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C'est du sport! - Pourcentages variés

17 juillet 2012 | Jean Dion | Actualités sportives

Dans le merveilleux monde du sport™, qui fut conçu aux origines par des êtres suprêmement surdoués du cogito mais non encore identifiés, il n’est pas rare que l’on assiste à des actes de génie commis par d’authentiques intellectuels qui ont longuement réfléchi au sens de l’univers et, n’en trouvant point qui tienne la route, se sont dit basta ! on va faire ce qui nous tente, même si c’est incommensurablement imbécile. On vit dans un pays libre, après tout.


Dernière manifestation en date de la créativité humaine : les penseurs de centre gauche modéré qui ont disposé des clous sur le parcours du Tour de France, dimanche, entraînant de nombreuses crevaisons et chutes. Minable, a dit Thibaut Minot, de l’équipe FDJ-BigMat ? Considérable euphémisme, si vous voulez un avis éclairé sur le sujet.


On peut aussi jeter un furtif coup d’oeil du côté de Jason Kidd, le garde nouvellement acquis par les Knicks de New York. Samedi soir, Kidd se trouvait dans un estaminet à la mode, où il a résolu de s’enivrer hors du commun pour des raisons personnelles. À un moment donné, il était à ce point ivre qu’après qu’il eut cassé une lampe en tentant d’en faire une pièce de soutien, ses amis ont dû le transporter à l’extérieur du bar. Dans le stationnement, il se serait interpellé dans son Ford intérieur, selon des sources, et cela aurait donné : « De toute évidence, je suis trop saoul pour marcher, ainsi que vient de l’illustrer ma sortie, en conséquence de quoi je vais prendre mon char. » Ce qu’il fit, en dépit des « protestations » de ses amis, qui ne tentèrent toutefois pas de l’en empêcher physiquement. Quelques minutes plus tard, la voiture de Kidd percutait un poteau de téléphone, et puis voilà, vous voyez bien que protester de manière générale ne sert à rien. Rangez donc vos carrés rouges et allez vous trouver une job dans le nord.


Ailleurs dans cette brûlante actualité qui dégage un avis de chaleur accablante d’Environnement Canada, sans parler du smog et du facteur humidex qui nous feront tous mourir dans pas longtemps, on retrouve Adrian Gonzalez, joueur de premier but étoile des Red Sox de Boston et dernier membre en date du cercle des sportifs professionnels à se constater heureux de n’être pas rémunérés à l’heure, parce qu’ils perdraient ainsi de substantielles sommes d’argent en raison d’un incident à la fois banal et idiot et délétère.


Vendredi dernier, Gonzalez se portait comme un charme de sa personne lorsqu’il se rendit dans un centre commercial de Tampa, où les Sox étaient en visite, afin de se procurer un café deux laits deux sucres. Il attendait au comptoir lorsqu’une femme s’approcha de lui avec un enfant dans une poussette. Gonzalez se pencha vers le bébé dans le but de lui faire faire une risette, puis paf, en pleine procédure, le dos lui barra.


Gonzalez a dû rater les matchs de vendredi et samedi, mais il est revenu en force dimanche avec un rendement de 2 en 4. « Je ne comprends pas ce qui s’est passé, a-t-il dit. Me pencher vers l’avant, j’ai fait ça un million de fois dans ma vie. »


Toujours dans le domaine de la santé, et plus précisément dans la section « Les mathématiques modernes, ce n’est pas si difficile que ça quand on n’a pas à s’en occuper », on fait connaissance avec Ryan Howard, un autre premier-but au talent appréciable, des Phillies de Philadelphie, celui-là. Il y a une dizaine de jours, Howard est revenu au jeu après avoir été tenu à l’écart pendant trois mois par une blessure au tendon d’Achille. Avant son premier match, un reporter d’enquête sur le terrain lui a demandé s’il était complètement rétabli.


Réponse du jeune homme : « Il me manque encore un peu de force dans mon pied. Je dirais que je suis rétabli à 85 %. Mais je vais donner 100 % de ce 85 %. » Ce qui ouvre la porte, évidemment, à toutes sortes de calculs rigolos. Celui-ci, par exemple : si Howard faisait comme tous les sportifs dignes de ce nom et donnait son 110 %, il en serait à 93,5 %. Et s’il allait au-delà et contribuait 120 %, il atteindrait 102 %. Or cela, messieurs dames, peut transformer une défaite en victoire.


Enfin, si vous êtes dans les alentours du Minnesota aujourd’hui, ne manquez pas ça : les Saints de St. Paul, une équipe de baseball indépendante passée maître dans l’art du marketing original, organisent ce soir une autre promotion à l’emporte-pièce.


Le nom : Octopi Minnesota (comme dans « pieuvre »). Le thème : la lutte contre l’injustice sociale. « Le 17 juillet, les Saints vont mettre en lumière une forme d’injustice sociale. 1 % des mollusques possèdent 99 % des pattes. La pieuvre brandit les siennes au visage des palourdes et des huîtres, qui n’en ont pas. Ce soir, nous donnons une voix aux infortunés. »


Le match commence à 19 h 5 heure locale.

 
 
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