samedi 11 février 2012 Dernière mise à jour 01h25
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

La célébration de Pierre de Coubertin - Devoir de mémoire

Nicolas Moreau, professeur adjoint à l'École de service social de l'Université d'Ottawa  17 novembre 2009  Actualités sportives
À l'aube de nos Jeux olympiques hivernaux, il existe une personnalité célèbre et faisant l'unanimité: Pierre de Coubertin. En effet, tout se passe comme si, dans notre imaginaire collectif, nous ne retenions de cet homme qu'une seule phrase, sorte de préambule à un serment d'Hippocrate du sportif: «L'important, c'est de participer.» Noble pensée de la part de celui qui fut à l'origine des Jeux olympiques modernes, symbole ultime du rapprochement entre les peuples du monde. Hélas, cette maxime relève davantage de l'image d'Épinal et ne reflète que très partiellement les idées politiques du baron Coubertin.

Ainsi, pour Pierre de Coubertin, toutes les races ne sont pas à mettre sur un pied d'égalité: «Les races sont de valeur différente, et à la race blanche, d'essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance.» Les femmes n'avaient pas non plus dans son esprit une place de choix: «Nous estimons que les Jeux olympiques doivent être réservés aux hommes. Une Olympiade femelle serait inintéressante, inesthétique, et nous ne craignons pas d'ajouter: incorrecte, telle serait à notre avis cette demi-Olympiade féminine. Ce n'est pas là notre conception de l'olympisme dans lequel nous estimons qu'on a cherché et qu'on doit continuer de chercher la réalisation de la formule que voici: l'exaltation solennelle et périodique de l'athlétisme mâle avec l'internationalisme pour base, la loyauté pour moyen, l'art pour cadre et l'applaudissement féminin pour récompense.»

Personnage controversé

Nul besoin de multiplier les exemples, que ce soit en ce qui a trait à la différence entre Blancs et Noirs ou à celle entre hommes et femmes; les écrits de Coubertin sont assez clairs sur ce point. J'entends cependant déjà ici et là certaines critiques issues directement de la décontextualisation des propos de M. de Coubertin. En ce sens, il est vrai que le baron était en adéquation directe avec l'idéologie environnante (en particulier la politique coloniale de la France dans laquelle il a baigné) et qu'effectivement il était un homme de son temps. Conséquemment, il n'était donc pas un visionnaire, mais le simple fruit de son époque.

Pourquoi donc célébrer et glorifier un tel personnage? En effet, si les Jeux olympiques constituent un événement universel réunissant dans un esprit de fraternité les différents peuples de la Terre, ces derniers dépassent ce que Coubertin a initialement mis en place. De plus, certains biographes objecteraient que le baron n'était pas raciste, mais plutôt patriote (d'où ses propos sur la race supérieure qui justifient les politiques coloniales françaises).

Peut-être, mais que dire alors des propos sur la gente féminine? Une chose est cependant certaine: Pierre de Coubertin est un personnage complexe et controversé, et nous ne retenons généralement de lui qu'une image positive, voire naïve. À l'heure où le Canada s'apprête à accueillir les Jeux olympiques, il convient de ne pas oublier certains traits du baron. Simple devoir de mémoire, dirons-nous.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
0 réaction
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012