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Molson Indy de Montréal - Un pari qui pourrait bien réussir

À trois semaines de l'événement, les organisateurs du premier Molson Indy de Montréal se croient en bonne voie de gagner leur pari: faire connaître une deuxième fièvre de la course automobile à la métropole cet été. Ils affirment avoir déjà franchi plus de la moitié du chemin qui les sépare de l'objectif de 150 000 billets vendus en vue de la 13e épreuve de la série américaine CART, qui se tiendra du 23 au 25 août sur un circuit Gilles-Villeneuve de l'île Notre-Dame jusque-là réservé au Grand Prix de Formule 1.

«La cadence s'est accélérée à la billetterie au cours des dernières semaines, a assuré hier le président et chef de l'exploitation de l'événement, Jean-Paul Blais. La victoire [du Québécois] Patrick Carpentier, il y a deux semaines à Cleveland, y est sûrement pour quelque chose. Les gens reviennent aussi de vacances et découvrent ce que c'est une épreuve de série CART.»

L'événement constituera une première sur le plan sportif. Jamais auparavant un circuit n'a accueilli une épreuve de Formule 1 et une épreuve de série CART (autrefois appelé Indy) la même année, ce qui amènera d'inévitables comparaisons, en commençant par la présence de 326 000 personnes au Grand Prix du Canada cette année.

Sur le plan des performances, les organisateurs du Molson Indy s'inclinent volontiers devant la reine européenne du sport automobile. Du fait de leur poids et de leurs freins moins performants, les 18 voitures de la série CART devraient concéder aux bolides de Formule 1 cinq à six secondes au tour, a estimé hier Patrick Carpentier, tout en maintenant une vitesse de pointe équivalente (environ 350 km/h).

La comparaison sera plus avantageuse en ce qui concerne le degré de compétition entre les différentes écuries, les courses de F1 semblant la plupart du temps jouées d'avance, contrairement à celles de la série CART qui sont plus riches en dépassements et en surprises. On compte également sur le remarquable degré de proximité que le championnat, qui se déroule principalement aux États-Unis, a su préserver entre le public et les pilotes.

«Les amateurs de course en auront des frissons lorsqu'ils se baladeront dans le paddock et que des mécanos devront leur taper sur l'épaule pour passer avec des pièces de voiture ou qu'ils pourront demander des autographes aux pilotes de leur choix», explique Jean-Paul Blais. Sans parler du fait que deux de ces pilotes sont québécois (Carpentier et Alexandre Tagliani).

Des différences s'observent également en ce qui a trait au prix d'entrée, fixé à 245 $ pour une place dans les gradins or durant les trois jours du Molson Indy, comparativement à 415 $ au Grand Prix de Montréal, mais identique (75 $) pour l'admission générale pour trois jours. Il en coûtera 45 $ de plus à ceux qui voudront tutoyer durant le week-end les voitures et les mécanos dans le paddock.

On promet également de l'animation au centre-ville. Des tronçons des rues Saint-Denis, Peel et Crescent devraient être fermés pour l'occasion.

«On se promet une belle fin de semaine de course», déclare Jean-Paul Blais, qui ne doute pas que l'on assiste à la naissance d'un grand rendez-vous annuel. Un rendez-vous qui dépendra toutefois de la simple survie de la série, sérieusement compromise cette année en raison du retrait de nombreux commanditaires ainsi que de la concurrence d'une autre série similaire aux États-Unis, la Indy Racing League, qui compte dans son championnat la prestigieuse épreuve des 500 milles d'Indianapolis.
 
 
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