Molson Indy Montréal - Les drapeaux jaunes écartent Alexandre Tagliani du podium
Michel Jourdain grimpe sur la plus haute marche suivi de près par Oriol Servia et le Québécois Patrick Carpentier
Photo : Agence Reuters
De gauche à droite: Oriol Servia, Michel Jourdain et Patrick Carpentier savourent leur performance en sol montréalais.
Les amateurs de course automobile du Québec ont connu une nouvelle déception, hier, à l'épreuve de Champ Car du Molson Indy Montréal, en voyant l'un de leurs favoris perdre à la toute fin une course qu'il avait menée depuis le début.
Déjoué dans sa stratégie par des interruptions de course répétées, le Québécois Alexandre Tagliani de l'écurie Rocketsport a finalement dû se contenter de la quatrième place, derrière le Mexicain Michel Jourdain (Rahal), le Catalan Oriol Servia (Patrick Racing) et l'autre Québécois, Patrick Carpentier de l'écurie Player's/Forsythe.
Parti de la première place sur la grille de départ, Alexandre Tagliani n'a pas tardé à creuser l'écart sur ses poursuivants. «La victoire était à notre portée, a commenté après la course le pilote dépité. Mais les deux maudits drapeaux jaunes qui sont sortis, à la fin, c'était comme pour pas que je gagne.»
Voyant avec quelle facilité on arrivait à distancer la concurrence, le pilote natif de Lachenaie et son équipe ont pris rapidement, en début de course, le pari de rouler à bride abattue, quitte à devoir effectuer leurs ravitaillements plus tôt que les autres, quitte à devoir se construire, à chaque fois, une avance de plus cinq secondes pour pouvoir ressortir des puits en tête. Le pari allait marcher jusqu'à ce que l'on donne aux pilotes l'ordre de ralentir pendant quelques minutes, au 46e tour d'une épreuve qui en comptait 75, puis à nouveau au 50e tour, le temps d'enlever de la piste des voitures en panne.
«Les ingénieurs nous disaient qu'il y a généralement peu de drapeaux jaunes à Montréal, a commenté le pilote qui devait finalement perdre sa position de commande au 58e tour. J'ai réussi trois fois à aller chercher l'avance dont j'avais besoin. Mais avec les deux derniers drapeaux jaunes, c'était trop. Je n'avais aucune chance de pouvoir aller chercher les cinq secondes nécessaires.»
«Je n'ai pas de mal à imaginer ce que ressent Tag, a commenté Patrick Carpentier qui avait été empêché par un problème mécanique de rallier l'arrivée devant les siens, à la première édition de l'événement l'an dernier. «Un podium à Montréal, c'est plus satisfaisant que n'importe quoi, n'importe où.»
Il s'est lui même montré particulièrement satisfait de son résultat compte tenu des problèmes de freins et de boîte de vitesse qu'il a éprouvés durant la course, en plus d'une sortie de piste et d'un moteur explosé durant les deux jours de qualifications. C'était la quatrième fois qu'il montait sur le podium cette saison. Sa troisième place à Montréal lui permet désormais d'être seul à la quatrième place du championnat des pilotes avec 128 points, soit 29 de moins que Michel Jourdain, et 2 de plus que Sébastien Bourdais.
Son coéquipier dans l'écurie Player's/Forsythe, Paul Tracy, a eu moins de chance en tombant d'un seul coup de la quatrième à la sixième position en la sortie de la toute dernière chicane de la course à cause d'une panne d'essence. Vainqueur, plus tôt dans la saison, des épreuves de Toronto et Vancouver, Paul Tracy ratait ainsi l'occasion de réaliser l'exploit inédit de la triple couronne canadienne. Il n'en a pas moins amélioré son sort dans la course au championnat, portant de 20 points à 28 points son avance sur son plus proche poursuivant, Bruno Junqueira, de l'écurie Pacificare, 13e hier.
L'Ontarien ne cachait pas sa déception à l'égard de son équipe. «Je n'ai pas su que mon niveau d'essence était si bas avant l'un des tout derniers virages. Ce sont des points [au championnat] gaspillés bêtement.»
«On savait que tant que l'on restait suffisamment proche de [Tagliani], on finirait par passer devant lui, a expliqué pour sa part le champion de l'épreuve, Michel Jourdain. Tout le monde sait que l'important est la position que vous occupez au moment de passer sous le drapeau à damiers. Au début, j'ai fait très attention d'économiser mon essence pour m'arrêter aux puits le plus tard possible. Je suis triste pour Alex, mais je suis convaincu qu'il aura l'occasion d'en gagner beaucoup d'autres dans le futur.»
Baisse de fréquentation
La présence de trois Canadiens en piste et le soleil, qui a brillé durant les trois derniers jours sur le circuit Gilles-Villeneuve de l'île Notre-Dame, n'ont pas suffi, cette année, pour attirer autant de spectateurs qu'à la première édition de l'événement l'an dernier. Selon les organisateurs, 148 000 personnes sont, en effet, venues voir tourner les bolides du Molson Indy Montréal, cette année, contre 172 000 en 2002. De ce nombre, 36 000 ont passé les tourniquets du site le vendredi (comparativement à 47 000 l'an dernier), 54 000 samedi (61 000 en 2002), et 58 000 (64 000 en 2002).
Les organisateurs ne se sont pas moins montrés satisfaits de ces résultats hier. D'une part, parce que cette baisse de 14 % se révèle moindre que la baisse d'assistance moyenne de 18 % cette année en Champ Car. D'autre part, parce que l'on est porté à croire que ce sont les statistiques de l'an dernier qui étaient gonflées par l'effet de nouveauté qui entourait alors l'événement à Montréal, et que l'on se dit que les chiffres de cette année révèlent une «bassin d'amateurs sur lequel on peut bâtir un bel événement dans l'avenir», dit son président et chef d'exploitation, Jean-Paul Blais.
Quel sorte d'avenir cet événement peut-il espérer avoir, lorsque l'on sait la crise financière que traverse présentement la série, et ce, alors même que Montréal semble condamné, sur un autre front, à perdre son Grand prix de Formule 1? «Ce sont des choses qui sont hors de notre contrôle», a ajouté Jean-Paul Blais. Il s'est toutefois dit encouragé par le fait que la série poursuive ses négociations avec un groupe d'acheteurs dont font partie plusieurs propriétaires d'écuries.
Déjoué dans sa stratégie par des interruptions de course répétées, le Québécois Alexandre Tagliani de l'écurie Rocketsport a finalement dû se contenter de la quatrième place, derrière le Mexicain Michel Jourdain (Rahal), le Catalan Oriol Servia (Patrick Racing) et l'autre Québécois, Patrick Carpentier de l'écurie Player's/Forsythe.
Parti de la première place sur la grille de départ, Alexandre Tagliani n'a pas tardé à creuser l'écart sur ses poursuivants. «La victoire était à notre portée, a commenté après la course le pilote dépité. Mais les deux maudits drapeaux jaunes qui sont sortis, à la fin, c'était comme pour pas que je gagne.»
Voyant avec quelle facilité on arrivait à distancer la concurrence, le pilote natif de Lachenaie et son équipe ont pris rapidement, en début de course, le pari de rouler à bride abattue, quitte à devoir effectuer leurs ravitaillements plus tôt que les autres, quitte à devoir se construire, à chaque fois, une avance de plus cinq secondes pour pouvoir ressortir des puits en tête. Le pari allait marcher jusqu'à ce que l'on donne aux pilotes l'ordre de ralentir pendant quelques minutes, au 46e tour d'une épreuve qui en comptait 75, puis à nouveau au 50e tour, le temps d'enlever de la piste des voitures en panne.
«Les ingénieurs nous disaient qu'il y a généralement peu de drapeaux jaunes à Montréal, a commenté le pilote qui devait finalement perdre sa position de commande au 58e tour. J'ai réussi trois fois à aller chercher l'avance dont j'avais besoin. Mais avec les deux derniers drapeaux jaunes, c'était trop. Je n'avais aucune chance de pouvoir aller chercher les cinq secondes nécessaires.»
«Je n'ai pas de mal à imaginer ce que ressent Tag, a commenté Patrick Carpentier qui avait été empêché par un problème mécanique de rallier l'arrivée devant les siens, à la première édition de l'événement l'an dernier. «Un podium à Montréal, c'est plus satisfaisant que n'importe quoi, n'importe où.»
Il s'est lui même montré particulièrement satisfait de son résultat compte tenu des problèmes de freins et de boîte de vitesse qu'il a éprouvés durant la course, en plus d'une sortie de piste et d'un moteur explosé durant les deux jours de qualifications. C'était la quatrième fois qu'il montait sur le podium cette saison. Sa troisième place à Montréal lui permet désormais d'être seul à la quatrième place du championnat des pilotes avec 128 points, soit 29 de moins que Michel Jourdain, et 2 de plus que Sébastien Bourdais.
Son coéquipier dans l'écurie Player's/Forsythe, Paul Tracy, a eu moins de chance en tombant d'un seul coup de la quatrième à la sixième position en la sortie de la toute dernière chicane de la course à cause d'une panne d'essence. Vainqueur, plus tôt dans la saison, des épreuves de Toronto et Vancouver, Paul Tracy ratait ainsi l'occasion de réaliser l'exploit inédit de la triple couronne canadienne. Il n'en a pas moins amélioré son sort dans la course au championnat, portant de 20 points à 28 points son avance sur son plus proche poursuivant, Bruno Junqueira, de l'écurie Pacificare, 13e hier.
L'Ontarien ne cachait pas sa déception à l'égard de son équipe. «Je n'ai pas su que mon niveau d'essence était si bas avant l'un des tout derniers virages. Ce sont des points [au championnat] gaspillés bêtement.»
«On savait que tant que l'on restait suffisamment proche de [Tagliani], on finirait par passer devant lui, a expliqué pour sa part le champion de l'épreuve, Michel Jourdain. Tout le monde sait que l'important est la position que vous occupez au moment de passer sous le drapeau à damiers. Au début, j'ai fait très attention d'économiser mon essence pour m'arrêter aux puits le plus tard possible. Je suis triste pour Alex, mais je suis convaincu qu'il aura l'occasion d'en gagner beaucoup d'autres dans le futur.»
Baisse de fréquentation
La présence de trois Canadiens en piste et le soleil, qui a brillé durant les trois derniers jours sur le circuit Gilles-Villeneuve de l'île Notre-Dame, n'ont pas suffi, cette année, pour attirer autant de spectateurs qu'à la première édition de l'événement l'an dernier. Selon les organisateurs, 148 000 personnes sont, en effet, venues voir tourner les bolides du Molson Indy Montréal, cette année, contre 172 000 en 2002. De ce nombre, 36 000 ont passé les tourniquets du site le vendredi (comparativement à 47 000 l'an dernier), 54 000 samedi (61 000 en 2002), et 58 000 (64 000 en 2002).
Les organisateurs ne se sont pas moins montrés satisfaits de ces résultats hier. D'une part, parce que cette baisse de 14 % se révèle moindre que la baisse d'assistance moyenne de 18 % cette année en Champ Car. D'autre part, parce que l'on est porté à croire que ce sont les statistiques de l'an dernier qui étaient gonflées par l'effet de nouveauté qui entourait alors l'événement à Montréal, et que l'on se dit que les chiffres de cette année révèlent une «bassin d'amateurs sur lequel on peut bâtir un bel événement dans l'avenir», dit son président et chef d'exploitation, Jean-Paul Blais.
Quel sorte d'avenir cet événement peut-il espérer avoir, lorsque l'on sait la crise financière que traverse présentement la série, et ce, alors même que Montréal semble condamné, sur un autre front, à perdre son Grand prix de Formule 1? «Ce sont des choses qui sont hors de notre contrôle», a ajouté Jean-Paul Blais. Il s'est toutefois dit encouragé par le fait que la série poursuive ses négociations avec un groupe d'acheteurs dont font partie plusieurs propriétaires d'écuries.
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