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Le monde du cyclisme est soulagé et veut «aller au-delà» du cas Armstrong

Lance Armstrong est déchu de ses sept Tours de France.
Photo : La Presse canadienne (photo) Peter Dejong Lance Armstrong est déchu de ses sept Tours de France.
Le monde du cyclisme a accueilli comme un soulagement la décision de l’Union cycliste internationale (UCI) de suspendre à vie Lance Armstrong et de lui retirer ses titres gagnés entre 1999 et 2005 au Tour de France. Il demande également à renforcer la lutte contre le dopage.

« Ce n’est qu’une étape, a affirmé Marc Madiot, le directeur de la formation La Française des Jeux. Cette décision de l’UCI était attendue. Mais elle n’a pas d’intérêt si on en reste là. Maintenant, il faut aller voir du côté du procès de Padoue, avec l’affaire Ferrari. »


La semaine dernière, le quotidien sportif italien La Gazzetta dello Sport révélait en effet qu’une enquête de justice était menée par le procureur de Padoue sur le Dr Michele Ferrari. Cette affaire impliquerait de nombreux sportifs pour dopage, évasion fiscale et blanchiment d’argent.


Pour Jean-François Bernard, champion cycliste français dans les années 1980 et 1990, la décision de l’UCI est positive, mais elle aurait dû arriver plus tôt. « Quelque part, on attendait cette annonce. Au moins, c’est fait. C’est dommage que ça arrive si tard. Si je m’appelais Verbruggen [Hein, ancien président de l’UCI], j’aurais du mal à me regarder dans un miroir », a-t-il déclaré.


« Armstrong a quand même volé le palmarès de beaucoup de coureurs. Une génération est passée à côté, à cause également de mecs comme Ferrari. L’affaire Armstrong est passée, il faut maintenant s’attaquer à celle de Padoue. C’est un bon début, ce serait bien maintenant que ça finisse, pour les jeunes cyclistes », a ajouté Bernard.


Des jeunes qui vont devoir composer avec des nouvelles règles plus strictes, et une image à redorer, auprès du public mais aussi des commanditaires.


« Ce sont eux qui ont triché et c’est nous qui allons payer, avec moins de parraineurs, moins d’équipes », a souligné William Bonnet, coureur de la FDJ-BigMat, sur son compte Twitter.


« Quel gâchis, que de temps perdu », a regretté sur le même réseau social un autre coureur français, Jérôme Pineau, d’Omega Pharma Quick-Step.


De son côté, le président de la Fédération italienne de cyclisme, Renato Di Rocco, a parlé du « jour le plus noir » pour ce sport.


« L’affaire Armstrong doit sceller d’une certaine manière ce passé que la Fédération italienne de cyclisme a décidé de dépasser en s’attaquant aux racines de la mentalité et des méthodes qui ont favorisé le développement de la culture du dopage », a-t-il ajouté.


Pour M. Rocco, la condamnation d’Armstrong par l’UCI doit « faire émerger l’exigence d’une collaboration plus proche, coordonnée avec les Parquets, les enquêteurs, la justice sportive et les agences antidopage ».


Le président de la Fédération belge Tom Van Damme, lui, a évoqué « le seul verdict logique ». « Depuis un bon bout de temps, l’UCI est accusée de toutes parts, sans doute à tort. Il est à présent important qu’elle retrouve la confiance de tous. De nouvelles mesures contre le dopage sont également nécessaires. Certains médecins dans le peloton doivent être bannis. De cette manière, le cyclisme pourra prendre un nouveau départ. »


Pour sa part, l’Agence mondiale antidopage croit que la décision pourrait servir de catalyseur à l’élimination du dopage dans le cyclisme si une approche plus cohérente est adoptée. Dans un communiqué, son président John Fahey a dit « comprendre » le geste de l’UCI.


Il a ajouté que l’on ne peut blâmer l’AMA pour cette absence d’action globale contre le dopage, puisque son code n’est entré en vigueur qu’en 2004 et que « les tests et l’analyse ne sont pas suffisants », comme l’a démontré l’enquête de l’USADA.


L’AMA est toutefois encouragée que le plus important scandale de dopage de l’histoire soit sur le point de se conclure « de la bonne façon ».

 
 
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