C’est du sport ! - Des nouvelles de là-bas
Premier arrêt : Pyongyang, où se trouve la catégorie « l’amour, c’est plus fort que la loi de la gravitation universelle ». L’effervescente capitale de la Corée du Nord a accueilli hier la délégation olympique nationale (elle est probablement revenue au pays en bus), qui a remporté six médailles aux Jeux de Londres, dont quatre d’or, ce qui est quand même quatre fois plus que votre Canada. Après une réception enthousiaste à l’aéroport, les athlètes nord-coréens ont défilé dans les rues de la ville et ont été « chaleureusement » salués par les Pyongyangais, rapporte l’agence de presse officielle qui dit toujours les vraies affaires.
Les champions olympiques ont « honoré le règne de Kim Jong-un », a fait savoir le vice-premier ministre Kim Yong-jin, alors qu’il était loisible de se demander où était justement Kim Jong-un, peut-être occupé à être en voyage de noces dans l’arrière-pays.
Pendant les Jeux, l’haltérophile Om Yun-chol, qui a soulevé 293kilos au combiné pour décrocher le titre chez les moins de 56 kg, avait dit que son exploit était attribuable « à l’amour et au soutien de notre Cher Leader ». Tous les autres médaillés d’or avaient raconté exactement la même chose, ce qui avait fait en sorte que les conférences de presse nord-coréennes étaient de moins en moins suivies.
Deuxième escale, à Achgabat (après, venez donc dire qu’on ne vous emmène pas dans des destinations exotiques). Catégorie : « faites ce que je dis et ce que je fais ». Selon des sources scotchées au dossier, l’atmosphère se révèle pas mal moins jojo du côté du Turkménistan, rentré bredouille de Londres 2012, soit avec une (1) médaille d’or de moins que votre Canada. Le bien nommé président Gurbanguly Berdymukhamedov a d’ailleurs réagi aux piètres performances de ses ouailles en limogeant le patron des sports à la suite d’une réunion où, paraît-il, le point à l’ordre du jour « franche rigolade » n’a pas été abordé.
« Nos athlètes échouent constamment dans leur quête de bons résultats lors des compétitions sportives prestigieuses et les Jeux de Londres en ont encore été un exemple frappant », a déclaré Gurbanguly Berdymukhamedov selon ce que rapporte le journal Neutral Turkmenistan, auquel je suis abonné et dont je vous recommande la lecture avec autant de chaleur qu’un Pyongyangais qui applaudit ses olympiques compatriotes.
Aux JO, le Turkménistan a envoyé une superdélégation constituée de 10 athlètes.
« Nous avons pourtant mis en place toutes les conditions nécessaires pour qu’ils obtiennent de bons résultats, mais pas un n’est mondé sur le podium », a poursuivi Gurbanguly Berdymukhamedov.
Il faut dire que Gurbanguly Berdymukhamedov est justifié d’exiger l’excellence puisqu’il est lui-même un grand champion dans son secteur général. Aux dernières élections, en février, il a été reporté au pouvoir avec 97,14 % des voix.
Un petit saut à Dallas, pour la catégorie « c’est pour ça que sur votre batterie de char il est écrit “ ne pas avaler le contenu ” ». Jennelle Carrillo, une résidante de Cleburne, au Texas, poursuit les Cowboys de Dallas et leur propriétaire et directeur général Jerry Jones pour une somme à être déterminée par un jury après qu’elle se fut infligée de sérieuses brûlures au dos et aux fesses en s’asseyant sur un banc situé à proximité du Cowboys Stadium, où elle comptait assister à une séance d’entraînement de l’équipe en août 2010.
Ce jour-là, la température frôlait les 40 °C et le banc était noir. (Le banc était noir les autres jours aussi, mais vous voyez ce que je veux dire.)
« Le banc n’était pas couvert et il était complètement exposé au soleil extrêmement chaud d’août, mentionne la poursuite. La combinaison du marbre noir du banc et de la chaleur du soleil a fait en sorte que le banc est devenu extrêmement chaud et déraisonnablement dangereux. » La plaignante, qui déclare avoir subi des brûlures au troisième degré, estime que l’administration du Cowboys Stadium aurait dû afficher un avertissement que le banc pouvait être chaud.
Et pour finir, on atterrit à Orlando, en Floride, où se déroulait cette semaine le championnat des États-Unis de Scrabble. (On va consacrer quelques jours à se demander si le Scrabble est un sport, puis on se texte et on brunche.)
Or un joueur a été expulsé du tournoi réunissant quelque 350 joueurs pour avoir triché, ou du moins tenté de le faire. Il dissimulait sur lui des jokers, ces tuiles blanches qui peuvent être utilisées pour tenir le rôle de n’importe quelle lettre. Le subterfuge a été découvert lorsque le joueur, qui n’a pas été identifié parce qu’il est mineur, a échappé l’une de ces tuiles par terre.
Il a été disqualifié et ses victoires précédentes ont été biffées.
Selon John D. Williams Jr., le président de la National Scrabble Association, il s’agit de la première fois que le championnat est terni par un « scandale ». Mais l’affaire pourrait mettre en lumière certaines pratiques suspectes dans le milieu sans merci du Scrabble de compétition. Williams a blagué qu’il n’y avait pas encore de tests antidopage dans la discipline, mais il est de notoriété publique et parapublique que plusieurs joueurs de haut niveau prennent différents trucs rangés sous l’expression « survolteurs de cerveau ».
C’est tout pour l’instant.








