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    Jeux olympiques - En français, toute!

    Le comité organisateur des Jeux de Vancouver, le COVAN, promettait en novembre que «les Jeux d'hiver de 2010 offriront une expérience bilingue unique». Un pari bien ambitieux au regard de la réalité, comme s'en inquiète avec justesse le secrétaire général de la Francophonie. Son appel à ne pas baisser les bras doit être entendu.

    Abdou Diouf, secrétaire général de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), n'a pas à ménager les susceptibilités propres à notre dynamique politique quand il parle des Jeux olympiques. Le français est l'une des deux langues olympiques, et même un peu plus puisque, comme il le soulignait lors de sa rencontre avec Le Devoir: «En cas de litige, c'est le français qui fait foi.»

    C'est donc ce grand principe qui motive ses interventions. Ce qui lui permet de s'exclamer, sans circonvolution diplomatique, qu'à Vancouver, «je me suis trouvé confronté à une réalité à laquelle je ne m'attendais pas»: dans ce pays bilingue, il fallait batailler ferme pour que le français ait sa place!

    Ici, cette réalité ne surprend personne: nous savons tous que le recours au français dans ce grand Canada ne va jamais, jamais de soi. Et il y a maintenant plus d'un an que le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, manifeste sur toutes les tribunes son inquiétude que le français soit réduit à la portion congrue lors des Jeux de Vancouver. Mais de voir que le chef de la Francophonie est lui aussi préoccupé, et étonné de l'être!, souligne la mesquinerie de cette lutte continuelle.

    Le constat est d'autant plus cruel qu'il vient après les Jeux de Pékin, dont on a beaucoup dit que le français y avait été négligé. M. Diouf fait plutôt valoir les efforts chinois, qui leur ont valu la très bonne note de 15 sur 20 de la part de Jean-Pierre Raffarin, l'ancien premier ministre français qui y avait été désigné grand témoin de la francophonie.

    Quel sera le bilan du grand témoin de Vancouver, l'ancien président de la Confédération suisse Pascal Couchepin? Selon l'entente convenue entre le COVAN et l'OIF, l'expérience de Vancouver doit servir de guide de bonnes pratiques linguistiques pour les organisateurs des futurs Jeux. Mais pour le moment, il y a loin de la coupe aux lèvres.

    Les problèmes commencent dès l'arrivée à l'aéroport de Vancouver, où le français est une langue morte. Quant aux sites olympiques, même si des mesures sont en place pour assurer la visibilité du français (par exemple les 15 % de bénévoles bilingues — on en espérait au départ 25 %! — répartis dans des endroits stratégiques), le commissaire Fraser craignait, de façon réaliste, le «manque de réflexe» en faveur du français sur le terrain. Une dichotomie principes-pratique que M. Diouf constate lui aussi dans les organisations internationales. D'où son appel à l'intransigeance (eh oui!) pour protéger le français, particulièrement quand il y a une obligation légale à le faire, comme c'est le cas aux Olympiques. Les Québécois comprendront ce nécessaire activisme.

    On dira que ces affaires de langues sont de peu d'importance dans une manifestation sportive: ne comptent que les athlètes que l'on verra triompher, pleurer, souffrir, et même mourir comme ce fut le cas hier. Il s'agit pourtant d'un principe fondamental. Le drapeau et l'hymne national, indissociables des cérémonies de remise des médailles, contribuent à la fierté des vainqueurs et de ceux qui les appuient. De la même manière, le français est indissociable de l'olympisme. Il n'y a pas à se gêner pour en réclamer le respect inconditionnel, même à Vancouver.












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