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    La méfiance et la colère s’emparent du sport olympique russe

    Les sanctions du CIO ont déclenché une chasse aux sorcières au pays de Poutine

    15 novembre 2017 | James Ellingworth - Associated Press à Saint-Pétersbourg | Actualités sportives
    Le président russe, Vladimir Poutine
    Photo: Ria Novosti / Alexei Druzhinin / Agence France-Presse Le président russe, Vladimir Poutine

    Devant le risque d’une éventuelle exclusion des Jeux olympiques d’hiver, la scène sportive russe s’est transformée en véritable panier de crabes.

     

    Les enquêtes sur le dopage n’ont pas encouragé les athlètes russes à parler des abus. Au lieu de cela, il y a une chasse aux dénonciateurs, ou « traîtres à la patrie », comme les qualifie la présidente de la fédération de ski de fond, Yelena Välbe.

     

    Pendant ce temps, le président russe, Vladimir Poutine, a prétendu que le Comité international olympique — qui rendra une décision finale sur l’admissibilité de la Russie — est manipulé par d’obscurs intérêts américains désireux d’utiliser des scandales de dopage pour déshonorer son gouvernement avant les élections de mars.

     

    Avant la décision du CIO, les dirigeants russes sont conviés pendant deux jours à des réunions de l’Agence mondiale antidopage (AMA) cette semaine, ce qui aidera à déterminer l’avenir olympique de la Russie.

     

    Officiellement, le sujet sur la table est le statut de l’agence russe antidopage, pas la participation olympique.

     

    L’AMA a rétabli la plupart des principaux pouvoirs de l’agence russe en juin et décidera cette semaine si elle doit la réintégrer pleinement. Le point de désaccord ne concerne pas la performance de l’agence, mais la réticence du gouvernement russe et des organisations sportives à accepter toute responsabilité pour ce que l’AMA considère comme un vaste programme de dopage et de dissimulation, notamment aux Jeux olympiques de 2014, à Sotchi.

     

    Comme le gouvernement finance la RUSADA et que les instances sportives sont représentées à son conseil d’administration, elles doivent convaincre l’AMA qu’elles sont dignes de confiance.

     

    L’AMA aborde son sommet en position de force après avoir révélé vendredi qu’elle a maintenant ce qu’elle croit être la base de données des résultats des tests du laboratoire antidopage de Moscou de 2012-2015, période où le prétendu système de dissimulation était à son plus fort.

     

    Cela pourrait confirmer les révélations antérieures des dénonciations ou mener à encore plus de cas contre des athlètes.

     

    Les deux principales demandes de l’AMA sont que la Russie accepte les conclusions du rapport de son enquêteur, Richard McLaren, l’année dernière et qu’elle libère un lot d’échantillons d’urine saisis au laboratoire de Moscou.

     

    La Russie a refusé de le faire. « Il est impossible d’être d’accord avec [le rapport], car le rapport contient beaucoup de contradictions », a déclaré le ministre des Sports, Pavel Kolobkov, ajoutant qu’il serait « difficile pour nous » de convaincre l’AMA de réintégrer l’agence russe.

     

    L’année dernière, la Russie a critiqué l’AMA, mais elle était restée en bons termes avec le CIO, qui a exclu une exclusion des Jeux de Rio de Janeiro et a confié la décision aux fédérations sportives individuelles. Seuls l’athlétisme et l’haltérophilie ont imposé des sanctions à l’échelle de l’équipe. Cette année, le ton de la Russie envers le CIO est moins chaleureux.

     

    Des lanceurs d’alerte ont quitté la Russie en invoquant leur sécurité personnelle, mais seulement après s’être manifestés. Les sanctions du CIO ont déclenché une chasse aux sorcières dans les sports d’hiver russes.

     

    Un skieur de fond et un entraîneur de biathlon ont dû faire des déclarations niant avoir travaillé avec l’AMA après avoir été dénoncés par d’anciens collègues.













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