Il restera toujours le «Kid»
Gary Carter meurt d'un cancer du cerveau à 57 ans
Tout au long de sa carrière et sans doute de sa vie, il a été le «Kid», le grand enfant à l'enthousiasme contagieux qui s'amusait, le pilier et le visage aussi des Expos de Montréal dans leurs meilleures années, un joueur de baseball dont l'immense talent allait le mener jusqu'au Temple de la renommée. Gary Carter, pour toujours le numéro 8, s'est éteint hier des suites d'un cancer du cerveau. Il n'était âgé que de 57 ans.
Se plaignant de violents maux de tête et de pertes de mémoire et d'équilibre, Carter avait été diagnostiqué de quatre tumeurs en mai dernier. Sa famille et lui espéraient que des traitements de chimiothérapie arriveraient à contrôler la maladie, mais il y a quelques semaines, de nouvelles tumeurs ont été découvertes. Au début du mois, terriblement diminué mais encore souriant, il a fait une dernière apparition lors du match inaugural de l'équipe de l'université floridienne Palm Beach Atlantic, qu'il entraînait.
Carter n'avait jamais fait mystère de son inébranlable foi, et sa fille Kimmy Bloemers a écrit en fin d'après-midi sur le site Web de la famille: «J'ai la grande tristesse de vous dire à tous que mon précieux père est allé rejoindre Jésus à 16h10 aujourd'hui. C'est la chose la plus difficile que j'aie eu à écrire de toute ma vie, mais je voulais que vous le sachiez. Il est au ciel et a retrouvé sa mère et son père.»
Carter aura marqué l'imaginaire de dizaines de milliers d'amateurs de baseball québécois à une époque, fin des années 1970 et début 1980, où les Expos cartonnaient sérieusement, sans jamais toutefois parvenir à accéder à la Série mondiale. Avec son receveur étoile et les Steve Rogers, Andre Dawson et Tim Raines, entre autres, la formation montréalaise était électrisante et il n'est pas exagéré de prétendre que pendant un temps, elle a surpassé le Canadien en popularité.
Né à Culver City, en Californie, en 1954, Gary Edmund Carter a été choisi au troisième tour du repêchage amateur des ligues majeures de 1972, qui a aussi vu les Expos sélectionner Ellis Valentine. Joueur d'arrêt-court au collège, il devait être converti en receveur par l'organisation.
C'est à son premier camp d'entraînement, en 1974, qu'il a hérité du surnom qui n'allait jamais le quitter. Épatés par autant de fraîcheur, d'entrain et de fougue, Ken Singleton, Tim Foli et Mike Jorgensen, les trois joueurs acquis des Mets de New York en retour de Rusty Staub, l'avaient appelé «The Kid». Carter tentait avec acharnement de gagner toutes les courses et de frapper chaque balle par-dessus la clôture.
Il s'est installé pour de bon avec le grand club en 1975, mais il a d'abord dû partager le temps derrière le marbre avec Barry Foote, un autre receveur d'avenir, et on l'a souvent vu au champ droit. En 1977, première saison des Expos, au Stade olympique, il a finalement décroché le poste de partant pour de bon.
La casquette des Expos au Temple
Au fil des ans, Carter a acquis une forte popularité auprès des partisans non seulement par ses exploits sur le terrain, mais par sa disponibilité et son affabilité — il était réputé signataire d'autographes compulsif. Lui qui avait suivi des cours chez Berlitz après avoir été repêché, il a même tourné quelques messages publicitaires où il parlait français. Et il affectionnait beaucoup les caméras, ce qui lui a parfois valu quelques reproches de la part de ses coéquipiers qui suspectaient qu'il pensait avant tout à lui-même.
Au terme de la saison 1984, après 11 campagnes, les Expos, alors en reconstruction, ont cédé Carter aux Mets en retour de quatre joueurs. Le receveur allait aider New York à remporter la dramatique Série mondiale de 1986 contre les Red Sox de Boston, le seul championnat de sa carrière.
Après cinq ans dans la Grosse Pomme, il a fait de brefs séjours à San Francisco et Los Angeles avant de rentrer à Montréal pour un dernier hourra, en 1992. Après sa retraite, les Expos ont retiré son numéro 8.
En 19 saisons dans les majeures, il a maintenu une moyenne au bâton de ,262 et amassé 324 circuits et 1225 points produits, un rendement impressionnant pour un receveur. Nommé 11 fois au sein de l'équipe d'étoiles de la Ligue nationale, il a remporté à deux reprises le titre de joueur par excellence du match des étoiles. Gagnant de trois Gants d'or, il a reçu en 1989 le prix Roberto-Clemente remis au joueur ayant le plus fait preuve «d'esprit sportif, d'engagement dans la communauté et de contribution à son équipe». Et avec Andre Dawson, il est l'un des deux seuls immortels dont la plaque au Temple de la renommée de Cooperstown montre une casquette des Expos; lors de son intronisation en 2003 — il avait auparavant blagué qu'il aimerait qu'on le voie avec une casquette en deux moitiés, Expos et Mets —, il avait d'ailleurs livré une partie de son discours d'acceptation en français.
«Mû par un enthousiasme remarquable pour le baseball, Gary Carter fut l'un des meilleurs receveurs de tous les temps, a déclaré hier le commissaire Bud Selig dans un communiqué. Il était un joueur étoile, un cogneur durable et constant pour les Expos de Montréal et les Mets de New York, et il demeure l'un des joueurs les plus aimés dans l'histoire de ces deux franchises.»
Pour sa part, le président du Temple de la renommée Jeff Idelson a souligné que «lorsque vous pensez aux grands généraux sur le terrain, vous pensez à Gary Carter. Il faisait toujours preuve de leadership et de passion. Sa contribution à notre sport national est grande, mais son coeur était encore plus grand.»
On rappelait par ailleurs hier quelques déclarations passées, dont celle d'un ex-coéquipier de Carter, le voltigeur Mookie Wilson, qui a déjà dit: «Tous les jours, il est l'un des hommes les plus heureux au monde.» Quant au premier ministre du Canada de l'époque, Pierre Elliott Trudeau, il avait déclaré: «Je suis heureux de ne pas avoir à me présenter à une élection contre Gary Carter», étant donné l'engouement populaire que celui-ci suscitait.
En plus de tout le monde du baseball et des bénéficiaires des oeuvres de charité auxquelles il prêtait son concours fervent, le défunt laisse dans le deuil son épouse Sandy, sa compagne depuis 37 ans, leurs trois enfants Christy, Kimmy et D.J., de même que trois petits-enfants.
Et une page de l'aventure du baseball à Montréal vient d'être tournée.
Se plaignant de violents maux de tête et de pertes de mémoire et d'équilibre, Carter avait été diagnostiqué de quatre tumeurs en mai dernier. Sa famille et lui espéraient que des traitements de chimiothérapie arriveraient à contrôler la maladie, mais il y a quelques semaines, de nouvelles tumeurs ont été découvertes. Au début du mois, terriblement diminué mais encore souriant, il a fait une dernière apparition lors du match inaugural de l'équipe de l'université floridienne Palm Beach Atlantic, qu'il entraînait.
Carter n'avait jamais fait mystère de son inébranlable foi, et sa fille Kimmy Bloemers a écrit en fin d'après-midi sur le site Web de la famille: «J'ai la grande tristesse de vous dire à tous que mon précieux père est allé rejoindre Jésus à 16h10 aujourd'hui. C'est la chose la plus difficile que j'aie eu à écrire de toute ma vie, mais je voulais que vous le sachiez. Il est au ciel et a retrouvé sa mère et son père.»
Carter aura marqué l'imaginaire de dizaines de milliers d'amateurs de baseball québécois à une époque, fin des années 1970 et début 1980, où les Expos cartonnaient sérieusement, sans jamais toutefois parvenir à accéder à la Série mondiale. Avec son receveur étoile et les Steve Rogers, Andre Dawson et Tim Raines, entre autres, la formation montréalaise était électrisante et il n'est pas exagéré de prétendre que pendant un temps, elle a surpassé le Canadien en popularité.
Né à Culver City, en Californie, en 1954, Gary Edmund Carter a été choisi au troisième tour du repêchage amateur des ligues majeures de 1972, qui a aussi vu les Expos sélectionner Ellis Valentine. Joueur d'arrêt-court au collège, il devait être converti en receveur par l'organisation.
C'est à son premier camp d'entraînement, en 1974, qu'il a hérité du surnom qui n'allait jamais le quitter. Épatés par autant de fraîcheur, d'entrain et de fougue, Ken Singleton, Tim Foli et Mike Jorgensen, les trois joueurs acquis des Mets de New York en retour de Rusty Staub, l'avaient appelé «The Kid». Carter tentait avec acharnement de gagner toutes les courses et de frapper chaque balle par-dessus la clôture.
Il s'est installé pour de bon avec le grand club en 1975, mais il a d'abord dû partager le temps derrière le marbre avec Barry Foote, un autre receveur d'avenir, et on l'a souvent vu au champ droit. En 1977, première saison des Expos, au Stade olympique, il a finalement décroché le poste de partant pour de bon.
La casquette des Expos au Temple
Au fil des ans, Carter a acquis une forte popularité auprès des partisans non seulement par ses exploits sur le terrain, mais par sa disponibilité et son affabilité — il était réputé signataire d'autographes compulsif. Lui qui avait suivi des cours chez Berlitz après avoir été repêché, il a même tourné quelques messages publicitaires où il parlait français. Et il affectionnait beaucoup les caméras, ce qui lui a parfois valu quelques reproches de la part de ses coéquipiers qui suspectaient qu'il pensait avant tout à lui-même.
Au terme de la saison 1984, après 11 campagnes, les Expos, alors en reconstruction, ont cédé Carter aux Mets en retour de quatre joueurs. Le receveur allait aider New York à remporter la dramatique Série mondiale de 1986 contre les Red Sox de Boston, le seul championnat de sa carrière.
Après cinq ans dans la Grosse Pomme, il a fait de brefs séjours à San Francisco et Los Angeles avant de rentrer à Montréal pour un dernier hourra, en 1992. Après sa retraite, les Expos ont retiré son numéro 8.
En 19 saisons dans les majeures, il a maintenu une moyenne au bâton de ,262 et amassé 324 circuits et 1225 points produits, un rendement impressionnant pour un receveur. Nommé 11 fois au sein de l'équipe d'étoiles de la Ligue nationale, il a remporté à deux reprises le titre de joueur par excellence du match des étoiles. Gagnant de trois Gants d'or, il a reçu en 1989 le prix Roberto-Clemente remis au joueur ayant le plus fait preuve «d'esprit sportif, d'engagement dans la communauté et de contribution à son équipe». Et avec Andre Dawson, il est l'un des deux seuls immortels dont la plaque au Temple de la renommée de Cooperstown montre une casquette des Expos; lors de son intronisation en 2003 — il avait auparavant blagué qu'il aimerait qu'on le voie avec une casquette en deux moitiés, Expos et Mets —, il avait d'ailleurs livré une partie de son discours d'acceptation en français.
«Mû par un enthousiasme remarquable pour le baseball, Gary Carter fut l'un des meilleurs receveurs de tous les temps, a déclaré hier le commissaire Bud Selig dans un communiqué. Il était un joueur étoile, un cogneur durable et constant pour les Expos de Montréal et les Mets de New York, et il demeure l'un des joueurs les plus aimés dans l'histoire de ces deux franchises.»
Pour sa part, le président du Temple de la renommée Jeff Idelson a souligné que «lorsque vous pensez aux grands généraux sur le terrain, vous pensez à Gary Carter. Il faisait toujours preuve de leadership et de passion. Sa contribution à notre sport national est grande, mais son coeur était encore plus grand.»
On rappelait par ailleurs hier quelques déclarations passées, dont celle d'un ex-coéquipier de Carter, le voltigeur Mookie Wilson, qui a déjà dit: «Tous les jours, il est l'un des hommes les plus heureux au monde.» Quant au premier ministre du Canada de l'époque, Pierre Elliott Trudeau, il avait déclaré: «Je suis heureux de ne pas avoir à me présenter à une élection contre Gary Carter», étant donné l'engouement populaire que celui-ci suscitait.
En plus de tout le monde du baseball et des bénéficiaires des oeuvres de charité auxquelles il prêtait son concours fervent, le défunt laisse dans le deuil son épouse Sandy, sa compagne depuis 37 ans, leurs trois enfants Christy, Kimmy et D.J., de même que trois petits-enfants.
Et une page de l'aventure du baseball à Montréal vient d'être tournée.








