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    Espagne

    La justice lève l’interdiction des corridas en Catalogne

    21 octobre 2016 | Actualités sportives
    Laurence Boutreux - Agence France-Presse à Madrid
    Adrien Vicente - Agence France-Presse
    La corrida fait partie depuis 2015 du « patrimoine culturel immatériel » de l’Espagne, le pays qui l’a inventée.<br />
 
    Photo: Domenico Stinellis Associated Press La corrida fait partie depuis 2015 du « patrimoine culturel immatériel » de l’Espagne, le pays qui l’a inventée.
     

    La Cour constitutionnelle espagnole a annulé jeudi l’interdiction des corridas en vigueur depuis quatre ans en Catalogne, suscitant l’amertume des militants de la cause animale et la colère des indépendantistes catalans.

     

    Il vous est interdit d’interdire ces spectacles, a en quelque sorte signifié la Cour aux élus catalans.

     

    Les juges ont considéré que le pouvoir politique de cette région du nord-est avait « porté atteinte à la compétence de l’État en matière de préservation du patrimoine culturel commun dont font partie les corridas », selon le service de presse de la haute juridiction.

     

    La corrida fait partie depuis 2015 du « patrimoine culturel immatériel » de l’Espagne, le pays qui l’a inventée.

     

    L’interdiction des corridas, décidée en 2010 par le Parlement catalan, est entrée en vigueur le 1er janvier 2012. La Catalogne est alors devenue la deuxième des 17 régions d’Espagne à bannir la tauromachie, après les îles Canaries en 1991. Mais la question est aujourd’hui d’autant plus délicate qu’elle est politisée.

     

    Le gouvernement indépendantiste catalan a refusé de baisser les bras : « Quoi qu’en dise la Cour constitutionnelle, il n’y aura plus de corridas en Catalogne », a assuré devant la presse le conseiller Josep Rull.

     

    La Cour constitutionnelle avait été saisie par des élus du Parti populaire (PP, droite) au pouvoir en Espagne. Comme en 2010, quand elle avait annulé une partie du nouveau « statut » de la Catalogne adopté en 2006, qui lui conférait une autonomie élargie. Depuis, la fièvre indépendantiste n’a cessé de monter dans cette région de 7,5 millions d’habitants, gouvernée par les séparatistes.

     

    Débat enflammé

     

    La présidente du PP en Catalogne, Alicia Sanchez Camacho, s’est félicitée de la décision de la Cour : « nous continuerons à défendre la liberté et la fête nationale », a-t-elle écrit sur Twitter.

     

    Serafin Marín, un des rares toreros catalans, s’est dit « très ému ». « Je ne suis plus un clandestin, je redeviens libre, la Catalogne n’a jamais cessé d’être taurine et maintenant plus que jamais », a assuré le matador de 33 ans, également sur Twitter.

     

    Il faisait partie des toreros applaudis par des milliers d’aficionados lors de la dernière corrida en Catalogne, organisée le 25 septembre 2011 à Barcelone dans des arènes pleines à craquer.

     

    Le débat sur la tauromachie a divisé et passionné la Catalogne et bien au-delà. En 2013, le romancier sud-africain et Prix Nobel de littérature J.M. Coetzee avait écrit aux députés espagnols que « torturer et assassiner des taureaux pour le simple spectacle appartient à l’Âge sombre et non à l’Espagne du XXIe siècle ».

     

    Dans le camp des défenseurs des animaux, la décision de la Cour constitutionnelle a été accueillie comme « un malheur » par la représentante du Parti animaliste contre la maltraitance des animaux (Pacma), Ana Bayle. « Le tribunal a utilisé les animaux dans une guerre politique », a-t-elle déploré.

     

    « La corrida est à bout de souffle et ce n’est pas un baroud d’honneur qui pourra la sauver », a renchéri en France la présidente de l’association Alliance Anticorrida, Claire Starozinski.













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