C'est du sport! - Trop?
Y a-t-il trop de sport organisé dans cette vie, la seule que nous ayons? Évidemment, du point de vue de l'amateur professionnel qui ne saurait s'imaginer sans, la réponse est, sans détour aucun: es-tu malade? Il n'y en a pas assez! Le sport, c'est comme la croissance économique, il en faut toujours plus, sinon nous allons tous mourir dans des souffrances horribles!
Mais tous ne sont pas d'accord avec cette assertion. Même qu'on aurait une petite chicane sur les bras à ce sujet, si l'on se fie aux nouvelles venues de l'autre bout du monde.
Il est question de tennis ici. On regarde les Internationaux d'Australie à trois heures du matin et on se trouve ébaubi devant pareil étalage de puissance, d'intensité et de grâce. Puis on lit les comptes rendus, et on constate qu'on aurait dû être encore plus ébaubi puisqu'ils sont tous, ou presque, amochés.
Prenez les trois meilleures raquettes internationales. À la fin de sa saison de rêve, Novak Djokovic a dû déclarer forfait à Bercy en novembre: épaule. Idem pour Roger Federer à Doha il y a deux semaines: dos. Quant à Rafael Nadal, c'est pas compliqué, il a mal partout.
Plusieurs joueurs l'ont déjà dit: c'est la faute au calendrier. Trop long. Trop difficile de jouer autant à ce niveau. La «saison» morte dure à peine un mois. À un moment donné, le corporel, vous savez cette fragile mais nécessaire prolongation du mental, refuse de suivre.
D'où la discorde. Federer, à 30 ans, est un extraterrestre, et d'autres lui reprochent de ne pas soutenir suffisamment, à titre de président du Conseil des joueurs, leurs revendications. Il y a quelques jours, il a déclaré que nous vivons
présentement «l'âge d'or du tennis». Ce à quoi Nadal, qui a 25 ans mais dont le style de jeu est extrêmement taxant, a répondu: «Ça fait son affaire de ne rien dire. Tout est positif. "Tout est bien pour moi, je passe pour un gentleman" et les autres peuvent bien pâtir. C'est toujours la même histoire. C'est toujours l'argent qui mène.»
L'argent? Tiens donc. «J'adore le tennis et je suis reconnaissant pour une foule de choses. Le sport m'a permis de mener une vie fantastique. Mais finir votre carrière avec de la douleur dans tout votre corps, est-ce positif? Non. Peut-être que Federer a un super corps et qu'il finira sa carrière frais comme une rose. Mais ni moi, ni [Andy] Murray, ni Djokovic n'allons finir nos carrières frais comme des roses.»
Nikolay Davydenko, lui, a ajouté: «Je ne sais pas pourquoi Roger ne soutient pas les joueurs. Il ne veut pas avoir de problèmes. Il est un bon gars. Il gagne des tournois du Grand Chelem. Il est Suisse. Il est parfait.» Ayoye, mettons.
Au US Open perturbé par la pluie l'an dernier, Nadal, Murray et Andy Roddick s'étaient plaints de ce qu'on les fasse jouer sur des courts glissants afin de satisfaire les télédiffuseurs — qui, léger détail, versent beaucoup d'argent au circuit et contribuent à de substantielles bourses pour les joueurs.
Alors, que fait-on? C'est le médecin contre le comptable. Le premier vous dira qu'on peut trop jouer, mais le second rétorquera qu'on ne peut jamais, jamais, faire trop d'argent. Paraît-il.
Mais tous ne sont pas d'accord avec cette assertion. Même qu'on aurait une petite chicane sur les bras à ce sujet, si l'on se fie aux nouvelles venues de l'autre bout du monde.
Il est question de tennis ici. On regarde les Internationaux d'Australie à trois heures du matin et on se trouve ébaubi devant pareil étalage de puissance, d'intensité et de grâce. Puis on lit les comptes rendus, et on constate qu'on aurait dû être encore plus ébaubi puisqu'ils sont tous, ou presque, amochés.
Prenez les trois meilleures raquettes internationales. À la fin de sa saison de rêve, Novak Djokovic a dû déclarer forfait à Bercy en novembre: épaule. Idem pour Roger Federer à Doha il y a deux semaines: dos. Quant à Rafael Nadal, c'est pas compliqué, il a mal partout.
Plusieurs joueurs l'ont déjà dit: c'est la faute au calendrier. Trop long. Trop difficile de jouer autant à ce niveau. La «saison» morte dure à peine un mois. À un moment donné, le corporel, vous savez cette fragile mais nécessaire prolongation du mental, refuse de suivre.
D'où la discorde. Federer, à 30 ans, est un extraterrestre, et d'autres lui reprochent de ne pas soutenir suffisamment, à titre de président du Conseil des joueurs, leurs revendications. Il y a quelques jours, il a déclaré que nous vivons
présentement «l'âge d'or du tennis». Ce à quoi Nadal, qui a 25 ans mais dont le style de jeu est extrêmement taxant, a répondu: «Ça fait son affaire de ne rien dire. Tout est positif. "Tout est bien pour moi, je passe pour un gentleman" et les autres peuvent bien pâtir. C'est toujours la même histoire. C'est toujours l'argent qui mène.»
L'argent? Tiens donc. «J'adore le tennis et je suis reconnaissant pour une foule de choses. Le sport m'a permis de mener une vie fantastique. Mais finir votre carrière avec de la douleur dans tout votre corps, est-ce positif? Non. Peut-être que Federer a un super corps et qu'il finira sa carrière frais comme une rose. Mais ni moi, ni [Andy] Murray, ni Djokovic n'allons finir nos carrières frais comme des roses.»
Nikolay Davydenko, lui, a ajouté: «Je ne sais pas pourquoi Roger ne soutient pas les joueurs. Il ne veut pas avoir de problèmes. Il est un bon gars. Il gagne des tournois du Grand Chelem. Il est Suisse. Il est parfait.» Ayoye, mettons.
Au US Open perturbé par la pluie l'an dernier, Nadal, Murray et Andy Roddick s'étaient plaints de ce qu'on les fasse jouer sur des courts glissants afin de satisfaire les télédiffuseurs — qui, léger détail, versent beaucoup d'argent au circuit et contribuent à de substantielles bourses pour les joueurs.
Alors, que fait-on? C'est le médecin contre le comptable. Le premier vous dira qu'on peut trop jouer, mais le second rétorquera qu'on ne peut jamais, jamais, faire trop d'argent. Paraît-il.
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