poète, ils ont répondu «présent» à l'appel, soutirant une courte mais suffisante victoire de 2-1 en prolongation pour porter le duel à une victoire contre deux devant une foule d'abord survoltée puis déçue et en colère massée dans un Centre Bell Téléphone rempli à capacité.
Il n'y aura donc pas de «Sweep Caroline»...
C'est un but du jeune prodige Eric Staal, marqué à 3:38 de la première période supplémentaire à la faveur d'un avantage numérique provoqué par une cinquième punition consécutive décernée au Canadien qui a tranché le débat et tout remis en question alors que le CH, quelques dizaines de minutes plus tôt, semblait se diriger méthodiquement vers une avance insurmontable. En trois matchs dans cette série, l'équipe à domicile est donc toujours en quête d'un premier gain.
Et ce n'est pas tout. En plus du match, le Tricolore pourrait bien avoir perdu son capitaine Saku Koivu, victime en deuxième période d'un coup de bâton qui est passé sous sa visière et qui l'a atteint en plein à l'oeil gauche. L'oeil ensanglanté, Koivu a dû quitter le match et se rendre à l'hôpital pour y subir des examens approfondis. En fin de soirée hier, aucun détail précis n'avait filtré de son état ni de la durée prévue de son absence, mais de toute évidence, la blessure est sérieuse.
Les Hurricanes, de leur côté, peuvent remercier chaleureusement leur gardien recrue Cam Ward, qui tout au long de la soirée a empêché le Canadien, par son brio et quelques arrêts acrobatiques, de s'emparer d'une grosse avance.
Dans l'ensemble, le match a donné lieu à du jeu excitant malgré le score peu élevé.
Ce fut une première période immaculée côté tableau indicateur puisqu'elle s'est terminée par le score de 0 à 0, une nouveauté dans cette série dont les deux premiers matchs avaient vu 18 buts être marqués. Néanmoins, le rythme est demeuré soutenu en dépit de vraies bonnes chances de marquer plutôt rares.
Les locaux ont rapidement pris l'initiative du jeu en début de match, galvanisés par une foule hurlante qui se levait à la moindre mise en échec. Mais ils n'ont pu faire mieux qu'un tir sur le poteau de la part de Michael Ryder à la cinquième minute. Par la suite et jusqu'à la fin de l'engagement, les échanges se sont faits plus égaux.
Parmi les faits saillants de la période, on notera dans nos archives une sortie à trois contre un, en désavantage numérique s'il vous plaît, pour le Canadien. Mais le tout s'est terminé en queue de poisson quand Niklas Sundstrom, le porteur de la rondelle, a fait montre de ses talents de marqueur naturel en ne passant ni lançant jusqu'à ce que ses options disparaissent, qu'il se retrouve trop près du gardien Ward et soit contraint à tirer directement sur lui.
Deux avantages numériques pour Caroline en première, un pour Montréal, mais rien pour faire un film d'action. Treize lancers pour les visiteurs contre 10, et Cristobal Huet et Ward solides les quelques fois où on a eu besoin d'eux.
En période médiane, scénario similaire: le Canadien a dominé le commencement des hostilités, à tel point que les Hurricanes n'ont obtenu leur premier tir au but qu'à 6:40. Et si la Caroline ne s'est pas faite sortir du match à ce moment, elle le doit carrément à Ward.
Auteur d'un arrêt phénoménal de la mitaine contre Tomas Plekanec qui a pratiquement eu le temps de compter cinq bateaux alors qu'il se trouvait tout seul en pleine enclave, Ward a par la suite été sauvé par un défenseur lorsqu'un lancer dévié d'Andrei Markov a flotté jusqu'au poteau pour rebondir sur l'arrière de la jambe du gardien et se diriger vers la cage. Quelques minutes plus tard, la recrue a remis ça, encore une fois in extremis avec la mitaine contre Richard Zednik posté à l'embouchure en supériorité d'un homme.
Puis sont venues les sueurs froides lorsque Koivu, fonçant vers le filet, a été accroché par le bâton de Justin Williams. Koivu , on l'a dit, a été atteint à l'oeil et il a aussitôt quitté la rencontre. Aucun des deux arbitres n'a vu quoi que ce soit, semble-t-il. Des détails? En séries, on vous dira probablement qu'il est blessé au haut du corps.
Le score est resté vierge jusqu'à ce que Zednik, au terme d'une belle entrée dans l'enclave, profite d'une rondelle bondissante poussée vers lui par Ryder pour la loger dans l'enclave au-dessus de l'épaule droite de Ward qui se trouvait déjà à genoux, ayant papillonné. 1-0 Montréal pendant une punition à Glen Wesley, qui joue au hockey depuis 1924 ou à peu près.
Ward s'est de nouveau illustré en fin de période quand Francis Bouillon, sortant du banc des punitions, s'est retrouvé fin seul en échappée. Arrêt du bras.
Et pendant ce temps, à l'autre bout, Cristobal passait une soirée plutôt tranquille, seul Doug Weight ayant réussi une percée devant sa cage. Mais son tir ne s'est jamais rendu jusqu'au gardien. Onze tirs contre huit en faveur du Canadien en deuxième, alors que le Tricolore parvenait fort efficacement à contraindre l'adversaire à travailler le long des bandes.
La troisième? Mettons qu'en troisième, on pouvait légitimement s'attendre à ce que les Ouragans fassent honneur à leur nom et débarquent avec la proverbiale énergie du désespoir, mais celle-ci a eu tôt fait de se heurter à l'opiniâtreté de celui qui hume la victoire proche. Et on semblait se diriger vers une fin en douceur lorsque, à la 12e minute, Rod Brind'Amour tire profit d'un mauvais calcul de Sheldon Souray pour filer jusqu'à Huet et lui passer la rondelle entre les jambières d'un tir à moitié raté, en apparence inoffensif. Un partout.
La séquence devait être suivie de moments d'angoisse pour les Montréalais puisqu'ils ont écopé trois punitions, dont une double mineure à Mike Komisarek. Mais les spécialistes de la défensive ont brillamment tenu le coup, et on s'est retrouvé en prolongation pour la deuxième fois de suite.
Toujours est-il qu'hier soir, pour les Hurricanes de la Caroline, le troisième match de sa série contre le Canadien de Montréal était sans surlendemain. Une victoire, et toutes les portes s'ouvraient; une défaite, et ça sentait sérieusement le cuir de sac de golf.
Et accumulés au pied du mur, comme disait le poète, ils ont répondu «présent» à l'appel, soutirant une courte mais suffisante victoire de 2-1 en prolongation pour porter le duel à une victoire contre deux devant une foule d'abord survoltée puis déçue et en colère massée dans un Centre Bell Téléphone rempli à capacité.
Il n'y aura donc pas de «Sweep Caroline»...
C'est un but du jeune prodige Eric Staal, marqué à 3:38 de la première période supplémentaire à la faveur d'un avantage numérique provoqué par une cinquième punition consécutive décernée au Canadien qui a tranché le débat et tout remis en question alors que le CH, quelques dizaines de minutes plus tôt, semblait se diriger méthodiquement vers une avance insurmontable. En trois matchs dans cette série, l'équipe à domicile est donc toujours en quête d'un premier gain.
Et ce n'est pas tout. En plus du match, le Tricolore pourrait bien avoir perdu son capitaine Saku Koivu, victime en deuxième période d'un coup de bâton qui est passé sous sa visière et qui l'a atteint en plein à l'oeil gauche. L'oeil ensanglanté, Koivu a dû quitter le match et se rendre à l'hôpital pour y subir des examens approfondis. En fin de soirée hier, aucun détail précis n'avait filtré de son état ni de la durée prévue de son absence, mais de toute évidence, la blessure est sérieuse.
Les Hurricanes, de leur côté, peuvent remercier chaleureusement leur gardien recrue Cam Ward, qui tout au long de la soirée a empêché le Canadien, par son brio et quelques arrêts acrobatiques, de s'emparer d'une grosse avance.
Dans l'ensemble, le match a donné lieu à du jeu excitant malgré le score peu élevé.
Ce fut une première période immaculée côté tableau indicateur puisqu'elle s'est terminée par le score de 0 à 0, une nouveauté dans cette série dont les deux premiers matchs avaient vu 18 buts être marqués. Néanmoins, le rythme est demeuré soutenu en dépit de vraies bonnes chances de marquer plutôt rares.
Les locaux ont rapidement pris l'initiative du jeu en début de match, galvanisés par une foule hurlante qui se levait à la moindre mise en échec. Mais ils n'ont pu faire mieux qu'un tir sur le poteau de la part de Michael Ryder à la cinquième minute. Par la suite et jusqu'à la fin de l'engagement, les échanges se sont faits plus égaux.
Parmi les faits saillants de la période, on notera dans nos archives une sortie à trois contre un, en désavantage numérique s'il vous plaît, pour le Canadien. Mais le tout s'est terminé en queue de poisson quand Niklas Sundstrom, le porteur de la rondelle, a fait montre de ses talents de marqueur naturel en ne passant ni lançant jusqu'à ce que ses options disparaissent, qu'il se retrouve trop près du gardien Ward et soit contraint à tirer directement sur lui.
Deux avantages numériques pour Caroline en première, un pour Montréal, mais rien pour faire un film d'action. Treize lancers pour les visiteurs contre 10, et Cristobal Huet et Ward solides les quelques fois où on a eu besoin d'eux.
En période médiane, scénario similaire: le Canadien a dominé le commencement des hostilités, à tel point que les Hurricanes n'ont obtenu leur premier tir au but qu'à 6:40. Et si la Caroline ne s'est pas faite sortir du match à ce moment, elle le doit carrément à Ward.
Auteur d'un arrêt phénoménal de la mitaine contre Tomas Plekanec qui a pratiquement eu le temps de compter cinq bateaux alors qu'il se trouvait tout seul en pleine enclave, Ward a par la suite été sauvé par un défenseur lorsqu'un lancer dévié d'Andrei Markov a flotté jusqu'au poteau pour rebondir sur l'arrière de la jambe du gardien et se diriger vers la cage. Quelques minutes plus tard, la recrue a remis ça, encore une fois in extremis avec la mitaine contre Richard Zednik posté à l'embouchure en supériorité d'un homme.
Puis sont venues les sueurs froides lorsque Koivu, fonçant vers le filet, a été accroché par le bâton de Justin Williams. Koivu , on l'a dit, a été atteint à l'oeil et il a aussitôt quitté la rencontre. Aucun des deux arbitres n'a vu quoi que ce soit, semble-t-il. Des détails? En séries, on vous dira probablement qu'il est blessé au haut du corps.
Le score est resté vierge jusqu'à ce que Zednik, au terme d'une belle entrée dans l'enclave, profite d'une rondelle bondissante poussée vers lui par Ryder pour la loger dans l'enclave au-dessus de l'épaule droite de Ward qui se trouvait déjà à genoux, ayant papillonné. 1-0 Montréal pendant une punition à Glen Wesley, qui joue au hockey depuis 1924 ou à peu près.
Ward s'est de nouveau illustré en fin de période quand Francis Bouillon, sortant du banc des punitions, s'est retrouvé fin seul en échappée. Arrêt du bras.
Et pendant ce temps, à l'autre bout, Cristobal passait une soirée plutôt tranquille, seul Doug Weight ayant réussi une percée devant sa cage. Mais son tir ne s'est jamais rendu jusqu'au gardien. Onze tirs contre huit en faveur du Canadien en deuxième, alors que le Tricolore parvenait fort efficacement à contraindre l'adversaire à travailler le long des bandes.
La troisième? Mettons qu'en troisième, on pouvait légitimement s'attendre à ce que les Ouragans fassent honneur à leur nom et débarquent avec la proverbiale énergie du désespoir, mais celle-ci a eu tôt fait de se heurter à l'opiniâtreté de celui qui hume la victoire proche. Et on semblait se diriger vers une fin en douceur lorsque, à la 12e minute, Rod Brind'Amour tire profit d'un mauvais calcul de Sheldon Souray pour filer jusqu'à Huet et lui passer la rondelle entre les jambières d'un tir à moitié raté, en apparence inoffensif. Un partout.
La séquence devait être suivie de moments d'angoisse pour les Montréalais puisqu'ils ont écopé trois punitions, dont une double mineure à Mike Komisarek. Mais les spécialistes de la défensive ont brillamment tenu le coup, et on s'est retrouvé en prolongation pour la deuxième fois de suite.
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