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C’est du sport ! - Les vraies questions

Pendant que tout le monde s’énerve à propos du Gros Prix du Canada - avec tout le fric qu’on pompe là-dedans, il mérite amplement l’appellation - en déplorant avec une amertume tout à fait légitime le fait que jeudi sera finalement une journée portes fermées, privant de ce fait l’amateur moyen de sa dose annuelle de garages, de gommes tendres, d’ailerons surbaissés et d’employés d’écurie qui préféreraient visiblement être ailleurs, une question essentielle continue d’être ignorée par les médias de masse qui font partie du vaste complot visant à camoufler les vraies affaires.

Si personne n’entend le commandant Simoneau annoncer que la manifestation est illégale parce que sa voix est couverte par le vacarme des moteurs, la loi 78 s’applique-t-elle quand même dans son intégralité ?


Une question ? En voici une autre, tiens. Qu’arrivera-t-il si un manifestant est sérieusement blessé après avoir reçu une retombée économique (sauvegardée in extremis malgré la guerre civile qui fait rage dans les rues de Montréal) en pleine casserole ?


Et puis, à part ça : combien de personnes qui participeront au Grand Soir ont bénéficié d’un gel des droits de scolarité pendant leurs études ? Le Grand Soir, précisons-le à l’intention des va-nu-pieds, est une sorte de bal huppé du jeudi qu’on pourrait aussi qualifier de journée portes gardées, car n’y entre pas qui veut. Selon ses organisateurs, il s’agit d’un « unique rendez-vous mondain à vocation caritative connu depuis 2010 sous une appellation évocatrice de prestige, de faste et de plaisir ».


De toute évidence, on a délibérément, et dangereusement, ignoré le fait que le Grand Soir a toujours désigné la révolution prolétarienne qui finira bien un jour (un soir en fait) par renverser les pouvoirs établis lorsque les masses laborieuses se seront dégagé une conscience de classe et mettront à mal les hégémonies cuirassées de coercition, ou quelque chose d’approchant. Il est très clair ici qu’en utilisant la formule « Grand Soir », l’autre formule, la 1, incite au soulèvement populaire, à l’insurrection violente et à la marche vers la destruction du capitalisme sans fournir l’itinéraire au préalable. Après ça, ils viendront dire qu’ils n’ont pas couru après.


Par ailleurs, ne se souviennent-ils pas de 2011 ? Contexte : au moment où une flotte démentielle s’est abattue sur le circuit Gilles-Villeneuve, on a été contraint d’interrompre la course au 25e tour. Pendant deux heures. Or je vous le demande sans faire d’arrêt aux puits : dans le secteur général du vroum vroum, qu’utilise-t-on pour signaler une cessation temporaire des activités ? En plein dans le très cela : un drapeau rouge à peu près carré. C’est ce jour-là, mesdames messieurs, qu’ils ont commencé à instiller dans la conscience collective des idées de révolte. Ils n’ont vraiment, vraiment qu’eux-mêmes à blâmer.


Et on n’a même pas encore parlé des nombreuses chicanes sur la piste, du braquage des roues avant, des problèmes de suspension et de la voiture de sécurité qui ne pourra strictement rien faire si des atteintes sont portées, justement, à la sécurité.


La prochaine fois, nous aborderons d’autres interrogations commodément occultées par la presse, à commencer par celle-ci : que signifie exactement « tourner en rond » ?

 
 
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