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Ski acrobatique - Rousseau a déjà accompli le plus grand exploit de sa vie

25 novembre 2005  Actualités sportives
Il y a quatre ans, à peu près à la même date, le vice-champion mondial Pierre-Alexandre Rousseau occupait le deuxième rang à la Coupe du monde et rêvait à une médaille d'or olympique.

Mais un mois avant les Jeux de Salt Lake City, c'est la catastrophe: Rousseau fait une très vilaine chute et se fracture le cou lors d'un entraînement pour la Coupe du monde en France.

«Je me rappelle de 2002. J'avais convoqué les médias comme aujourd'hui, a raconté le bosseur de Drummondville. Je ne pensais jamais qu'il allait m'arriver ce qui m'est arrivé. Je reviens avec beaucoup d'émotion.»

Malgré son accident, Rousseau affirme n'avoir jamais été habité par la crainte à son retour en piste dès l'hiver suivant, parce que, dit-il, l'accident avait été trop bête et n'était pas dû à un de ses sauts.

Il a connu une saison difficile en 2004-05, mais l'expérience lui sera profitable, assure-t-il, et il peut de nouveau rêver à une médaille d'or.

Mais, dit-il, il ne pourra plus rien réaliser d'aussi «grand» que son retour à compétition après que les médecins aient dû fusionner ses vertèbres C6 et C7.

«Peu importe ce qui va m'arriver dans ma vie, rien ne va être aussi grand à mes yeux: j'ai réappris à marcher, j'ai repris la compétition et peu de temps après je gagnais une course de la Coupe du monde.» C'était à Tremblant, exactement un an et un jour après son accident.

Rousseau a terminé11e au classement de la Coupe du monde des bosses 2005.

C'est, a-t-il expliqué, qu'il s'est acharné à réaliser un saut, le D-spin, qui lui a compliqué la vie.

«C'est un saut très difficile, c'était un super gros défi et ça jouait beaucoup sur ma concentration. Mais ce fut une bonne expérience, ça m'a fait réaliser des choses, et j'ai choisi deux sauts avec lesquels je suis super à l'aise, ce qui fait que je suis capable de me concentrer sur les petits détails.» Le fait qu'il ait un passé de sauteur l'aide aussi grandement.

Ces sauts sont le 720 Iron Cross (double tour sur lui-même, les skis croisés) et un Back Full (périlleux arrière avec vrille), et ils sont finalement aussi payants que le D-spin, qui est ni plus ni moins un 720 inversé, explique Rousseau. «Je pensais qu'il fallait absolument un D-spin pour gagner, mais j'avais tort», convient-il

Mais pourquoi s'être entêté? «Parce que c'était nouveau, c'était le saut à la mode», finit-il par avouer.

Les bosseurs canadiens ne sont pas encore qualifiés pour les Jeux de Turin, mais Rousseau, qui est appuyé par Cascades et Petro-T, ainsi que Axa et Oakley, estime que dans son cas ce n'est qu'une formalité.

Les quatre meilleurs résultats retenus à partir d'un maximum de deux Coupes du monde de la saison dernière disputées depuis février et de quatre de celle qui s'amorcera à Tignes le 14 décembre détermineront les élus.

Rousseau, qui vit maintenant à Québec, dit beaucoup de bien de son protégé Alexandre Bilodeau, le meilleur sauteur au monde parmi les bosseurs, assure-t-il, auquel il concède de bonnes chances de se qualifier pour Turin malgré son jeune âge de 18 ans.
 
 
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