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Et puis euh - Deux passes

Jean Dion   17 novembre 2011  Actualités sportives
L'intention ici était d'évoquer les derniers développements de la dinde à l'occasion de Thanksgiving et des trois joutes de football professionnel américain qu'on a annuellement coutume d'y disputer, lorsqu'un coup d'œil opportun au calendrier m'informa qu'en fait de patates, j'étais dans les pilées jusqu'au cou, et que Thanksgiving, ce n'est que la semaine prochaine, ce qui donne un sursis aux gallinacés en tout genre.

Mais il y a quand même du football aujourd'hui, quoiqu'un peu moins. Et si vous avez la chance d'en attraper quelques extraits, ne la ratez pas. Parce que les Broncos de Denver sont au programme, et cela signifie la possibilité de voir Tim Tebow à l'oeuvre.

Aux États, Tebow, un quart-arrière, représente un phénomène. Il s'est illustré à l'Université de la Floride et s'est fait connaître, par-delà le sport, par sa foi: il est vraiment très très croyant. À tous les matchs, on peut le voir avant le début des hostilités, un genou au sol, le poing sur le front, en train de prier. Cela a donné lieu à un truc viral dans les internets, des gens qui se font photographier dans la même posture dans un environnement insolite. Tebowing, que ça s'appelle.

Mais c'est son style de jeu qui frappe. Tebow, qui en est à sa deuxième saison dans la NFL, est un piètre passeur, mais un excellent porteur de ballon. Dimanche dernier, les Broncos sont parvenus à l'emporter bien que Tebow n'ait complété que deux passes, ce qui relève de l'exploit. L'entraîneur-chef John Fox raconte qu'il a dû réécrire le livre de jeux de l'équipe parce que Tebow n'arriverait jamais à fonctionner dans une attaque «normale».

Et cela donne du jeu comme dans le bon vieux temps. La blague voulait même que le nouveau livre de jeux en question soit une copie d'un autre, remontant à l'époque où la passe vers l'avant était interdite.

Le jeune homme en impose tellement que dans le classement des clubs sur nfl.com, «Tebow» a pendant quelque temps remplacé «Broncos».

Denver affronte les Jets de New York ce soir. On pourrait recommander de regarder le match en noir et blanc et en basse définition, comme en 1903.

***

Dans la catégorie «l'humanité disparaîtra, bon débarras» (piquée à l'anthropologue français Yves Paccalet, auteur d'un excellent livre portant ce titre et dont je vous recommande ardemment la lecture), on retrouve aujourd'hui le bouquin Touched, à propos de Jerry Sandusky, l'ancien entraîneur adjoint de football à l'Université Penn State sur qui pèsent 40 chefs d'accusation d'agression sexuelle sur de jeunes garçons.

Quand le livre a été publié, en 2001, on a mis sur le marché 250 exemplaires spéciaux avec couverture en cuir.

Or voici qu'un gars possède l'un de ces exemplaires. Il s'agit d'ailleurs de l'un des joyaux de sa collection, jusqu'à ce que le scandale éclate. Le gars devient incapable de le voir dans sa bibliothèque. Que fait-il avec? Il le jette? Meuh non. C'est qu'il existe des gens tordus, voyez-vous un peu, et il y a peut-être de l'argent à faire avec ça.

Il le met donc en vente sur eBay.

Et il y a bel et bien de l'argent à faire avec ça. L'enchère gagnante est de 510 $. Cinq cent dix dollars.

(Soit dit en passant, Sandusky a donné lundi soir au réseau NBC sa première entrevue depuis la publication du rapport accablant du Grand Jury qui l'a accusé. Il y a affirmé qu'il n'a jamais agressé sexuellement des enfants, qu'il ne faisait que «jouer» (horseplay) avec eux, qu'il aime se trouver en présence de jeunes et qu'au fond, ce n'était peut-être pas l'idée du siècle que de prendre sa douche avec eux.

Et ailleurs dans l'actualité, on a appris que la juge qui a libéré Sandusky sous caution avait reçu du soutien financier de sa fondation Second Mile lors de sa candidature à la magistrature et avait elle-même donné à la fondation. De même, des dirigeants de Second Mile ont contribué à la campagne du gouverneur de la Pennsylvanie Tom Corbett. On en est à peu près rendu là.)

***

Réjouissez-vous, bonnes gens: il est maintenant possible de mesurer l'intensité de la rivalité opposant deux équipes sportives. Il suffit de calculer le nombre de danseuses nues qui se trouvent dans une agglomération donnée.

Il fallait y penser, tout de même, et je suis certain que vous n'aviez pas vu les choses sous cet angle.

La formule a été émise par Bart Scott, un ancien secondeur de ligne des Ravens de Baltimore maintenant avec les Jets. On a demandé à Scott s'il y avait une féroce concurrence entre les Jets et les Giants, qui occupent le même stade au New Jersey.

«Pas du tout, a-t-il répondu. Je me souviens que quand j'étais à Baltimore, il y avait des joueurs des Ravens et des Redskins [de Washington, qui jouent aussi leurs matchs au Maryland] qui se battaient à propos de stripteaseuses. Je ne sens pas ça ici, à New York. Il y a un respect mutuel. La ville est assez grande pour les deux équipes.»

«Quand vous êtes dans une petite place comme Baltimore et que la température est relativement froide, vous compétitionnez pour les mêmes filles. [Le club de danseuses] est l'endroit favori d'un joueur de football, particulièrement les jeunes. Il y a toujours une rivalité. Les gars se battent et ils disent "elle, c'est ma copine", "elle, c'est ma copine". Mais ici? Cinq millions de personnes, peut-être plus. Il y en a assez pour tout le monde.»

Ce qu'on en apprend des choses.
 
 
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