Le mauvais sort s’acharne sur Liu Xang
Tous les textes du Devoir sur les Jeux Les contrastes ne pouvaient être plus frappants entre le Chinois Liu Xiang, le Jamaïcain Usain Bolt et le triathlète britannique Alistair Brownlee.
Liu Xiang, médaillé d’or aux Jeux de 2004 et un ancien détenteur du record mondial, s’est accroché dans la première haie et s’est écrasé au sol lors de la vague initiale du 110 mètres haies. Du même coup, Liu Xiang a vécu le même cauchemar qu’il y a quatre ans, devant les siens à Pékin, alors qu’il avait été contraint à l’abandon après deux foulées en raison de blessures au pied et à l’ischio-jambier droits. Feng Shuyong, l’entraîneur en chef de l’équipe d’athlétisme de la Chine, a confirmé que la blessure était la même que celle que Liu Xiang avait subie il y a quatre ans. Il a cependant carrément refusé de parler des plans d’avenir de son coureur.
De son côté, Usain Bolt a été égal à lui-même. Quelque 48 heures après avoir glané l’or du 100 mètres, le Jamaïcain a facilement remporté l’or de sa vague éliminatoire au 200 mètres. Avant de franchir la ligne d’arrivée en 20,39, Usain Bolt s’est permis de regarder à sa droite, puis à sa gauche. Le chrono de Bolt n’a pas menacé son record mondial de 19,19 établi aux Championnats du monde de 2009, mais cette marque pourrait disparaître en demi-finale et lors de la finale, demain. « C’était bon. Il faut prendre les choses aisément », a lancé l’athlète.
Pour sa part, Alistair Brownlee a bonifié l’impressionnante récolte de médailles d’or du Royaume-Uni grâce à sa victoire au triathlon, en 1 h 46 min 25 s, sur le pittoresque tracé traversant Hyde Park et la Serpentine. Alors qu’il se trouvait encore à quelques centaines de mètres de la ligne d’arrivée, le triathlète de 24 ans a pris un drapeau britannique d’un spectateur et, après avoir remarqué qu’il détenait une confortable avance, a ralenti pour apprécier le moment, s’est momentanément arrêté à la ligne d’arrivée avant de la traverser.
Son frère cadet Jonathan a pris le troisième rang de l’épreuve, l’Espagnol Javier Gomez se faufilant entre les deux.
La Grande-Bretagne couverte d’or
La délégation britannique a d’ailleurs connu un excellent début de journée hier, amassant trois autres médailles d’or, dont la sixième en carrière du cycliste Chris Hoy, en keirin, et celle de Laura Trott à l’omnium féminin.
La seule note discordante pour les supporters britanniques aura été la médaille d’argent de la cycliste Victoria Pendleton, favorite de l’épreuve de vitesse, battue par l’Australienne Anna Meares.
Ils ont toutefois pu applaudir le triomphe de leur pays à l’épreuve de dressage par équipes des sports équestres, devant l’Allemagne et les Pays-Bas.
À l’issue de la 11e journée d’épreuves, hier, le pays hôte avait déjà amassé 22 médailles d’or, l’assurant ainsi de sa plus imposante récolte à ce chapitre en 104 ans. Au cumulatif, le Royaume-Uni compte 48 médailles, le même total que la Russie, mais 12 médailles d’or de plus. Mais la Russie n’a pas été inactive hier, Ivan Uhkov (saut en hauteur), Ilya Zakharov (plongeon) de même que Natalia Ishchenko et Svetlana Romashina (nage synchronisée) accédant tous à la plus haute marche du podium.
La Chine domine le classement général avec 73 médailles (34-21-18), devant les 70 breloques des États-Unis (30-19-21).
Grand champion international de course
L’Algérien Taoufik Makhloufi est devenu champion olympique du 1500 m en s’imposant en 3 min 34 sec 08 en finale, hier, après avoir été exclu des Jeux pendant quelques heures lundi. L’Algérien de 24 ans, qui succède au palmarès au Kényan Absel Kiprop, a devancé l’Américain Leonel Manzano, qui est allé chercher la 2e place en 3 min 34 s79 grâce à un excellent finish, et le Marocain Abdalaati Iguider, 3e en 3 min 35 s 13. Après s’être qualifié dimanche pour la finale du 1500 m, Makhloufi avait été exclu des JO pour comportement antisportif lundi quand il avait abandonné bien trop rapidement lors d’une série du 800 m, épreuve dont sa Fédération avait oublié de le désengager à temps. Quelques heures plus tard, il avait été réintégré sur présentation de certificats médicaux. « C’était la volonté de Dieu, hier j’étais exclu, aujourd’hui j’étais là », a commenté Taoufik Makhloufi, successeur de Noureddine Morceli, vainqueur en 1996 à Atlanta, pour la 7e médaille olympique d’athlétisme de l’histoire pour l’Algérie, la 4e sur la distance.
L’épreuve a été marquée par la faillite collective des Kényans, avec pour la première fois depuis 1992, aucun d’entre eux sur le podium du 1500 m.
Chez les dames, l’Australienne Sally Pearson s’est couverte d’or au 100 mètres haies devant un trio d’Américaines, réalisant au passage un record olympique de 12 s 35.
En gymnastique, la Chine a ajouté deux médailles d’or, celles de Deng Linlin à la poutre et de Zhe Feng chez les hommes aux barres parallèles. Médaillée de bronze à la poutre, l’Américaine Alexandra Raisman a raflé l’or environ une heure plus tard lors de l’exercice au sol, tandis qu’Epke Zonderland, des Pays-Bas, devançait tous ses rivaux à la barre fixe.
En planche à voile, le Néerlandais Dorian van Rijsselberge, chez les hommes, et l’Espagnole Marina Alabau, chez les femmes, ont mérité les médailles d’or.












