C'est du sport! - Le gros Prince
La semaine dernière, le directeur général des Tigers de Detroit, David Dombrowski — dont on se souviendra peut-être qu'il exerça brièvement naguère des fonctions similaires au sein de nos Expos —, déclarait que son équipe n'avait aucun intérêt pour Prince Fielder, le joueur autonome le plus en vue dans les ligues majeures de baseball professionnel de qualité totale.
«Il ne cadre pas dans nos plans. Il veut un contrat à long terme et cela ne nous convient pas», avait dit Dombrowski à propos du premier-but étoile des Brewers de Milwaukee, qu'on pourrait appeler «le petit Prince» s'il ne s'adonnait à peser 285 livres, une donnée officielle dont on peut se permettre de douter lourdement.
Mais vous savez un peu comment ça se passe dans ce merveilleux monde: il ne faut jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau de roche avant que le coq ait chanté trois fois passera. C'est tout à fait comme quand un d.g. donne un vote de confiance à son entraîneur-chef: généralement, celui-ci est congédié dans les 30 jours ouvrables parce que le message ne passe plus.
Il appert donc que le propriétaire des Tigers Mike Ilitch a aidé son homme de baseball à changer d'idée. Ilitch a prouvé qu'il était possible de se confectionner une colossale fortune simplement en vendant de la pizza (Little Caesars, en l'occurrence, il paraît qu'ils ont une triple pepperoni à damner un saint), et l'argent n'est pas trop un obstacle dans son cas. Il a 82 ans, et si ses Red Wings lui ont déjà donné quatre superbes coupes Stanley, la balle demeure son premier amour et il voudrait bien décrocher une Série mondiale pendant qu'il est encore sur cette Terre.
D'où Prince Fielder. Mardi, l'entente a été annoncée: neuf ans, 214 millions de dollars. Il va pouvoir s'en payer, de la pizza, le jeune homme.
Et ce dénouement s'avère proprement étonnant. Fielder déteste être comparé à son père, Cecil, qui a lui-même brillé pendant sept saisons au premier coussin avec les Tigers dans les années 1990 (ils forment la seule combinaison père-fils de l'histoire à avoir chacun réussi une campagne d'au moins 50 circuits). Il déteste même entendre parler de son père. «Mon père est mort pour moi», a-t-il déclaré il y a quelques années.
C'est que Prince n'a jamais pardonné au paternel d'avoir dilapidé la fortune familiale, ce qui a entraîné un divorce sale, en étant accro au gambling et en prenant de mauvaises décisions d'affaires. Mais maintenant qu'il prend la direction de Detroit, où il a passé son enfance dans l'entourage des Tigers, les comparaisons et les allusions à son père seront inévitables, et fréquentes. Mais hé, quelles questions ne serions-nous pas prêts à endurer pour 214 millions de dollars?
Cecil, lui, espère toujours une réconciliation, et affirme que des pas sont faits en ce sens. Mais Prince n'a pas pris soin de l'informer de sa décision avant de signer une entente avec les Tigers. «Je suis sous le choc», a dit Cecil.
Se pourrait-il donc qu'une histoire sportive ne finisse pas bien? Nous serions alors tous sous le choc.
«Il ne cadre pas dans nos plans. Il veut un contrat à long terme et cela ne nous convient pas», avait dit Dombrowski à propos du premier-but étoile des Brewers de Milwaukee, qu'on pourrait appeler «le petit Prince» s'il ne s'adonnait à peser 285 livres, une donnée officielle dont on peut se permettre de douter lourdement.
Mais vous savez un peu comment ça se passe dans ce merveilleux monde: il ne faut jamais dire fontaine je ne boirai pas de ton eau de roche avant que le coq ait chanté trois fois passera. C'est tout à fait comme quand un d.g. donne un vote de confiance à son entraîneur-chef: généralement, celui-ci est congédié dans les 30 jours ouvrables parce que le message ne passe plus.
Il appert donc que le propriétaire des Tigers Mike Ilitch a aidé son homme de baseball à changer d'idée. Ilitch a prouvé qu'il était possible de se confectionner une colossale fortune simplement en vendant de la pizza (Little Caesars, en l'occurrence, il paraît qu'ils ont une triple pepperoni à damner un saint), et l'argent n'est pas trop un obstacle dans son cas. Il a 82 ans, et si ses Red Wings lui ont déjà donné quatre superbes coupes Stanley, la balle demeure son premier amour et il voudrait bien décrocher une Série mondiale pendant qu'il est encore sur cette Terre.
D'où Prince Fielder. Mardi, l'entente a été annoncée: neuf ans, 214 millions de dollars. Il va pouvoir s'en payer, de la pizza, le jeune homme.
Et ce dénouement s'avère proprement étonnant. Fielder déteste être comparé à son père, Cecil, qui a lui-même brillé pendant sept saisons au premier coussin avec les Tigers dans les années 1990 (ils forment la seule combinaison père-fils de l'histoire à avoir chacun réussi une campagne d'au moins 50 circuits). Il déteste même entendre parler de son père. «Mon père est mort pour moi», a-t-il déclaré il y a quelques années.
C'est que Prince n'a jamais pardonné au paternel d'avoir dilapidé la fortune familiale, ce qui a entraîné un divorce sale, en étant accro au gambling et en prenant de mauvaises décisions d'affaires. Mais maintenant qu'il prend la direction de Detroit, où il a passé son enfance dans l'entourage des Tigers, les comparaisons et les allusions à son père seront inévitables, et fréquentes. Mais hé, quelles questions ne serions-nous pas prêts à endurer pour 214 millions de dollars?
Cecil, lui, espère toujours une réconciliation, et affirme que des pas sont faits en ce sens. Mais Prince n'a pas pris soin de l'informer de sa décision avant de signer une entente avec les Tigers. «Je suis sous le choc», a dit Cecil.
Se pourrait-il donc qu'une histoire sportive ne finisse pas bien? Nous serions alors tous sous le choc.
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