Hors-Jeux - Maudite météo
À retenir
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La cérémonie d'ouverture en photos
Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Vancouver, 12 février 2010
12 février 2010 Société
Chnoute de chnoute. On se mitonne un croissant beurre assorti d'un grand crème et d'un verre Petro-Canada de jus de pamplemousse avec pas de pulpe, on se positionne stratégiquement sur sa causeuse Directoire pour examiner la descente masculine de ski pyrénéen — c'est la même chose que le ski alpin, mais ainsi que le répétait Tournesol, Tryphon Tournesol, un peu plus à l'ouest, comme à Whistler, tiens —, et qu'apprend-on au sujet de l'épreuve la plus excitante des XXIes Jeux olympiques d'hiver de Vancouver 2010 après le match de curling féminin Chine-Danemark? Reportée.
Cela signifie que ce n'est pas la piste, mais que c'est la piste?
À la TV, ils ont dit que c'était la faute de Dame Météo, une relative inconnue jusque-là mais dont des recherches exhaustives dedans les internets m'ont permis d'apprendre qu'il s'agit de la légitime épouse de Senor Météo, et veuillez accepter mes plus plates excuses si cette allusion vous a mis la toune dans la tête pour la totalité de la durée de la trêve sacrée.
Il paraît en effet qu'ils éprouvent des ennuis de froidure et de précipitations du côté de la Colombie-Britannique, en aviez-vous vaguement entendu parler à travers les branches? D'ailleurs, en se promenant un peu partout à travers la planète médiatique, on constate comme une sorte de stupéfaction. Ça alors, et nous qui croyions que le Canada était une gigantesque congère 12 mois par année. Faut croire que c'est fort, le réchauffement climatique.
Un peu plus au nord
Qu'y a-t-il comme solution? Présenter les Jeux non pas un peu plus à l'ouest, mais un peu plus au nord. Ce qui bien sûr ne serait qu'une avenue temporaire puisque tout fondra tôt ou tard avec nos objectifs de gaz fédéraux. Ou alors, tenir toutes les épreuves à l'intérieur, à température contrôlée. Certes, le ski alpin requerrait que le toit soit placé plutôt haut, mais s'ils y sont parvenus aux Émirats arabes unis, pourquoi le génie industriel canadien resterait-il en reste, je vous le demande sans vraiment attendre de réponse.
Qu'y a-t-il comme solution? Présenter les Jeux non pas un peu plus à l'ouest, mais un peu plus au nord. Ce qui bien sûr ne serait qu'une avenue temporaire puisque tout fondra tôt ou tard avec nos objectifs de gaz fédéraux. Ou alors, tenir toutes les épreuves à l'intérieur, à température contrôlée. Certes, le ski alpin requerrait que le toit soit placé plutôt haut, mais s'ils y sont parvenus aux Émirats arabes unis, pourquoi le génie industriel canadien resterait-il en reste, je vous le demande sans vraiment attendre de réponse.
Donc, pas de ski en ce samedi, tournons-nous donc vers le patinage de vitesse longue piste, où la glace est définitivement pognée et toute lisse. Question de branches, voilà l'occasion d'admirer des troncs d'arbre en guise de cuisses et de prendre la mesure de la douleur induite par l'acide lactique. Mes préférés sont les Néerlandais, je pense que c'est subconsciemment induit par la présence d'orange sur leurs uniformes, en tout cas je n'en vois guère d'autres.
Et est-ce que ça tombe bien, voici Sven Kramer qui va cueillir la médaille d'or au 5000 mètres, laissant loin derrière lui dans sa course Shani Davis, le rebelle de l'équipe américaine. Remarquez qu'il est un peu facile de prendre pour le meilleur: Kramer n'a pas perdu un 5000 depuis 2007.
Le peuple des Pays-Bas s'attendait aussi à une médaille d'or pour Kramer, comme il l'avait annoncé dans un sondage récent publié par le quotidien de Rotterdam Algemeen Dagblad, auquel je suis abonné depuis sa fondation en 1946. Les répondants se sont cependant gourés sur les deux autres marches du podium, où ils voyaient Davis et l'Italien Enrico Fabris. Celui-ci a terminé en 7e place et Davis en 12e.
À part ça, dans le domaine, vous n'étiez peut-être pas au courant, mais, rapporte l'Agence France-Presse, «des patineurs de vitesse longue piste s'étaient émus la semaine dernière en apprenant que les petits blocs délimitant les couloirs dans les virages de l'anneau olympique de Richmond, traditionnellement rouges, seraient remplacés par des verts. Certains avaient argué que les marques vertes étaient peu visibles. Voire même indécelables pour les... daltoniens, avait ajouté l'entraîneur de la sélection néerlandaise. La Fédération internationale de patinage (ISU) a entendu ces arguments et a réintégré les petits blocs rouges en service depuis plus de 20 ans.»
La question étant: pouvez-vous me nommer un patineur de vitesse longue piste daltonien?
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Donc, si j'ai rien compris, ce qui m'arrive quand même assez fréquemment, la configuration de la piste de luge de Whistler n'est pas en cause dans la mort du Géorgien Nodar Kumaritashvili à l'entraînement vendredi, mais on va quand même aménager un mur plus élevé dans le virage fatidique et faire partir les concurrents plus bas afin d'éviter qu'ils atteignent de trop grandes vitesses.
Cela signifie que ce n'est pas la piste, mais que c'est la piste?
Nous sommes seulement au deuxième jour des Jeux, et je ressens déjà comme une certaine fatigue mentale.
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Tranche de vie. C'est le premier samedi soir de ma pourtant longue existence que je regarde une épreuve de bosses décrite en langue crie. Sur APTN, pour être précis. Non pas que j'aie déjà fait cela à un autre moment que le samedi soir.
Voilà la raison principale pour laquelle le merveilleux monde du sport™ est merveilleux™: on ne sait jamais, jamais dans quelles circonstances magiques il va nous transbahuter.
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À ce qu'on raconte, les cérémonies d'ouverture de vendredi n'ont pas impressionné outre mesure la patineuse de vitesse longue piste allemande — c'est la patineuse qui est allemande, pas la longue piste — et détentrice actuelle du record du monde au 500 m, Jenny Wolf. «Cela ne m'a pas trop plu», a-t-elle raconté. «J'ai beaucoup aimé chaque cérémonie d'ouverture avant, mais celle-ci n'avait rien de spectaculaire. Les baleines étaient cool, c'est vrai. Mais je m'attendais à en voir des vraies.»
On comprend un peu Mme Wolf: il y avait plein de fausses affaires dans ce truc. Fausse neige, fausses aurores boréales, faux ours géant, faux saumons qui remontent le courant, faux gars qui vole, fausse compassion à l'égard des autochtones. Il n'y avait qu'une chose de vraie, et c'était que ces cérémonies étaient incroyables.
Puisque je vous le dis.
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Un dernier mot sur les cérémonies. Selon le Consortium médiatique canadien, 84 % des gens qui regardaient la télévision au pays vendredi soir étaient branchés sur elles. L'auditoire moyen fut de 13,3 millions de personnes, avec une pointe à 15,6 millions à 22h14 HNE lorsque la délégation du Canada a fait son entrée dans le stade. Il s'agit de l'émission la plus regardée de l'histoire.
Ce qui est, convenons-en, incroyablement incroyable.
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