Super Bowl XLVI - New York-Boston, la revanche
Il y a deux semaines, les Giants de New York se sont retrouvés en prolongation en finale de l'Association nationale de football au Candlestick Park de San Francisco. À la sixième minute, ils ont dû dégager leur territoire. L'ailier Kyle Williams, des 49ers, a retourné le botté, mais à la ligne de 24 des siens, il a échappé le ballon, recouvré par les Giants. Quelques jeux plus tard, Lawrence Tynes réussissait un placement de 31 verges pour permettre à son équipe de poursuivre sa saison.
Il s'agissait de la deuxième perte de ballon du match pour Williams. Après la rencontre, on devait apprendre qu'il était un joueur visé par l'adversaire. «Nous savions qu'il avait déjà subi quatre commotions cérébrales. La grosse affaire, pour nous, c'était de le sortir du jeu», a déclaré le secondeur des Giants Jacquian Williams, qui a provoqué le second échappé. Devin Thomas, un autre membre des unités spéciales de New York, a corroboré.
On aurait pu s'attendre à ce que les dirigeants de la ligue sévissent. Cibler les endroits vulnérables, on sait que ça se fait, mais on sait aussi que ça ne se dit pas. La NFL, qui se démène depuis des mois pour réduire le nombre de commotions cérébrales ou du moins faire croire que les dommages au cerveau ne sont pas aussi graves qu'on le prétend, n'a toutefois constaté aucun coup illicite, et l'affaire en est restée là.
Il ne faut pas s'embarrasser de trop de scrupules si l'on veut atteindre la joute d'entre les joutes, la grand-messe du sport professionnel, le Super Bowl. Il faut également un certain alignement des astres, ainsi qu'en témoigneront les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, qui doivent à un ballon rabattu dans la zone des buts par le demi de coin Sterling Moore, libéré deux fois cette saison, et à une tentative de placement ratée parce que le botteur avait lu un tableau indicateur incorrect et précipité son geste, de retourner à la grande danse.
Giants et Patriots, donc, face à face pour ce Super Bowl XLVI demain soir. La bonne vieille rivalité New York-Boston, savamment entretenue au baseball par les Yankees et les Red Sox, qui fait tant damner à peu près tous les Américains qui habitent ailleurs au pays. La défense intraitable des uns, l'attaque dévastatrice des autres. Rejoue-t-on 2008, le XLII, quand les premiers, largement négligés, s'étaient imposés in extremis de la plus dramatique des façons? En partie. Plusieurs acteurs de soutien ont certes changé, mais les têtes d'affiche sont les mêmes: les entraîneurs-chefs Tom Coughlin et Bill Belichick, deux mal-aimés, les quarts-arrière Eli Manning et Tom Brady. Il y a quatre ans, les Pats, arrivés en Arizona avec un ronflant dossier de 18-0, avaient été donnés favoris par 12 points par les preneurs aux livres de Vegas; cette fois, sous le dôme du Lucas Oil Stadium d'Indianapolis, ils le sont par 3.
Ironique, d'ailleurs, que Manning tente de devenir le plus titré de la famille dans l'amphithéâtre que son frère Peyton a bâti. L'aîné, sans doute le meilleur quart-arrière de sa génération, a raté la totalité de la campagne 2011 après de multiples opérations au cou, et les Colts en ont sérieusement pâti, bouclant la saison avec une fiche de 2-14. Engagé dans une guerre de mots avec le propriétaire de l'équipe Jim Irsay, Peyton a pratiquement reçu davantage d'attention que tous les participants au Super Bowl réunis au cours de la dernière semaine, alors qu'augmente l'incertitude quant à la suite de sa carrière (à bientôt 36 ans, rejouera-t-il un jour?) et à son statut avec les Colts, qui doivent lui verser une prime de 28 millions $ d'ici un mois, sans quoi il deviendra joueur autonome sans restriction.
Les deux clubs en lice se sont rencontrés une fois en saison régulière, à l'avantage des Giants, 24-20, en terrain ennemi. Les Patriots ont connu une première portion de calendrier modeste avant de trouver leur vitesse de croisière: ils ont débarqué à Indianapolis avec une séquence de 10 victoires consécutives. Les Giants, eux, ont eu un parcours hautement inégal mais ont su se raplomber à temps pour siffler le championnat de leur division au dernier match et tenir le haut du pavé pendant trois matchs éliminatoires, dont les deux derniers à l'étranger. S'ils gagnent demain, ils deviendront l'équipe avec le pire dossier en saison, 9-7, à décrocher le championnat. Les 49ers de 1988, les Giants de 2007 et les Packers de Green Bay de 2010 détiennent actuellement la marque, ayant tous trois terminé à 10-6.
La grand-messe, disions-nous? On se répète d'année en année, mais on ne peut pas y échapper. L'an dernier, le Super Bowl a attiré 111 millions de téléspectateurs aux États-Unis seulement, devenant ainsi l'émission la plus regardée de tous les temps au pays. Cet achalandage virtuel permet évidemment au diffuseur de pratiquer des tarifs publicitaires sans cesse plus élevés: cette fois, le réseau NBC perçoit 3,5 millions $ par message de 30 secondes. Pour se donner un point de comparaison, lors du Super Bowl I — qui ne portait pas encore ce nom —, disputé le 15 janvier 1967 à Los Angeles, la plage d'une demi-minute se détaillait 42 000 $. Une légère inflation de 8233 % en un peu moins d'un demi-siècle.
Le prix des billets s'est aussi envolé en quelque impressionnante sorte. En 1967, une place coûtait de 6 à 12 $. En 2012, de 600 à 1200 $. Pas loin de 10 000 % comme hausse. (À la revente, ça va jusqu'à 4000 $ environ.)
Enfin, sachons ne pas oublier que le Super Bowl, ce n'est pas qu'une collection choisie d'armoires à glace qui se rentrent dedans, c'est également de la culture. Au spectacle de la mi-temps, on aura droit à l'increvable Madonna, qui interprétera son plus récent succès ainsi que trois tubes de la belle époque, qui a promis qu'il n'y aurait pas de scandale et qui a mentionné que bien que s'intéressant relativement peu au football, elle appuiera les Giants puisqu'elle réside à New York.
Le botté d'envoi aura lieu peu après 18h30, et les excès de bouffe et de boisson se dérouleront toute la journée.
Il s'agissait de la deuxième perte de ballon du match pour Williams. Après la rencontre, on devait apprendre qu'il était un joueur visé par l'adversaire. «Nous savions qu'il avait déjà subi quatre commotions cérébrales. La grosse affaire, pour nous, c'était de le sortir du jeu», a déclaré le secondeur des Giants Jacquian Williams, qui a provoqué le second échappé. Devin Thomas, un autre membre des unités spéciales de New York, a corroboré.
On aurait pu s'attendre à ce que les dirigeants de la ligue sévissent. Cibler les endroits vulnérables, on sait que ça se fait, mais on sait aussi que ça ne se dit pas. La NFL, qui se démène depuis des mois pour réduire le nombre de commotions cérébrales ou du moins faire croire que les dommages au cerveau ne sont pas aussi graves qu'on le prétend, n'a toutefois constaté aucun coup illicite, et l'affaire en est restée là.
Il ne faut pas s'embarrasser de trop de scrupules si l'on veut atteindre la joute d'entre les joutes, la grand-messe du sport professionnel, le Super Bowl. Il faut également un certain alignement des astres, ainsi qu'en témoigneront les Patriots de la Nouvelle-Angleterre, qui doivent à un ballon rabattu dans la zone des buts par le demi de coin Sterling Moore, libéré deux fois cette saison, et à une tentative de placement ratée parce que le botteur avait lu un tableau indicateur incorrect et précipité son geste, de retourner à la grande danse.
Giants et Patriots, donc, face à face pour ce Super Bowl XLVI demain soir. La bonne vieille rivalité New York-Boston, savamment entretenue au baseball par les Yankees et les Red Sox, qui fait tant damner à peu près tous les Américains qui habitent ailleurs au pays. La défense intraitable des uns, l'attaque dévastatrice des autres. Rejoue-t-on 2008, le XLII, quand les premiers, largement négligés, s'étaient imposés in extremis de la plus dramatique des façons? En partie. Plusieurs acteurs de soutien ont certes changé, mais les têtes d'affiche sont les mêmes: les entraîneurs-chefs Tom Coughlin et Bill Belichick, deux mal-aimés, les quarts-arrière Eli Manning et Tom Brady. Il y a quatre ans, les Pats, arrivés en Arizona avec un ronflant dossier de 18-0, avaient été donnés favoris par 12 points par les preneurs aux livres de Vegas; cette fois, sous le dôme du Lucas Oil Stadium d'Indianapolis, ils le sont par 3.
Ironique, d'ailleurs, que Manning tente de devenir le plus titré de la famille dans l'amphithéâtre que son frère Peyton a bâti. L'aîné, sans doute le meilleur quart-arrière de sa génération, a raté la totalité de la campagne 2011 après de multiples opérations au cou, et les Colts en ont sérieusement pâti, bouclant la saison avec une fiche de 2-14. Engagé dans une guerre de mots avec le propriétaire de l'équipe Jim Irsay, Peyton a pratiquement reçu davantage d'attention que tous les participants au Super Bowl réunis au cours de la dernière semaine, alors qu'augmente l'incertitude quant à la suite de sa carrière (à bientôt 36 ans, rejouera-t-il un jour?) et à son statut avec les Colts, qui doivent lui verser une prime de 28 millions $ d'ici un mois, sans quoi il deviendra joueur autonome sans restriction.
Les deux clubs en lice se sont rencontrés une fois en saison régulière, à l'avantage des Giants, 24-20, en terrain ennemi. Les Patriots ont connu une première portion de calendrier modeste avant de trouver leur vitesse de croisière: ils ont débarqué à Indianapolis avec une séquence de 10 victoires consécutives. Les Giants, eux, ont eu un parcours hautement inégal mais ont su se raplomber à temps pour siffler le championnat de leur division au dernier match et tenir le haut du pavé pendant trois matchs éliminatoires, dont les deux derniers à l'étranger. S'ils gagnent demain, ils deviendront l'équipe avec le pire dossier en saison, 9-7, à décrocher le championnat. Les 49ers de 1988, les Giants de 2007 et les Packers de Green Bay de 2010 détiennent actuellement la marque, ayant tous trois terminé à 10-6.
La grand-messe, disions-nous? On se répète d'année en année, mais on ne peut pas y échapper. L'an dernier, le Super Bowl a attiré 111 millions de téléspectateurs aux États-Unis seulement, devenant ainsi l'émission la plus regardée de tous les temps au pays. Cet achalandage virtuel permet évidemment au diffuseur de pratiquer des tarifs publicitaires sans cesse plus élevés: cette fois, le réseau NBC perçoit 3,5 millions $ par message de 30 secondes. Pour se donner un point de comparaison, lors du Super Bowl I — qui ne portait pas encore ce nom —, disputé le 15 janvier 1967 à Los Angeles, la plage d'une demi-minute se détaillait 42 000 $. Une légère inflation de 8233 % en un peu moins d'un demi-siècle.
Le prix des billets s'est aussi envolé en quelque impressionnante sorte. En 1967, une place coûtait de 6 à 12 $. En 2012, de 600 à 1200 $. Pas loin de 10 000 % comme hausse. (À la revente, ça va jusqu'à 4000 $ environ.)
Enfin, sachons ne pas oublier que le Super Bowl, ce n'est pas qu'une collection choisie d'armoires à glace qui se rentrent dedans, c'est également de la culture. Au spectacle de la mi-temps, on aura droit à l'increvable Madonna, qui interprétera son plus récent succès ainsi que trois tubes de la belle époque, qui a promis qu'il n'y aurait pas de scandale et qui a mentionné que bien que s'intéressant relativement peu au football, elle appuiera les Giants puisqu'elle réside à New York.
Le botté d'envoi aura lieu peu après 18h30, et les excès de bouffe et de boisson se dérouleront toute la journée.
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