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C’est du sport! - Ayoye, tu m’fais mal

Qu’on se le dise, la vie est un sport éminemment dangereux duquel personne ne sort en bon état. Les risques sont partout, les dangers possèdent le don d’ubiquité et au bout du compte, la loi de Murphy prévaut immanquablement. Bien sûr, lorsqu’on pratique une discipline athlétique, on s’expose encore davantage, mais n’en doutons pas un instant, il suffit d’exister pour que le pire survienne.

Parlez-en à Jonathan Lucroy, par exemple. Le receveur des Brewers de Milwaukee connaissait un début de saison rêvé avec une moyenne au bâton de, 345 lorsque le mauvais sort a frappé. On ne sait pas trop comment il s’y est pris, mais Lucroy tentait de récupérer une chaussette perdue sous le lit de sa chambre d’hôtel, en fin de semaine, lorsque sa charmante épouse a échappé une valise sur sa main. Résultat : fracture, et une absence prévue de quatre à six semaines.
 

Lucroy n’est que le dernier en date d’une longue liste de sportifs victimes de blessures stupides. Curieusement, le phénomène semble toucher particulièrement les joueurs de baseball. On conserve ainsi un souvenir ému de Wade Boggs, qui s’est retrouvé souffrant du dos après avoir enlevé ses bottes de cow-boy. Ou de Vince Coleman, qui a raté la Série mondiale de 1985 après avoir été renversé par la machine servant à dérouler la toile protectrice au Busch Stadium. Ou d’Adam Eaton, qui a dû rater un départ après s’être flanqué une taloche en tentant d’ouvrir le boîtier d’un DVD. Ou de Tony Gwynn, qui s’est fracturé un doigt en fermant trop vite la porte de sa Porsche alors qu’il se rendait à la banque. Ou de Rickey Henderson, qui a raté quelques matchs en raison d’une engelure à un pied en plein mois d’août parce qu’il avait appliqué trop longtemps un sac de glace. Ou de Brian Fisher, qui s’est blessé à un bras en jouant au mini-putt ; il était appuyé sur son bâton lorsque celui-ci s’est cassé en deux. Ou de Steve Sparks, qui s’est infligé une séparation de l’épaule en essayant de déchirer un annuaire téléphonique à mains nues. Ou de Marc Valdez, qui a aggravé une blessure aux côtes en éternuant.

Ou de Chris Brown, qui a raté une joute à cause d’un étirement d’un muscle de la paupière parce qu’il avait « dormi sur son œil ». Ou d’Oliver Perez, qui s’est cassé un orteil en donnant un coup de pied sur une corbeille à linge. Ou de Chris Coghlan, qui s’est tordu un ménisque du genou en entartant un coéquipier qui venait de frapper le coup sûr gagnant. Ou de Brandon Inge, qui s’est étiré un muscle oblique en replaçant les oreillers dans le lit de ses enfants. Ou de l’instructeur au troisième but, Terry Harper, qui s’est disloqué une épaule en donnant à un coureur le signal de filer au marbre. Ou de Greg Harris, qui s’est blessé au coude en projetant des graines de tournesol avec des chiquenaudes. Ou de Randy Veras, qui s’est fait mal à la main en frappant sur le mur de sa chambre d’hôtel pour dire aux voisins de faire moins de bruit. Ou de Bret Barberie, qui a manqué un match après avoir mangé des piments forts ; il ne s’est pas nettoyé correctement les mains puis a mis ses lentilles cornéennes.

La présente saison offre également un cru appréciable.

Le lanceur des Rays de Tampa Bay David Price, par exemple, s’est ramassé avec des spasmes au cou lorsqu’il s’est essuyé trop vigoureusement avec une serviette. Le voltigeur des Phillies Domonic Brown, lui, a éprouvé des douleurs à la nuque après qu’il eut dormi dans une position déconseillée dans l’autobus de l’équipe. Mark Buehrle, un partant des White Sox, a connu des problèmes à la main gauche après avoir forcé indument pour ouvrir un pot de mayonnaise. Le releveur des Yankees David Robertson s’est blessé au pied en trébuchant dans un escalier alors qu’il transportait des boîtes pourtant vides.

Mais le meilleur de tous les temps reste hors de tout doute raisonnable John Smoltz, qui, il faut le dire, a pour sa part un peu beaucoup couru après. Il y a quelques années, Smoltz, un as lanceur des Braves d’Atlanta, a dû s’absenter pendant un certain temps lorsqu’il a subi des brûlures mineures en repassant ses vêtements.

C’est qu’il les repassait alors même qu’il les portait…

 
 
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