Hors-Jeux - Une performance en or
Photo : Agence France-Presse Yuri Kadobnov
Sidney Crosby explose de joie après avoir marqué le but qui a donné une 14e médaille d’or au Canada, hier, pour clôturer les Jeux de Vancouver.
Par delà le titre olympique, c'était, disait-on, la joute pour l'obtention du droit au bombage de torse continental. Canada-États-Unis au hockey, on demandait jusqu'à 15 000 $ pour une paire de billets, le record d'auditoire de 10,6 millions de téléspectateurs enregistré au pays lors du match opposant les deux mêmes équipes une semaine plus tôt allait nul doute être battu. De l'intensité dans l'air, en quelque sorte.
Dans l'air, et sur la glace. Une furieuse rencontre, aux élans incessants, pas un pouce carré concédé à la partie adverse. Et un script digne de ces rendez-vous de légende, le pays hôte qui a inventé la discipline qui sort avec les grands honneurs, de la plus spectaculaire des manières, 3-2 en prolongation, par les bons soins de son enfant prodige Sidney Crosby.
Du très, très gros hockey. Électrisant.
Le script? Le Canada qui parvient à tromper deux fois la muraille Ryan Miller. Mais les jeunes Américains, qui n'avaient jamais tiré de l'arrière dans le tournoi jusqu'à ce que Jonathan Toews leur fasse le coup du hockey de rattrapage, ne lâchent pas leurs rivaux d'une semelle. Ils font 1-2 en milieu de deuxième période, puis, alors que tout le monde croit la cause entendue, Zach Parise abasourdit la foule en créant l'égalité avec moins de 25 secondes à jouer.
À quatre contre quatre en temps supplémentaire, l'affaire tourne à la haute voltige. Et soudain, à la huitième minute, Crosby se retrouve seul avec la rondelle à l'embouchure à la droite de Miller. Il ne rate pas son coup.
Le 87 en était à sa première compétition internationale en tant que professionnel. Il a marqué de sa signature le début de «son» ère, lui qui sera le meneur de son pays pendant des années.
Si, bien sûr, la Ligue nationale ne vient pas mettre ses gros bâtons dans les roues de ceux qui veulent voir à l'oeuvre les meilleurs d'entre les meilleurs.
***
Il s'agissait de la 14e médaille d'or, et probablement la plus importante pour l'orgueil national, pour le Canada à Vancouver 2010. Une marque absolue pour des Jeux d'hiver, surclassant les 13 de l'URSS à Innsbruck en 1976 et de la Norvège à Salt Lake City en 2002. La 26e au total, deux de plus qu'à Turin où on avait déjà fait sauter la banque. Sans parler d'une tonne de 4e et 5e places et de top 10.
Commencés dans la douleur de la mort d'un athlète, ponctués de multiples soucis d'ordre logistique, les Jeux de Vancouver se sont redressés de manière remarquable. Et ils nous ont donné des moments de purs délices, la fraîcheur de Marianne St-Gelais, de Jon Montgomery, de Clara Hughes, d'autres à fendre le coeur, d'Alexandre Bilodeau et son frère à Joannie Rochette et sa mère. Il y en a trop pour tous les nommer.
Vous dire, il est pratiquement dommage que ce soit déjà terminé.
***
Une belle et saine dose d'autodérision a marqué les cérémonies de clôture dès leur début avec un mime qui, après quelques travaux de soudure s'est extirpé du trou duquel n'était jamais sorti le fameux quatrième totem lors des cérémonies d'ouverture, a branché le fil et, après élévation, a fait apparaître Catriona Le May Doan qui a enfin pu embraser «sa» branche.
Comme il se devait, Rochette est entrée dans l'amphithéâtre B.C. Place en portant l'unifolié. On a aussi eu une pensée pour la skieuse Noelle Barahona, la seule représentante de son pays, le Chili, fort éprouvé ces jours-ci.
Les athlètes sont arrivés, on a chanté des chansons et toutes sortes d'hymnes, on a passé le drapeau olympique aux gens de Sotchi 2014 (dont, signe des temps, le logo est l'adresse de son site web), Sotchi 2014 a fait sa somptueuse présentation, le p.-d.g. du COVAN a fait quelques efforts pour mettre un peu plus de français dans ses propos que l'autre fois, mais pas tant que ça, Jacques Rogge a parlé de Jeux amicaux, a déclaré Vancouver 2010 clos et a invité la jeunesse de toutes les nations à s'assembler en Russie dans quatre ans.
Neil Young a ensuite poussé Long May You Run, la vasque s'est éteinte, William Shatner, Catherine O'Hara et Michael J. Fox sont venus faire de l'humour canadien, La Bottine souriante a rompu l'unilinguisme ambiant, il y avait la police montée, des castors, de la soirée du hockey, des canots, des caribous, des bûcherons et des feuilles d'érable. Le portrait s'est modernisé avec Nickelback, Avril Lavigne, Alanis Morissette, Simple Plan, Hedley, Marie-Mai, Chaos, Scrap Arts Music. C'était jeune, c'était frais et pour tout dire, c'était un peu long. Et c'était fini. Ceux qui attendaient un quota de langue de Molière ont dû être encore une fois plutôt déçus.
***
Tiens donc, il y en a qui s'émeuvent des célébrations sur la patinoire des hockeyeuses canadiennes et du fait que le skeletoneur Montgomery ait pris une bonne rasade de bière d'un pichet en pleine rue à Whistler, pourtant l'exemple vient de haut.
La victoire de la bande à Crosby vaut en effet une caisse de 24 de houblon mousseux à nul autre que Stephen Harper. Le premier ministre avait fait un pari avec le président américain Barack Obama.
M. Harper recevra donc une caisse de Molson Canadian. Si les USA l'avaient emporté, M. Obama aurait reçu une caisse de Yuengling.
Molson et Yuengling sont les plus anciennes brasseries de chacun des pays.
***
Au dernier jour des Jeux, il est temps de constituer le palmarès des 10 noms d'athlètes les plus pittoresques.
Dans l'ordre alphabétique, on y retrouve le patineur artistique français Yannick Bonheur, le patineur artistique canadien Vaughn Chipeur, la surfeuse des neiges américaine Callan Chythlook-Sifsof, la biathlonienne norvégienne Ann Kristin Aefedt Flatland, le skieur de fond canadien Drew Goldsack, la skieuse alpine française Anémone Marmottan, la skieuse de fond norvégienne Vibeke W Skofterud, le skieur alpin croate Natko Zrncic-Dim et le skieur alpin letton Kristaps Zvejnieks.
Et la palme va au skieur de fond finlandais Jesse Vaeaenaenen. Selon des sources, il paraît que ça se prononce comme ça s'écrit.
***
En cette ultime journée, la pression sur l'équipe du Canada à l'aube de la finale était incroyable, Stephen Harper trouve que la performance canadienne à Vancouver 2010 fut incroyable (trois fois plutôt qu'une), Jonathan Toews est encore incroyable, la foule au match de hockey était incroyable, Brian Rafalski a connu un tournoi incroyable, et on vous passe une bonne dizaine d'autres affaires incroyables parce qu'il commence à se faire incroyablement tard, avec ces cérémonies qui n'en finissent plus.
***
Fini Canada, on retourne à Canadien. D'ailleurs, à ce sujet, avez-vous remarqué que dans les quatre équipes les mieux classées à Vancouver 2010, on ne retrouve qu'un seul joueur de Canadien, Halak, celui dont on n'arrête pas de dire qu'il va être échangé? Cela explique peut-être bien des choses.
Ainsi se clôt donc, mesdames messieurs, la trêve sacrée. Si vous voulez l'avis d'un seul homme, le temps a passé à une vitesse proprement folle. Dix-sept jours qui ont paru, oh, 17 millièmes de seconde.
D'ici à une prochaine occasion de s'émouvoir, je vous invite à réaliser vos rêves, à boire du café qui vous ressemble, à ouvrir du bonheur, à ne pas jouer avec votre manger et surtout, SURTOUT, à ne pas oublier d'éteindre la télé en sortant. Et je vous remercie de votre incroyable attention.
Dans l'air, et sur la glace. Une furieuse rencontre, aux élans incessants, pas un pouce carré concédé à la partie adverse. Et un script digne de ces rendez-vous de légende, le pays hôte qui a inventé la discipline qui sort avec les grands honneurs, de la plus spectaculaire des manières, 3-2 en prolongation, par les bons soins de son enfant prodige Sidney Crosby.
Du très, très gros hockey. Électrisant.
Le script? Le Canada qui parvient à tromper deux fois la muraille Ryan Miller. Mais les jeunes Américains, qui n'avaient jamais tiré de l'arrière dans le tournoi jusqu'à ce que Jonathan Toews leur fasse le coup du hockey de rattrapage, ne lâchent pas leurs rivaux d'une semelle. Ils font 1-2 en milieu de deuxième période, puis, alors que tout le monde croit la cause entendue, Zach Parise abasourdit la foule en créant l'égalité avec moins de 25 secondes à jouer.
À quatre contre quatre en temps supplémentaire, l'affaire tourne à la haute voltige. Et soudain, à la huitième minute, Crosby se retrouve seul avec la rondelle à l'embouchure à la droite de Miller. Il ne rate pas son coup.
Le 87 en était à sa première compétition internationale en tant que professionnel. Il a marqué de sa signature le début de «son» ère, lui qui sera le meneur de son pays pendant des années.
Si, bien sûr, la Ligue nationale ne vient pas mettre ses gros bâtons dans les roues de ceux qui veulent voir à l'oeuvre les meilleurs d'entre les meilleurs.
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Il s'agissait de la 14e médaille d'or, et probablement la plus importante pour l'orgueil national, pour le Canada à Vancouver 2010. Une marque absolue pour des Jeux d'hiver, surclassant les 13 de l'URSS à Innsbruck en 1976 et de la Norvège à Salt Lake City en 2002. La 26e au total, deux de plus qu'à Turin où on avait déjà fait sauter la banque. Sans parler d'une tonne de 4e et 5e places et de top 10.
Commencés dans la douleur de la mort d'un athlète, ponctués de multiples soucis d'ordre logistique, les Jeux de Vancouver se sont redressés de manière remarquable. Et ils nous ont donné des moments de purs délices, la fraîcheur de Marianne St-Gelais, de Jon Montgomery, de Clara Hughes, d'autres à fendre le coeur, d'Alexandre Bilodeau et son frère à Joannie Rochette et sa mère. Il y en a trop pour tous les nommer.
Vous dire, il est pratiquement dommage que ce soit déjà terminé.
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Une belle et saine dose d'autodérision a marqué les cérémonies de clôture dès leur début avec un mime qui, après quelques travaux de soudure s'est extirpé du trou duquel n'était jamais sorti le fameux quatrième totem lors des cérémonies d'ouverture, a branché le fil et, après élévation, a fait apparaître Catriona Le May Doan qui a enfin pu embraser «sa» branche.
Comme il se devait, Rochette est entrée dans l'amphithéâtre B.C. Place en portant l'unifolié. On a aussi eu une pensée pour la skieuse Noelle Barahona, la seule représentante de son pays, le Chili, fort éprouvé ces jours-ci.
Les athlètes sont arrivés, on a chanté des chansons et toutes sortes d'hymnes, on a passé le drapeau olympique aux gens de Sotchi 2014 (dont, signe des temps, le logo est l'adresse de son site web), Sotchi 2014 a fait sa somptueuse présentation, le p.-d.g. du COVAN a fait quelques efforts pour mettre un peu plus de français dans ses propos que l'autre fois, mais pas tant que ça, Jacques Rogge a parlé de Jeux amicaux, a déclaré Vancouver 2010 clos et a invité la jeunesse de toutes les nations à s'assembler en Russie dans quatre ans.
Neil Young a ensuite poussé Long May You Run, la vasque s'est éteinte, William Shatner, Catherine O'Hara et Michael J. Fox sont venus faire de l'humour canadien, La Bottine souriante a rompu l'unilinguisme ambiant, il y avait la police montée, des castors, de la soirée du hockey, des canots, des caribous, des bûcherons et des feuilles d'érable. Le portrait s'est modernisé avec Nickelback, Avril Lavigne, Alanis Morissette, Simple Plan, Hedley, Marie-Mai, Chaos, Scrap Arts Music. C'était jeune, c'était frais et pour tout dire, c'était un peu long. Et c'était fini. Ceux qui attendaient un quota de langue de Molière ont dû être encore une fois plutôt déçus.
***
Tiens donc, il y en a qui s'émeuvent des célébrations sur la patinoire des hockeyeuses canadiennes et du fait que le skeletoneur Montgomery ait pris une bonne rasade de bière d'un pichet en pleine rue à Whistler, pourtant l'exemple vient de haut.
La victoire de la bande à Crosby vaut en effet une caisse de 24 de houblon mousseux à nul autre que Stephen Harper. Le premier ministre avait fait un pari avec le président américain Barack Obama.
M. Harper recevra donc une caisse de Molson Canadian. Si les USA l'avaient emporté, M. Obama aurait reçu une caisse de Yuengling.
Molson et Yuengling sont les plus anciennes brasseries de chacun des pays.
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Au dernier jour des Jeux, il est temps de constituer le palmarès des 10 noms d'athlètes les plus pittoresques.
Dans l'ordre alphabétique, on y retrouve le patineur artistique français Yannick Bonheur, le patineur artistique canadien Vaughn Chipeur, la surfeuse des neiges américaine Callan Chythlook-Sifsof, la biathlonienne norvégienne Ann Kristin Aefedt Flatland, le skieur de fond canadien Drew Goldsack, la skieuse alpine française Anémone Marmottan, la skieuse de fond norvégienne Vibeke W Skofterud, le skieur alpin croate Natko Zrncic-Dim et le skieur alpin letton Kristaps Zvejnieks.
Et la palme va au skieur de fond finlandais Jesse Vaeaenaenen. Selon des sources, il paraît que ça se prononce comme ça s'écrit.
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En cette ultime journée, la pression sur l'équipe du Canada à l'aube de la finale était incroyable, Stephen Harper trouve que la performance canadienne à Vancouver 2010 fut incroyable (trois fois plutôt qu'une), Jonathan Toews est encore incroyable, la foule au match de hockey était incroyable, Brian Rafalski a connu un tournoi incroyable, et on vous passe une bonne dizaine d'autres affaires incroyables parce qu'il commence à se faire incroyablement tard, avec ces cérémonies qui n'en finissent plus.
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Fini Canada, on retourne à Canadien. D'ailleurs, à ce sujet, avez-vous remarqué que dans les quatre équipes les mieux classées à Vancouver 2010, on ne retrouve qu'un seul joueur de Canadien, Halak, celui dont on n'arrête pas de dire qu'il va être échangé? Cela explique peut-être bien des choses.
Ainsi se clôt donc, mesdames messieurs, la trêve sacrée. Si vous voulez l'avis d'un seul homme, le temps a passé à une vitesse proprement folle. Dix-sept jours qui ont paru, oh, 17 millièmes de seconde.
D'ici à une prochaine occasion de s'émouvoir, je vous invite à réaliser vos rêves, à boire du café qui vous ressemble, à ouvrir du bonheur, à ne pas jouer avec votre manger et surtout, SURTOUT, à ne pas oublier d'éteindre la télé en sortant. Et je vous remercie de votre incroyable attention.
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