C’est du sport ! - Le sexe mène le monde
Tous les textes du Devoir sur les Jeux Il y a de ces jours, messieurs dames, où il est parfaitement possible de tomber des nues juste en voyant que tant de gens tombent des nues.
Et cela n’a pas grand-chose à voir avec le mot « nues » au sens atmosphérico-poétique, mais il est question ici de sexe. De vrai sexe, là, avec de l’action débridée, des gémissements, des fluides indicibles et tout le bataclan.
Un peu de contexte. Lorsqu’un événement sportif d’envergure a lieu, les Jeux olympiques mettons, il est de coutume pour les agences de presse de publier épisodiquement ce qu’on appelle une gazette, un recueil d’à-côtés, d’anecdotes, de faits cocasses qui viennent jeter un peu de légèreté au milieu de trucs résolument sérieux. Du genre : le plat le plus apprécié à la cafétéria des athlètes, l’autobus transportant l’équipe malgache de water-polo s’est perdu dans le trafic de Londres, Chose prétend que son javelot a été fabriqué par des extraterrestres, un spectateur est interdit d’entrée dans un stade à cause de ses lunettes qui contiennent trop de métal, etc.
Et, bien sûr, les cent mille millions de préservatifs distribués dans le village olympique. Dont on apprendra d’ailleurs, autour de la 10e journée de compétitions, qu’il n’en reste plus et qu’il faut rafraîchir les stocks.
On s’attendrait donc légitimement à ce que lesdits préservatifs ne servent pas qu’à être remplis d’eau pour faire une bonne blague, n’est-ce pas ? Qu’il s’agisse d’un indice assez puissant de ce qu’on batifole d’aplomb dans les bosquets et ailleurs, non ?
Non, semble-t-il. Réunissez pendant deux semaines dans un environnement relativement clos 10 000 jeunes en pleine santé et en excellente forme qui ont exercé un mode de vie spartiate pendant des années pour atteindre le sommet, et que feront-ils ? Du tricot, on s’en doute. Ou ils iront à la messe. Ou joueront aux dames. Ou (re) liront l’intégrale d’À la recherche du temps perdu.
Pour dissiper ces idées reçues, le magazine ESPN vient de se fendre d’un très long reportage où l’on interroge des athlètes du passé récent et du présent. Et comme le dit la gardienne vedette de l’équipe américaine de soccer Hope Solo, « il y a beaucoup de sexe au village olympique ». Mais alors là, vraiment beaucoup. Des orgies. De la débauche. Dans les chambres. Entre les édifices. Partout. Certains reconnaissent qu’en voyant cela, ils ont immédiatement et profondément regretté d’être mariés. On entend parler d’une sauteuse à la perche aux tendances dominatrices. On voit les filles du relais 4 x 100 m « d’un pays aux allures scandinaves » sortir ensemble d’une chambre de gars. Et ça tourbillonne dans le bain-tourbillon, on vous en passe un papier.
Remarquez, rapport à ci-dessus, on pourrait peut-être donner un nouveau sens à l’expression « jouer aux dames ».
Mais ce qui se dégage de l’article et des réactions à droite et à gauche, c’est qu’apparemment, il faudrait s’étonner de cela. Ça doit être la pureté du mouvement olympique. Vous savez, comme dans le temps où on ne croyait pas qu’il pouvait y avoir de la corruption en son (hum) sein.
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Et pendant ce temps, regardez-moi un peu ce qui se passe dans le cas de Russell Mark. Mark, médaillé d’or à Atlanta et d’argent à Sydney, fait partie de l’équipe australienne de tir, tout comme sa charmante épouse Lauryn. Or le Comité olympique d’Australie a refusé au couple de partager une même chambre pendant les Jeux de Londres.
Mark assure que « des tonnes de couples gais » de l’équipe nationale pourront, eux, faire chambre commune et qu’il s’agit donc de discrimination envers les hétérosexuels.
Mais bon, compte tenu de ce qui précède, si Russell et Lauryn se cherchent, ils ne devraient pas avoir trop de mal à se trouver.








