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    La descente fatale du skieur français David Poisson

    14 novembre 2017 | Astolfo Cagnacci - Agence France-Presse à Lyon | Actualités sportives
    Le skieur alpin français David Poisson est décédé lors d'un entrainement au Canada.
    Photo: Gabriele Facciotti Associated Press Le skieur alpin français David Poisson est décédé lors d'un entrainement au Canada.

    La mort accidentelle du Français David Poisson, lundi à l’entraînement au Canada, a tragiquement rappelé que la descente de ski alpin restait une discipline extrêmement dangereuse, la plus mortifère des épreuves olympiques, malgré les constants efforts pour assurer plus de sécurité.

     

    David Poisson et ses partenaires du groupe vitesse de l’équipe de France se préparaient depuis quelques jours à Nakiska, en Alberta, en vue des épreuves de vitesse (descente et super-G) de Lake Louise, comptant pour la Coupe du monde et programmées les 25 et 26 novembre.

     

    Âgé de 35 ans, Poisson, médaillé de bronze de descente aux Mondiaux 2013 à Schladming (Autriche), est décédé 16 ans et deux semaines après Régine Cavagnoud.

     

    « Dur comme un roc, c’était un mec formidable » : la voix cassée par l’émotion, Christian Frison-Roche, ex-directeur course de l’équipementier Salomon, se souvient du skieur de Peisey-Vallandry, fidèle à la marque depuis son adolescence.

     

    Effectivement, « Caillou », son surnom dans le groupe de l’équipe de vitesse de France, était jovial, souriant. De petit gabarit, il « envoyait » dans les pentes extrêmes. Son seul podium en Coupe du monde avait été signé sur la difficile piste Deborah Compagnoni, à Santa Caterina Valfurva, en Italie.

     

    Il avait aussi échoué au pied du podium – quatrième – sur les deux monuments du circuit, la Stelvio tout en verglas et dévers de Bormio (29 décembre 2009) et la mythique Streif de Kitzbühel (26 janvier 2013).

     

    Père d’un petit garçon, le Savoyard avait aussi la modestie et la simplicité de ces hommes de la montagne, confrontés au danger permanent mais qui ne surjouent pas.

     

    Quand on lui demandait s’il ressentait parfois la boule au ventre avant de dévaler des pistes avec des pointes à plus de 140 km/h, avec pour seul viatique deux planches et un casque, il souriait. Puis il s’asseyait, croisait ses bras de costaud et expliquait posément que c’était sa passion, son métier. Enfin, presque de l’ordinaire.

     

    Comme si le mauvais sort avait commencé à distiller son poison, David Poisson avait perdu son père, emporté par un cancer, il y a deux semaines.

     

    Tous sous le choc, anciens champions ou entraîneurs ont insisté sur une dimension : « la grande famille des descendeurs », où le respect n’est pas un vain mot. Parce que la notion de danger resserre les êtres.













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