Hors-Jeux - C'est parti mon Quatchi!
À retenir
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La cérémonie d'ouverture en photos
Cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Vancouver, 12 février 2010
Grandioses, on le pressentait confusément parce qu'elles le sont toujours, c'est du moins ce qu'ils disent à la télé. Ç'a commencé par un surfeur des neiges qui a sauté à travers l'un des anneaux olympiques, puis il y a eu l'hymne national abrégé, puis le drapeau canadien au complet, puis l'hymne national en entier, les fleurons glorieux, la foi trempée et toutes ces choses.
La Géorgie en deuil
Après les autochtones avec des totems géants, les athlètes sont entrés. Un moment poignant: le défilé de la Géorgie. Car les réjouissances suivaient de peu la tragédie: dans l'un des nombreux accidents survenus jusqu'à maintenant à la piste de luge de Whistler, Nodar Kumaritashvili, 21 ans, s'est tué à l'entraînement lorsqu'il a perdu le contrôle de son traîneau dans un virage et est allé percuter un poteau en acier. Déjà, on se demande si on n'aura pas affaire à des «périlympiques», comme dans péril, pour reprendre l'expression du New York Times. Quand toujours plus vite et plus haut devient trop dangereux.
Bryan Adams et Nelly Furtado nous ont ensuite servi un tour de chant, et on a assisté à un hymne au Nord venu nous rappeler que ce pays est un gigantesque congélateur plusieurs mois par année même s'ils ont de la misère à avoir de la neige à Cypress Mountain. Comme toujours, c'était rempli de symboles qu'il fallait qu'on nous explique parce qu'un symbole, c'est parfois pas évident du point de vue de la compréhension.
Je vous fais grâce des détails, mais l'hymne au Nord n'était que le premier de quelque chose comme sept tableaux et, enfin, c'était bien beau mais, de l'avis d'un gars peu versé en symbolisme, un peu longuet sur les bords.
19 mots en français
Le président du Comité international olympique Jacques Rogge a par la suite salué Kumaritashvili, et le patron du Comité organisateur de Vancouver 2010, John Furlong, a livré un discours avec 19 mots en français: biennevenou, vous êtes parmi vos amis, oune équipe, des plus brillants exploits et qué l'esprit des Jeux vous habité. Rogge encore, Michaëlle Jean qui déclare ouverts les Jeux, k.d. lang qui pousse Allelujah, on allait enfin savoir qui serait ce dernier relayeur de la flamme et donc allumeur de la vasque, objet de tant de conjectures ces derniers jours. Wayne Gretzky, Rick Hansen, la mère de Terry Fox, les Denis Drolet?
Mais avant, il y avait l'arrivée du drapeau olympique. Porté par, vous voulez des noms?: Donald Sutherland, Betty Fox (la mère de Terry, justement, la liste des candidats diminuait), Jacques Villeneuve, Barbara Ann Scott, Anne Murray, Roméo Dallaire, Bobby Orr et Julie Payette. Puis l'hymne olympique, puis un moment de silence, intense, pour Kumaritashvili. Puis le serment des athlètes et des officiels par Hayley Wickenheiser et Michel Verreault.
Puis Garou, Un peu plus haut, un peu plus loin. Pourquoi ils n'ont pas pris Ginette?
Hansen est entré dans l'amphithéâtre avec la torche. Il l'a refilée à Catriona Le May Doan. Qui l'a passée à Steve Nash. De là, vers Nancy Greene.
Et le dernier, c'était bien Gretzky.
Après allumage de la vasque intérieure (problème? trois pylônes seulement se sont levés) , le 99 est sorti, a monté sous la pluie dans la boîte d'un pick-up authentiquement hybride et est allé, à la suite d'un (trop) long parcours, donner vie à une autre vasque, quelque part dans Vancouver, là où il y avait quatre pylônes.
Vous savez donc tout, bien que je ne sois pas certain d'avoir tout compris dans cette histoire de feu. Sauf une chose, bien sûr, car la question, lancinante, est demeurée: y aura-t-il assez de neige?
(*On l'aura deviné, Quatchi est l'une des mascottes des Jeux de Vancouver. Il s'agit d'un jeune sasquatch qui vient des «forêts mystérieuses du Canada» et qui raffole de hockey sur glace. Selon des sources en position d'autorité, «le sasquatch nous rappelle le mystère et les merveilles qui existent dans le monde naturel et qui allument notre imagination au sujet de la possibilité de créatures non découvertes dans la grande nature sauvage canadienne». Vous, c'est votre affaire, mais moi, là, j'ai soudain l'imagination carrément allumée.)
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On soulignera au passage qu'il s'agit de l'unique sport olympique d'hiver à être ouvert aux seuls messieurs. Des sauteuses ont bien tenté de se faire reconnaître en s'adressant à des tribunaux canadiens, mais comme le tout relève du Comité international olympique, elles ont fait chou blanc. Le CIO se défend de faire de la discrimination et fait plutôt valoir que le saut à ski féminin n'est pas suffisamment développé et ne satisfait pas à ses exigences techniques. Ce à quoi on réplique que la discipline est plus répandue chez les femmes dans le monde que le snowboard cross (il paraît qu'il faut dire «épreuve de cross en surf des neiges», mais c'est un peu long), le skicross ou le bobsleigh. Mais les voies du CIO, à l'instar de celles du Seigneur, sont impénétrables.
Et profitons de l'occasion pour relever que l'Américain Johnny Spillane, inscrit au combiné nordique — ski de fond plus saut à ski —, éprouve une sainte trouille de... voyager en avion. «Je déteste ça», dit-il. «Je m'assois et je souffre. Depuis l'instant où les roues quittent le sol jusqu'à celui où elle se posent, je n'ai aucun plaisir.» Et pourtant, il aime voler avec pas d'aéronef.
C'est dingue, la vie, des fois. À moins que ce ne soit toujours?
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Le hasard faisant les choses comme bon lui semble, qu'est-ce qui atterrit dans ma boîte à lettres le jour même du début des Jeux? Fectivement: le numéro spécial maillots de bain de Sports Illustrated. Ça ne s'invente juste pas.
Or il se trouve une section olympique dans la publication: la skieuse alpine Lindsey Vonn, les surfeuses des neiges Hannah Teter et Clair Bidez et la skieuse acrobatique Lacy Schnoor apparaissent sur fond de manteau d'hermine plutôt dépourvues en matière de tenue vestimentaire hivernale, à l'exception de bottes et, de temps à autre, d'une tuque.
Il paraît que la présence de Vonn dans le document a fait jaser à Vancouver, presque autant que l'incertitude de sa participation à Whistler. Gagnante des cinq premières épreuves de la saison en Coupe du monde, Vonn était l'une des grandes favorites pour le titre de reine des Jeux jusqu'à ce qu'elle annonce cette semaine qu'une blessure au tibia droit subie lors d'une séance d'entraînement il y a quelques jours en Autriche pourrait la contraindre de déclarer forfait.
La coéquipière de Vonn dans l'équipe américaine Kaylin Richardson est accourue à sa défense. «Lindsay pourra montrer les photos à ses enfants et leur dire: “Maman était super sexy et super rapide.” Nous faisons beaucoup d'efforts pour notre corps, c'est quelque chose qu'il faut célébrer», a-t-elle déclaré.
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Le mot est lancé. Avant la tenue des cérémonies, Stephen Harper a dit que les organisateurs des Jeux avaient fait un travail incroyable et qu'il était convaincu qu'on aurait droit à des Jeux incroyables. Pendant que la délégation canadienne défilait, Alexandre Despatie, lui, a évoqué une émotion incroyable
Si vous voulez mon avis, tout cela est proprement incroyable.
Hé, sur ces excellentes paroles, on se donne rendez-vous tous les jours que le CIO amène jusqu'au 1er mars. Incroyable, non?
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