C'est du sport! - Lourd présent
Comment régler un gros problème sans vraiment le régler? Certains dirigeants des ligues majeures de baseball ont dû plutôt mal dormir ces dernières heures.
Résumons: jeudi, un comité d'arbitrage a levé la suspension de 50 matchs qui pesait sur le voltigeur des Brewers de Milwaukee Ryan Braun, joueur par excellence de la Ligue nationale en 2011, en retenant sa contestation après que celui-ci eut échoué à un test antidopage pendant les dernières séries éliminatoires. Un taux de testostérone jusqu'à sept fois supérieur à la limite permise décelé dans ses urines.
Tout du long, Braun a clamé son innocence. Il a assuré n'avoir jamais rien pris d'illicite, volontairement ou pas. Seule hypothèse évoquée, un médicament qu'il aurait utilisé. Pour soigner quoi? Il n'a pas voulu le dire, ce qui a, comme d'habitude, suscité les rumeurs les plus folles. Finalement, hier, il a répondu directement aux ragots: «Je n'ai jamais eu de MTS», a-t-il déclaré. Le mystère persiste donc.
Il s'agit d'une histoire délirante à certains égards.
Dans leur défense devant le comité, les avocats de Braun n'ont pas fait valoir qu'on pouvait avoir affaire à un faux test positif. Ils s'en sont plutôt pris à une procédure qu'ils jugeaient déficiente.
C'est que le gars qui a recueilli l'échantillon de pipi du voltigeur l'a fait un samedi, tard en journée. Et comme il croyait, à tort, que les bureaux locaux du service de livraison FedEx — chargé d'expédier le matériel au laboratoire de l'Agence mondiale antidopage situé à Laval — étaient fermés le samedi soir, il a mis les flacons dans son frigo et a attendu au lundi suivant.
Or le protocole des ligues majeures précise bien que les échantillons doivent être envoyés «le plus tôt possible», ce qui n'a pas été fait. De plus, le séjour prolongé dans le réfrigérateur pourrait avoir favorisé leur contamination.
L'arbitre Shyam Das, dont le vote au sein du comité était décisif, a souscrit à cette thèse, ce qui a mené à la disculpation de Braun. Pour le baseball majeur, il s'agit d'un désastre. Alors que sévissait l'ère des stéroïdes, ses dirigeants ont été fréquemment traînés dans la boue, ces dernières années, accusés de n'avoir rien fait alors qu'ils étaient au courant du problème, voire d'avoir caché les faits pour protéger la réputation du baseball. Quand ils n'ont plus été capables de nier et que les scandales ont éclaté au grand jour, ils se sont donné le programme de contrôle le plus strict dans les sports professionnels nord-américains. Et voici que ce programme vient de montrer ses failles...
On se retrouve donc dans une situation bizarre. Braun est arrivé hier au camp d'entraînement des Brewers en disant qu'il avait toujours su qu'il n'avait rien fait de mal et que la vérité avait prévalu. Pour sa part, Rob Manfred, le vice-président des ligues majeures responsable des «ressources humaines», a déclaré haut et fort que la partie patronale était «véhémentement en désaccord» avec la décision de Das. Façon de dire que le joueur que vous voyez là sur le terrain, Ryan Braun, s'est bel et bien dopé, raison possible pour laquelle il a été le meilleur. Après le déni et la complaisance, le balancier est rendu à l'autre bout: on veut tellement montrer que les contrôles sont sérieux qu'on est prêt à se priver d'un joueur étoile pour 50 matchs...
Quant à Braun, il est coincé. S'il n'offre pas un rendement à la hauteur de celui de l'an dernier, il fera la preuve circonstancielle qu'il était effectivement dopé. Et s'il est aussi bon, on lui rappellera quand même qu'il a été blanchi sous de bien discutables prétextes.
Le baseball majeur traînait jusque-là un lourd passé. Le voici aux prises avec un encombrant présent. Mettons qu'il s'en serait fort probablement passé et qu'il s'assurera à l'avenir que tout le monde sache qu'il y a des succursales de FedEx ouvertes le samedi soir.
Résumons: jeudi, un comité d'arbitrage a levé la suspension de 50 matchs qui pesait sur le voltigeur des Brewers de Milwaukee Ryan Braun, joueur par excellence de la Ligue nationale en 2011, en retenant sa contestation après que celui-ci eut échoué à un test antidopage pendant les dernières séries éliminatoires. Un taux de testostérone jusqu'à sept fois supérieur à la limite permise décelé dans ses urines.
Tout du long, Braun a clamé son innocence. Il a assuré n'avoir jamais rien pris d'illicite, volontairement ou pas. Seule hypothèse évoquée, un médicament qu'il aurait utilisé. Pour soigner quoi? Il n'a pas voulu le dire, ce qui a, comme d'habitude, suscité les rumeurs les plus folles. Finalement, hier, il a répondu directement aux ragots: «Je n'ai jamais eu de MTS», a-t-il déclaré. Le mystère persiste donc.
Il s'agit d'une histoire délirante à certains égards.
Dans leur défense devant le comité, les avocats de Braun n'ont pas fait valoir qu'on pouvait avoir affaire à un faux test positif. Ils s'en sont plutôt pris à une procédure qu'ils jugeaient déficiente.
C'est que le gars qui a recueilli l'échantillon de pipi du voltigeur l'a fait un samedi, tard en journée. Et comme il croyait, à tort, que les bureaux locaux du service de livraison FedEx — chargé d'expédier le matériel au laboratoire de l'Agence mondiale antidopage situé à Laval — étaient fermés le samedi soir, il a mis les flacons dans son frigo et a attendu au lundi suivant.
Or le protocole des ligues majeures précise bien que les échantillons doivent être envoyés «le plus tôt possible», ce qui n'a pas été fait. De plus, le séjour prolongé dans le réfrigérateur pourrait avoir favorisé leur contamination.
L'arbitre Shyam Das, dont le vote au sein du comité était décisif, a souscrit à cette thèse, ce qui a mené à la disculpation de Braun. Pour le baseball majeur, il s'agit d'un désastre. Alors que sévissait l'ère des stéroïdes, ses dirigeants ont été fréquemment traînés dans la boue, ces dernières années, accusés de n'avoir rien fait alors qu'ils étaient au courant du problème, voire d'avoir caché les faits pour protéger la réputation du baseball. Quand ils n'ont plus été capables de nier et que les scandales ont éclaté au grand jour, ils se sont donné le programme de contrôle le plus strict dans les sports professionnels nord-américains. Et voici que ce programme vient de montrer ses failles...
On se retrouve donc dans une situation bizarre. Braun est arrivé hier au camp d'entraînement des Brewers en disant qu'il avait toujours su qu'il n'avait rien fait de mal et que la vérité avait prévalu. Pour sa part, Rob Manfred, le vice-président des ligues majeures responsable des «ressources humaines», a déclaré haut et fort que la partie patronale était «véhémentement en désaccord» avec la décision de Das. Façon de dire que le joueur que vous voyez là sur le terrain, Ryan Braun, s'est bel et bien dopé, raison possible pour laquelle il a été le meilleur. Après le déni et la complaisance, le balancier est rendu à l'autre bout: on veut tellement montrer que les contrôles sont sérieux qu'on est prêt à se priver d'un joueur étoile pour 50 matchs...
Quant à Braun, il est coincé. S'il n'offre pas un rendement à la hauteur de celui de l'an dernier, il fera la preuve circonstancielle qu'il était effectivement dopé. Et s'il est aussi bon, on lui rappellera quand même qu'il a été blanchi sous de bien discutables prétextes.
Le baseball majeur traînait jusque-là un lourd passé. Le voici aux prises avec un encombrant présent. Mettons qu'il s'en serait fort probablement passé et qu'il s'assurera à l'avenir que tout le monde sache qu'il y a des succursales de FedEx ouvertes le samedi soir.
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