Ça donne des idées
Il y a des matins comme ça où vous vous tirez à contrecoeur de votre confortable plumard sans* projet particulier autre que celui de disserter sur le caractère grandiose de la vie sportive montréalaise, puis vous prenez connaissance de quelque chose qui vous donne des idées. C'était le cas hier. Non mais, observez-moi un peu le tableau général qui suit.
(*On pourrait dire « avec pas de projet particulier », mais ce serait s'exposer à un influx de courriels rappelant à l'auteur qu'« avec pas », ça ne se dit pas, alors que « sans » est plutôt recommandé par l'Académie machinchouette. Je vous jure. Demeurons donc à l'intérieur des limites du bon usage, comme le professait M. Grevisse.)
D'abord, Canadien. Ça n'a pas l'air de grand-chose, mais si on procède à une projection cylindrique genre comme en faisait Gerardus Mercator quand Montréal avait encore les moyens de s'offrir des dynasties, Canadien, à ce rythme, va boucler le calendrier régulier 2009-10 avec un dossier de 82-0-0-0. En outre, il va remporter tous ses matchs en prolongation, ce qui signifie qu'il supporte éminemment bien la pression qui accompagne les moments névralgiques. Il est encore tôt, objectez-vous avec cette légendaire retenue qui a fait des partisans de Canadien des gens qui n'apposent pas un petit drapeau à leur char en plein juillet? C'est que vous ne tenez pas assez compte de l'air. Car voyez-vous, selon des sources, le vestiaire de Canadien a fait l'objet d'une aération récemment. De sorte que l'odeur de manque de communication a fait place à celle de la coupe. Vous allez sentir ce que vous allez sentir.
Deuxio, les Alouettes. 11-2, les Zoiseaux. Champions de l'Est un mois avant la fin de la saison. Le reste du Canada n'est juste pas de taille, même si, à ce que d'aucuns racontent, la plupart des décisions importantes dans une foule de domaines se prennent dans le secteur de Toronto.
Troisièmement, l'Impact. Voici l'Impact en grande finale d'une ligue même s'il voudrait faire partie d'une autre. C'est tout sauf rien.
Et on pourrait ajouter à tout cela les Carabins qui s'offrent le Rouge et Or, et bien d'autres trucs encore qui montrent hors de tout doute raisonnable que Montréal est le boutte du boutte lorsque vient le temps crucial de gagner des affaires.
J'en étais donc là, baignant dans une espèce d'ivresse municipale que ne fait qu'amplifier la perspective d'élections à mon conseil d'arrondissement, lorsque je tombai, le mot n'est pas trop fort, sur ce quelque chose qui me procura des idées.
Bernie Ecclestone exigerait de ne pas payer d'impôts au Canada sur les revenus, par ailleurs maigres si on a bien compris, qu'il pourrait engranger à l'occasion d'un encore hypothétique retour du Grand Prix au circuit Gilles-Villeneuve de l'île Notre-Dame.
Ben quoi, il a le droit.
Mais vous me connaissez depuis le temps, si Bernie a le droit, me suis-je aussitôt interpellé dans mon coffre-fort intérieur, je dois bien l'avoir moi aussi quelque part, même si je n'ai pas sa puissance, son influence, sa richesse ou sa coiffure. On peut reprocher bien des choses à Bernie, mais pas de ne pas donner d'idées. Depuis (je n'ai pas encore osé), j'entretiens donc le projet de communiquer avec le service de l'imposition et de la taxation afin d'échapper désormais à son long bras. Ce service, j'en aurais un bout à raconter à ce sujet et vous aussi certainement, est un organisme tout à fait sympathique même s'il lui arrive de temps à autre d'envoyer des lettres relativement incompréhensibles. Hautement improbable qu'il me refuse pareille peccadille. Ça lui ferait même une déclaration de moins à traiter chaque année. Gain de productivité, voyez-vous ce que je veux dire?
J'en suis à peaufiner mon argumentaire. Tenter de faire croire que je m'appelle mononcle Bernard et que je suis au milieu de coûteuses procédures de divorce qui menacent de me rincer serait de la plus haute banalité, aussi faut-il faire preuve de subtilité. Fini le contribuable, je pourrais me constituer transfert gouvernemental. Ou alors, je renonce volontairement à mon numéro d'assurance sociale. Devrais-je transformer ma cuisine en paradis fiscal? Ou faire valoir que j'ai d'énormes, mais alors là énormes, retombées économiques? Tant de possibilités et si peu de temps parce que ça s'en vient vite, ces échéances-là.
Mais il reste une certitude: il est sérieusement temps que cette course de voitures automobiles monoplaces affiche son vrai visage et change de nom. Le Gros Prix du Canada, voilà qui reflète la réalité.
(*On pourrait dire « avec pas de projet particulier », mais ce serait s'exposer à un influx de courriels rappelant à l'auteur qu'« avec pas », ça ne se dit pas, alors que « sans » est plutôt recommandé par l'Académie machinchouette. Je vous jure. Demeurons donc à l'intérieur des limites du bon usage, comme le professait M. Grevisse.)
D'abord, Canadien. Ça n'a pas l'air de grand-chose, mais si on procède à une projection cylindrique genre comme en faisait Gerardus Mercator quand Montréal avait encore les moyens de s'offrir des dynasties, Canadien, à ce rythme, va boucler le calendrier régulier 2009-10 avec un dossier de 82-0-0-0. En outre, il va remporter tous ses matchs en prolongation, ce qui signifie qu'il supporte éminemment bien la pression qui accompagne les moments névralgiques. Il est encore tôt, objectez-vous avec cette légendaire retenue qui a fait des partisans de Canadien des gens qui n'apposent pas un petit drapeau à leur char en plein juillet? C'est que vous ne tenez pas assez compte de l'air. Car voyez-vous, selon des sources, le vestiaire de Canadien a fait l'objet d'une aération récemment. De sorte que l'odeur de manque de communication a fait place à celle de la coupe. Vous allez sentir ce que vous allez sentir.
Deuxio, les Alouettes. 11-2, les Zoiseaux. Champions de l'Est un mois avant la fin de la saison. Le reste du Canada n'est juste pas de taille, même si, à ce que d'aucuns racontent, la plupart des décisions importantes dans une foule de domaines se prennent dans le secteur de Toronto.
Troisièmement, l'Impact. Voici l'Impact en grande finale d'une ligue même s'il voudrait faire partie d'une autre. C'est tout sauf rien.
Et on pourrait ajouter à tout cela les Carabins qui s'offrent le Rouge et Or, et bien d'autres trucs encore qui montrent hors de tout doute raisonnable que Montréal est le boutte du boutte lorsque vient le temps crucial de gagner des affaires.
J'en étais donc là, baignant dans une espèce d'ivresse municipale que ne fait qu'amplifier la perspective d'élections à mon conseil d'arrondissement, lorsque je tombai, le mot n'est pas trop fort, sur ce quelque chose qui me procura des idées.
Bernie Ecclestone exigerait de ne pas payer d'impôts au Canada sur les revenus, par ailleurs maigres si on a bien compris, qu'il pourrait engranger à l'occasion d'un encore hypothétique retour du Grand Prix au circuit Gilles-Villeneuve de l'île Notre-Dame.
Ben quoi, il a le droit.
Mais vous me connaissez depuis le temps, si Bernie a le droit, me suis-je aussitôt interpellé dans mon coffre-fort intérieur, je dois bien l'avoir moi aussi quelque part, même si je n'ai pas sa puissance, son influence, sa richesse ou sa coiffure. On peut reprocher bien des choses à Bernie, mais pas de ne pas donner d'idées. Depuis (je n'ai pas encore osé), j'entretiens donc le projet de communiquer avec le service de l'imposition et de la taxation afin d'échapper désormais à son long bras. Ce service, j'en aurais un bout à raconter à ce sujet et vous aussi certainement, est un organisme tout à fait sympathique même s'il lui arrive de temps à autre d'envoyer des lettres relativement incompréhensibles. Hautement improbable qu'il me refuse pareille peccadille. Ça lui ferait même une déclaration de moins à traiter chaque année. Gain de productivité, voyez-vous ce que je veux dire?
J'en suis à peaufiner mon argumentaire. Tenter de faire croire que je m'appelle mononcle Bernard et que je suis au milieu de coûteuses procédures de divorce qui menacent de me rincer serait de la plus haute banalité, aussi faut-il faire preuve de subtilité. Fini le contribuable, je pourrais me constituer transfert gouvernemental. Ou alors, je renonce volontairement à mon numéro d'assurance sociale. Devrais-je transformer ma cuisine en paradis fiscal? Ou faire valoir que j'ai d'énormes, mais alors là énormes, retombées économiques? Tant de possibilités et si peu de temps parce que ça s'en vient vite, ces échéances-là.
Mais il reste une certitude: il est sérieusement temps que cette course de voitures automobiles monoplaces affiche son vrai visage et change de nom. Le Gros Prix du Canada, voilà qui reflète la réalité.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

