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    C'est du sport! - Pour hommes seulement

    Aujourd'hui commence le Tournoi des Maîtres, la première manche du Grand Chelem de golf masculin professionnel, la seule à être toujours disputée au même endroit: au chic club Augusta National, en Géorgie, l'un des plus prestigieux et des plus beaux terrains de tout l'univers. À la télé, on pourra observer de magnifiques paysages plus verts que verts, voir si Tiger Woods pourra poursuivre sur sa première lancée depuis les révélations relatives à son comportement à l'horizontale et si Rory McIlroy fera oublier son effondrement de l'an passé sur le même parcours.

    Bref, tout sera considérablement superbe.

    Mais derrière le décor bucolique se cache une réalité un peu moins enchanteresse. Depuis sa fondation en 1933, l'Augusta National interdit aux femmes d'en être membres. Si si, en 2012, mesdames et accessoirement messieurs, aux États-Unis d'Amérique, cela existe toujours.

    Et pourquoi, demandez-vous avec une curiosité intellectuelle qui vous fait honneur? Mettons que ce n'est pas tellement de vos oignons. Le directeur de l'Augusta National, Billy Payne, vous l'a rappelé hier encore lorsqu'interrogé sur le sujet par vos représentants des médias de masse.

    «Toutes les questions relatives au membership sont de nature privée. Nous n'en parlons pas [en public]. Et nous n'en parlons spécialement pas quand un candidat nommé est en cause», a-t-il dit.

    Un candidat nommé? Hé hé. C'est que les vieux réactionnaires se retrouvent relativement coincés ces temps-ci. Voyez plutôt.

    L'un des principaux commanditaires du Masters est la firme IBM. Et la tradition remontant à une trentaine d'années veut que le chef de la direction d'IBM devienne automatiquement membre de l'Augusta National. Or depuis le 1er janvier, il s'adonne que l'entreprise est dirigée par Virginia Rometty.

    Virginia, comme dans de sexe féminin. Le candidat nommé, c'est elle, même si Billy Payne ne l'a pas dit. Marrant, n'est-il pas?

    Il y a une dizaine d'années, lorsque la question avait surgi une première fois, le prédécesseur de Payne, Hootie Johnson, avait déclaré que des changements surviendraient quand le club le jugerait opportun, «pas à la pointe de la baïonnette». La situation avait été placée sous les feux de la rampe par Martha Burk, alors dirigeante du National Council of Women's Organizations. Burk avait menacé de boycottage les entreprises dont un patron était membre de l'Augusta National. Johnson avait répliqué en se dissociant de tous ses commanditaires, ce qui a amené le Masters à être présenté sans pauses publicitaires pendant deux ans. Depuis, le dossier était un peu retombé dans l'oubli et les rares fois où il a été évoqué, Payne a répété que cela ne regardait personne sauf les membres.

    La solution à ce problème? IBM devrait être assez puissante pour persuader un club de golf d'arriver dans le monde moderne, mais n'oublions pas qu'elle a appuyé l'Augusta National pendant toutes ces années alors même qu'il pratiquait la discrimination. Non, voici ce qu'il faut: que Tiger Woods boycotte le Masters tant que ça ne changera pas. N'a-t-il pas la réputation d'affectionner les dames, celui-là?
     
     
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