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Et puis euh - Tout se lave

Jean Dion   12 février 2009  Actualités sportives
Ce sont toujours les mêmes qui ont tout. Prenez par exemple quelqu'un d'ordinaire, qui ne demande pas grand-chose, juste une pause de temps en temps et qu'on lui fiche la paix avec ces histoires d'athlètes dopés qui croient comme Alex Rodriguez que leurs aveux feront en sorte que soit lavée leur réputation sous prétexte qu'avec le temps, tout se lave. A-Rod, soit redit en passant, un gars prenant un soin apparemment jaloux de sa condition physique, ne savait pas ce qu'il prenait exactement comme substance salissante pendant au moins trois ans, mais il savait que c'était interdit. S'il le déclare, ça doit être vrai, bien qu'il y ait un peu de mou dans l'argumentaire.

Donc, quelqu'un d'ordinaire, qui rêve d'un peu d'exotisme et a toujours entretenu comme projet de vacances idéal: aller jouer aux quilles en Alberta. Il travaille fort, gagne durement sa croûte, mais n'a jamais pu aller jouer aux quilles en Alberta.

Alors que Canadien, lui, que fait-il? En plein cela: il se pogne le beigne, joue sans conviction, accumule les revers, et en récompense, il obtient d'aller jouer aux quilles en Alberta. Toujours les mêmes.

En tout cas, il est plutôt lavable, Canadien, par les temps qui patinent à deux lames sur la bottine. Lavé lavé*, par Toronto puis par Calgary, je ne sais pas ce qui s'est passé hier soir à Edmonton en raison de l'antériorité de l'écriture par rapport à l'objet discursif, mais ça ne regardait pas déraisonnablement bien.

(*Hé, ça pourrait faire une toune, ça: lavé lavé. Je m'étonne que personne n'y ait pensé avant.)

Par ailleurs, avez-vous remarqué que les équipes qui lavent les autres les laissent sécher? C'est bien pour dire.

***

Dans la série «affaires qu'on n'aurait jamais pensé connaître un jour parce qu'on n'aurait jamais pensé que quelqu'un se mettrait à la tâche de les chercher, et encore moins de les trouver», le magazine ESPN, qui semble avoir des ressources inépuisables, dévoile dans sa dernière livraison le meilleur siège de sport en Amérique du Nord en ce qui concerne le rapport qualité-prix.

Les stades et amphithéâtres qui accueillent les équipes des ligues nationales de football et de hockey, du baseball majeur et de l'Association nationale de basketball comptent quelque 4,7 millions de places assises. La gagnante? Section 104, rangée 20, siège 1 au New Orleans Arena, domicile des Hornets de la NBA.

Le siège donne directement sur un escalier, ce qui permet une circulation rapide sans que tout le monde ait à se lever pour vous laisser passer. Il fait face au banc des Hornets et n'est qu'à un court trajet d'ascenseur de l'entrée principale de l'immeuble, où une terrasse de bière offre des boissons et des croustilles gratuites avant les matchs. Il est situé à courte distance des latrines, du bureau du service à la clientèle des Hornets et d'un comptoir de la chaîne Cheeburger Cheeburger. Comme le siège se trouve dans une courbe des gradins adjacente à un coin du court, le spectateur qui l'occupe — en l'occurrence un monsieur Eric Rozycki — n'a jamais besoin de tourner la tête pour embrasser toute l'action.

Tout cela pour 40 $US. Et les Hornets ont une pas pire petite équipe.

Et là, je le pressens confusément, vous allez dire ça y est, on vient de pincer mononcle Rogatien en flagrant délit de bâclage d'ouvrage, le cheeburger n'existe pas, il n'a été donné à l'humanité par son créateur que le hambourgeois auquel l'on adjoint une succulente tranchette de fromgi au goût de jaune orange salé plastifiée individuellement, ce qui conduit tout droit à un cheeseburger.

Bref, il y a une sacrée différence entre chee et cheese, d'autant plus que chee ne signifie absolument rien.

Mais il s'agit bel et bien de cheeburger. En fait, le nom vient d'un vieux gag de Saturday Night Live, qui évoquait lui-même la Billy Goat Tavern de Chicago, dont le propriétaire est réputé avoir couvert les Cubs de Chicago d'une malédiction lorsque ceux-ci refusèrent en 1945 de laisser entrer sa chèvre au Wrigley Field, raison pour laquelle les Cubs n'ont pas gagné la Série mondiale depuis 1908. Voyez-moi un peu comme toute est dans toute, passer du basket à la gastronomie au divertissement télévisuel au baseball en quelques lignes alors que le texte se tient solide et que chaque fois la transition se fait avec une douceur exquise.

Toujours est-il que Cheeburger Cheeburger compte 64 établissements à travers les States, et qu'il paraît que ses cheeburgers ont été élus meilleurs cheeseburgers dans 28 villes (détails du scrutin indisponibles). La chaîne, dont le slogan est «Big is better», est reconnue pour son célèbre Pounder, un cheeburger contenant 20 onces de boeuf Angus, soit à peu près l'équivalent de cinq quarts de livre. Ceux qui parviennent à tout engloutir voient leur photo ajoutée à un Wall of Fame disposé dans chaque restaurant.

Par ailleurs, n'est-ce pas formi formi formidable, un Wall of Fame existe aussi pour les enfants de moins de 12 ans qui réussissent à ingurgiter un Serious, soit un cheeburger d'une demi-livre.

La prochaine fois, nous verrons qu'il n'y a pas que les astéroïdes ignobilisants qui permettent de devenir gros.
 
 
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  • Lévis Tremblay - Inscrit
    12 février 2009 11 h 01
    Vous faite ma journée.
    M. Dion,
    J'aime vos chroniques pas seulement à cause des sujets traités, mais aussi en grande partie à cause votre talent à inventer ces amusantes expressions tortueusement évidentes dont vous seul avez le secret.
    Aujourd'hui, c'est "...mais ça ne regardait pas déraisonnablement bien." qui fait ma journée.
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  •  
  • Yves Rousseau - Abonné
    13 février 2009 20 h 08
    Le vrai sens le «la plotte à terre»
    Bonjour M.Dion,

    Mon texte n'a rien à voir avec votre chronique du jour mais j'écoute présentement le Sportnographe et je ris beaucoup tout en sentant votre présence souterraine dans l'intratexte et l'infratexte du programme (de même que dans l'extratexte).

    Je pense que vous êtes le seul journaliste en ville à pouvoir saisir dans toute sa splendeur mordorée la vérité sur les véritables intentions du brave député français qui accueillit d'une expression colorée notre PM provincial (avec tout ce que le mot «provincial» implique en France).

    En fait, le Mr Français (J'écris Mr au lieu de M pour faire français de France, justement, comme il a voulu faire québécois) en question voulait simplement s'informer (et compatir) de la situation désastreuse de la Caisse de dépot et placement du Québec, caisse qui est, selon l'expression consacrée : «le bas de l'aine» des québécois.

    Pas besoin de pousser plus loin pour comprendre ce qui se trouve dans le bas de l'aine de la majorité de la population, dite féminine.
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