Madame monsieur
Il était possible de faire connaissance avec d'énormes moments de sport, hier, en visionnant notamment, mais non exclusivement la finale du 800 mètres féminin de course à pied aux Championnats du monde d'athlétisme qui se déroulent du côté de Berlin. La Sud-Africaine Caster Semenya l'a emporté en 1 min 55 s 45, améliorant sensiblement la meilleure performance de la saison qu'elle détenait déjà, 1 min 56 s 72.
Féminin? Pas si vite. En tout cas, moins vite que la dame court. Vous savez un peu comment est notre époque: formidable, certes, mais bourrée d'incertitudes. Y aura-t-il des élections fédérales à l'automne? Les réserves de pétrole seront-elles épuisées en 2050? Canadien nouveau participera-t-il au détail? Tant de questions, et si peu de pistes (dans le sens de) de réponses.
C'est que plusieurs soupçonnent que Caster Semenya, 18 ans, est en réalité un monsieur. Et en consultant sa photo, on constate qu'il y a en effet matière à hésitation. Elle a la musculature plutôt épanouie, et il paraît qu'elle a aussi la voix grave et un sérieux duvet au visage.
Inconnue il y a quelques mois à peine, Semenya s'est fait remarquer par un rendement époustouflant aux derniers championnats d'Afrique juniors, il y a trois semaines. Des chronos trop améliorés pour ne pas attirer l'attention.
La Fédération internationale d'athlétisme, l'IAAF, a demandé aux dirigeants de la délégation sud-africaine de produire des documents établissant hors de tout doute raisonnable le sexe de Semenya. L'IAAF a aussi entrepris des démarches visant à faire subir un test de féminité à la coureuse. Mais ce sera long et compliqué, a-t-on prévenu. Il faudra une évaluation médicale, comprenant les rapports d'un gynécologue, d'un endocrinologue, d'un psychologue, d'un spécialiste de médecine interne et d'un expert en genre sexuel. On ne savait pas jusque-là qu'il existe une profession telle qu'expert en genre sexuel, mais on est sur cette Terre pour apprendre, selon des sources.
Mais à moins d'obtenir la preuve qu'il y a eu tricherie et qu'on a affaire à un homme délibérément devenu femme pour se remplir les poches de médailles — et reconnaissons qu'il s'agirait d'un moyen plutôt radical d'accéder au podium —, l'IAAF ne sait pas ce qu'il adviendra du dossier. «S'il s'agit d'un phénomène naturel et que l'athlète a toujours été une femme ou a toujours pensé qu'elle en était une, il n'y aurait pas de tricherie», a déclaré son porte-parole.
Vous voyez, rapport à cette époque formidable? Suffit de se croire femme pour en être une.
***
Un jour, Brett Favre a décidé de prendre sa retraite. Puis il est revenu au jeu. Puis il a pris sa retraite. Puis il est revenu au jeu. Puis il a pris sa retraite. Puis il est revenu au jeu. Copiez-collez ce qui précède 153 fois, et vous aurez une amorce de début de commencement d'entrée en matière d'esquisse du roman-savon qui occupe une quantité phénoménale de reporters sportifs d'enquête sur le terrain dans les États-Unis d'Amérique.
Mardi, Favre, le quart-arrière étoile qui a passé 16 saisons chez les Packers de Green Bay et une autre dans l'uniforme vert et blanc des Jets de New York, a signé un contrat avec les Vikings du Minnesota, qui font partie de la même division que les Packers. Trois semaines après avoir déclaré qu'il se sentait épuisé après d'intenses entraînements au cours de l'été et que son corps n'avait plus ce qu'il fallait pour passer au travers d'une longue saison de football professionnel américain.
Il avait aussi dit, après avoir refusé l'offre des Vikings: «Je laisse passer une occasion incroyable, et je sais que cette occasion ne reviendra pas.»
Et pourtant, et pourtant, elle est revenue. Ça doit être l'époque qui fait ça. Ceux qui vous disent qu'il n'y a pas de deuxième chance dans la vie sont des imposteurs. Il peut même y en avoir 153.
Le propriétaire principal des Vikings, Zygi Wilf, est personnellement allé chercher Favre chez lui, au Mississippi, dans son avion privé. Ce qui vient nous rappeler à point nommé qu'on dira ce qu'on voudra, il doit être extraordinairement cool de s'appeler Zygi Wilf.
L'ancien grand quart des Vikings dans les années 1960 et 1970, Fran Tarkenton, a qualifié le tout de «cirque absolu». Il a ajouté que Favre avait été «un grand quart-arrière flamboyant, mais il a fait plus de jeux stupides que tous les autres quarts-arrières que j'ai vus».
Selon des sources, mais pas les mêmes que tout à l'heure, Favre devrait annoncer qu'il prend sa retraite aux alentours de samedi midi. Il aurait ainsi le privilège de faire suer les 3000 personnes qui ont acheté des abonnements de saison aux matchs des Vikings depuis avant-hier.
***
Voici venu le temps d'observer une brève pause afin de procéder à une réalimentation des piles internes qui, lorsqu'elles approchent d'être à plat, provoquent le mal d'écrire, et ça, ce n'est jamais bon. De retour fin septembre. D'ici là, portez-vous comme le charme que vous n'avez cessé d'être, ne jouez pas avec votre manger et faites-vous des accroires en prédisant que Canadien nouveau va parader avec la Stanley en juin.
Féminin? Pas si vite. En tout cas, moins vite que la dame court. Vous savez un peu comment est notre époque: formidable, certes, mais bourrée d'incertitudes. Y aura-t-il des élections fédérales à l'automne? Les réserves de pétrole seront-elles épuisées en 2050? Canadien nouveau participera-t-il au détail? Tant de questions, et si peu de pistes (dans le sens de) de réponses.
C'est que plusieurs soupçonnent que Caster Semenya, 18 ans, est en réalité un monsieur. Et en consultant sa photo, on constate qu'il y a en effet matière à hésitation. Elle a la musculature plutôt épanouie, et il paraît qu'elle a aussi la voix grave et un sérieux duvet au visage.
Inconnue il y a quelques mois à peine, Semenya s'est fait remarquer par un rendement époustouflant aux derniers championnats d'Afrique juniors, il y a trois semaines. Des chronos trop améliorés pour ne pas attirer l'attention.
La Fédération internationale d'athlétisme, l'IAAF, a demandé aux dirigeants de la délégation sud-africaine de produire des documents établissant hors de tout doute raisonnable le sexe de Semenya. L'IAAF a aussi entrepris des démarches visant à faire subir un test de féminité à la coureuse. Mais ce sera long et compliqué, a-t-on prévenu. Il faudra une évaluation médicale, comprenant les rapports d'un gynécologue, d'un endocrinologue, d'un psychologue, d'un spécialiste de médecine interne et d'un expert en genre sexuel. On ne savait pas jusque-là qu'il existe une profession telle qu'expert en genre sexuel, mais on est sur cette Terre pour apprendre, selon des sources.
Mais à moins d'obtenir la preuve qu'il y a eu tricherie et qu'on a affaire à un homme délibérément devenu femme pour se remplir les poches de médailles — et reconnaissons qu'il s'agirait d'un moyen plutôt radical d'accéder au podium —, l'IAAF ne sait pas ce qu'il adviendra du dossier. «S'il s'agit d'un phénomène naturel et que l'athlète a toujours été une femme ou a toujours pensé qu'elle en était une, il n'y aurait pas de tricherie», a déclaré son porte-parole.
Vous voyez, rapport à cette époque formidable? Suffit de se croire femme pour en être une.
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Un jour, Brett Favre a décidé de prendre sa retraite. Puis il est revenu au jeu. Puis il a pris sa retraite. Puis il est revenu au jeu. Puis il a pris sa retraite. Puis il est revenu au jeu. Copiez-collez ce qui précède 153 fois, et vous aurez une amorce de début de commencement d'entrée en matière d'esquisse du roman-savon qui occupe une quantité phénoménale de reporters sportifs d'enquête sur le terrain dans les États-Unis d'Amérique.
Mardi, Favre, le quart-arrière étoile qui a passé 16 saisons chez les Packers de Green Bay et une autre dans l'uniforme vert et blanc des Jets de New York, a signé un contrat avec les Vikings du Minnesota, qui font partie de la même division que les Packers. Trois semaines après avoir déclaré qu'il se sentait épuisé après d'intenses entraînements au cours de l'été et que son corps n'avait plus ce qu'il fallait pour passer au travers d'une longue saison de football professionnel américain.
Il avait aussi dit, après avoir refusé l'offre des Vikings: «Je laisse passer une occasion incroyable, et je sais que cette occasion ne reviendra pas.»
Et pourtant, et pourtant, elle est revenue. Ça doit être l'époque qui fait ça. Ceux qui vous disent qu'il n'y a pas de deuxième chance dans la vie sont des imposteurs. Il peut même y en avoir 153.
Le propriétaire principal des Vikings, Zygi Wilf, est personnellement allé chercher Favre chez lui, au Mississippi, dans son avion privé. Ce qui vient nous rappeler à point nommé qu'on dira ce qu'on voudra, il doit être extraordinairement cool de s'appeler Zygi Wilf.
L'ancien grand quart des Vikings dans les années 1960 et 1970, Fran Tarkenton, a qualifié le tout de «cirque absolu». Il a ajouté que Favre avait été «un grand quart-arrière flamboyant, mais il a fait plus de jeux stupides que tous les autres quarts-arrières que j'ai vus».
Selon des sources, mais pas les mêmes que tout à l'heure, Favre devrait annoncer qu'il prend sa retraite aux alentours de samedi midi. Il aurait ainsi le privilège de faire suer les 3000 personnes qui ont acheté des abonnements de saison aux matchs des Vikings depuis avant-hier.
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Voici venu le temps d'observer une brève pause afin de procéder à une réalimentation des piles internes qui, lorsqu'elles approchent d'être à plat, provoquent le mal d'écrire, et ça, ce n'est jamais bon. De retour fin septembre. D'ici là, portez-vous comme le charme que vous n'avez cessé d'être, ne jouez pas avec votre manger et faites-vous des accroires en prédisant que Canadien nouveau va parader avec la Stanley en juin.
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