Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • Connectez-vous

    Place aux Jeux paralympiques

    Les Jeux paralympiques de 2010 se sont mis en branle hier soir avec des cérémonies d’ouverture tenues devant une salle comble au B.C. Place.
    Photo: Agence Reuters Andy Clark Les Jeux paralympiques de 2010 se sont mis en branle hier soir avec des cérémonies d’ouverture tenues devant une salle comble au B.C. Place.
    Quelques jours à peine après la fin d'une quinzaine sportive, ne lésinons pas sur les mots, euphorique, Vancouver et Whistler remettent ça en accueillant de nouveau le monde. Les Jeux paralympiques de 2010 se sont mis en branle hier soir avec des cérémonies d'ouverture tenues devant une salle comble à l'amphithéâtre B.C. Place et ils se poursuivront jusqu'à dimanche prochain, 21 mars.

    Et s'ils sont largement moins médiatisés que leurs grands frères olympiques, les Paralympiques méritent quand même une attention soutenue, car on y retrouve bien moins des personnes handicapées qui tentent de faire de leur mieux que des athlètes de calibre mondial excellant dans des disciplines exigeantes où la concurrence est d'une rare intensité. Le déroulement des épreuves est d'ailleurs la plupart du temps hautement spectaculaire.

    «Les épreuves paralympiques sont aussi difficiles que celles qui sont présentées aux JO», déclarait cette semaine l'Albertain Brian McKeever, qui s'était qualifié au sein de l'équipe olympique canadienne mais n'avait pas été retenu au sein du quatuor qui a disputé le 50 km classique de ski nordique il y a deux semaines. Guidé par son frère Robin, McKeever, qui souffre d'une maladie des yeux et ne possède que 10 % de la vision normale, prendra part à ses troisièmes Jeux paralympiques en ski de fond et en biathlon. Il compte déjà sept médailles dans sa besace.

    Pour le président du Comité international paralympique, Xavier Gonzalez, les JP de Vancouver sont aussi l'occasion de faire la chasse aux idées reçues. «Il s'agit de présenter le sport en tant que sport et de montrer que ces gens sont des athlètes et rien d'autre», a-t-il déclaré à Canadian Press.

    «Ils sont aussi bons que n'importe qui», a ajouté le chef mission de la délégation canadienne, Blair McIntosh, lors d'un entretien téléphonique quelques heures avant le début des cérémonies. «Ils s'entraînent aussi fort. Il faut les reconnaître pour ce qu'ils sont, des compétiteurs de haut niveau dont la dernière chose de laquelle ils veulent parler, c'est leur handicap.»

    Ils sont 506 athlètes à concourir à ces JP, 383 hommes et 123 femmes, avec 64 podiums à l'enjeu. Cinq disciplines figurent au programme: outre les deux déjà mentionnées, on peut assister à du ski alpin, du hockey sur luge et du curling en fauteuil roulant. Les participants doivent avoir un handicap important: un ou des membres amputés, paralysie consécutive à une blessure à la moelle épinière, déficit moteur, vue fortement limitée, paralysie cérébrale. Mais une volonté de fer, de l'ardeur à l'entraînement et d'intéressantes percées dans le domaine technologique les amènent à accomplir des exploits étonnants.

    Les Jeux paralympiques ont connu un développement accéléré ces dernières années; par comparaison, on retrouvait quelque 120 inscrits à Nagano, en 1998. À compter de Turin, en 2006, on les a aussi simplifiés: aux très nombreuses catégories de handicaps qui rendaient l'action difficile à suivre, on a substitué trois classes de compétiteurs: assis, debout et déficients visuels.

    Il s'agit de la deuxième fois que le Canada présente des Jeux paralympiques: Toronto en avait accueilli la version estivale en 1976. Les Paralympiques d'hiver ont été inaugurés cette même année en Suède, alors que ceux d'été remontent à 1960. L'idée d'origine était venue d'un médecin d'un hôpital britannique qui, à l'occasion des Jeux olympiques de Londres en 1948, avait organisé une compétition sportive pour ses patients qui avaient subi des mutilations en combattant pendant la Deuxième Guerre mondiale.

    Depuis Séoul en 1988 pour l'été et Albertville en 1992 pour l'hiver, Paralympiques et Olympiques se déroulent à bref intervalle dans la même ville. Le sens même du préfixe «para» a d'ailleurs changé: au début, il signifiait «paraplégique»; il renvoie maintenant à «parallèle».

    C'est aussi la deuxième fois seulement, après Pékin en 2008, que le Comité organisateur des Jeux olympiques supervise également les Paralympiques.

    À Vancouver et Whistler, le Canada est représenté par 53 athlètes, dont Jean Labonté, capitaine de l'équipe de hockey sur luge et porte-drapeau aux cérémonies d'hier. Labonté, qu'on a pu voir (très souvent) dans une publicité diffusée pendant les JO, tentera avec ses coéquipiers de défendre le titre paralympique conquis à Turin.

    Aux derniers JP, le Canada avait terminé au sixième rang du classement des nations avec 13 médailles, dont cinq d'or. Cette fois, avec le programme À nous le podium qui a fait tant jaser durant les JO et dont les sports paralympiques ont aussi bénéficié, l'objectif a été fixé à un top 3 en termes de médailles d'or.

    «Ce programme nous a beaucoup aidés», dit Blair McIntosh. «Il nous a permis de voyager davantage, de participer à plus de compétitions, d'avoir plus d'occasions de nous mesurer aux meilleurs. Il a permis d'offrir un meilleur encadrement aux athlètes. Je crois que dans les circonstances, notre objectif est parfaitement atteignable.»












    Envoyer
    Fermer
    Les plus populaires


    Abonnez-vous à notre infolettre. Recevez l'actualité du jour, vue par Le Devoir.