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    C'est du sport! - Le gérant qui m’aimait

    19 décembre 2012 |Jean Dion | Actualités sportives
    Le baseball présente ses particularités, dont la moindre n’est pas que l’entraîneur-chef d’une équipe a le droit de se rendre sur le terrain pour engueuler un arbitre et protester contre sa décision sans pour autant se voir expulser automatiquement du match. Ça doit être l’une des raisons pour lesquelles le gérant est habillé en joueur : il se sent davantage à l’aise de déambuler entre les lignes de démarcation.

    Mais de quelle nature sont les échanges entre gérants et officiels ? Certains se révèlent évidemment sulfureux. Par exemple, on peut retrouver sur les Internets une vieille altercation, remontant aux années 1980, mettant en vedette Earl Weaver, le bouillant ancien gérant des Orioles de Baltimore, qui invective un arbitre alors qu’un micro capte le tout.


    Les f*** et autres bullsh*** y pullulent. (Une légende veut que Weaver eût l’habitude de manger de l’ail avant les matchs afin qu’en cas de prise de bec, son vis-à-vis en ait pour son argent.)


    Mais on n’a pas toujours affaire à des altercations endiablées, révèle un succulent reportage récent de mlb.com. L’esbroufe fait partie du jeu. Ainsi, l’arbitre Bob Davidson se souvient-il que lors d’un match en 1984, le gérant des Dodgers, Tom LaSorda, avait couru jusqu’à lui et s’était plaint non pas de sa décision, mais du fait qu’il avait mangé dans un restaurant italien et que le vin n’était pas bon, ce qui l’avait rendu de mauvaise humeur.


    Ted Barrett, lui, rappelle qu’un gérant avait fondu sur lui en criant à gorge déployée qu’il devait être expulsé. « Mon lanceur est terrible. Mes releveurs sont incapables de retirer qui que ce soit. Mes frappeurs n’ont pas sorti la balle de l’avant-champ depuis trois jours. Et les préposés au vestiaire servent de la nourriture infecte. » L’arbitre a tout fait pour éviter de rire et d’ainsi humilier publiquement son interlocuteur.


    Le même Barrett s’est déjà retrouvé face à Joe Torre quand celui-ci était à la barre des Yankees. L’officiel venait de déclarer retiré un joueur sur un jeu serré sur ce qui aurait été un coup sûr à l’avant-champ. Torre a d’abord brièvement contesté la décision, puis il s’est livré à une longue tirade dans laquelle il expliquait que lorsqu’il était joueur, il avait déjà passé 17 saisons sans réussir un coup sûr à l’avant-champ. « Ça ne finissait plus, dit Barrett. À un moment donné, j’ai dû lui dire de revenir à ce pour quoi il avait sauté sur le terrain. »


    Mais les meilleures demeurent celles de Joe Maddon, des Rays de Tampa Bay. Maddon s’affaire à passer un sérieux savon à Barrett lorsque ce dernier l’avertit : un seul autre mot et tu es dehors. Le gérant déclare alors : « Je t’aime », et il est expulsé. Barrett affirmera ne pas avoir trop su quoi écrire dans son rapport d’après-match pour justifier le renvoi de Maddon.


    Davidson, lui, dit qu’il a fait la même expérience. Maddon a bondi de l’abri et lui a crié au visage qu’il l’aimait. L’arbitre a répondu : « Moi aussi, je t’aime, Joe. » « Et nous étions là, le doigt pointé au visage de l’autre, à nous dire que nous nous aimions. Il est reparti sous une ovation de la foule. »


    Ce que ça peut faire, quand même, l’amour.

     
     
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