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Et puis euh - La boîte à beurre

Jean Dion   25 novembre 2008  Actualités sportives
Dites donc, entre vous et moi et la boîte à beurre*, ça commence à drôlement ressembler à un autre complot ourdi par les forces du mal. L'autre jour, c'est Bernie Ecclestone qui veut des dizaines et des dizaines de millions pour son concours de machines. Hier, on apprend que Major League Soccer veut des dizaines et des dizaines de millions pour que notre Impact s'y joigne. Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à fixer sur l'argent? Ne savent-ils pas que les biens de ce monde sont dérisoires et que l'important est d'avoir une belle personnalité? À quoi sert-il de conquérir le monde si on y perd son âme? Tant de questions et si peu de temps.
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  • Louis Perreault - Abonné
    25 novembre 2008 07 h 11
    Boite à beurre?
    C'est pas plutôt la baratte à beurre??
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  • Judith Hamel - Abonnée
    25 novembre 2008 08 h 48
    boîte...à bois!
    Chez nous,on disait "boîte à bois", élément mobilier bien répandu chez les gens ordinaires!
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  • Pascal Barrette - Abonné
    25 novembre 2008 11 h 36
    Boite à beurre, boite à bois
    Ben voyons donc MTCJ, la boite à beurre est un icône de NOTRE culture québécoise. Même si pour certains je vis «à l'étranger», je demeure profondément Québécois. Cette fois-ci, manière subtile de laisser croire à ces «certains» que ce n'est pas toujours le cas, je sais de quoi je parle. D'abord, l'expression courante était plutôt «entre toé pi moé pi la boite à bois». Mais comme toute expression populaire, elle a connu des variantes comme «...pi la boite à beurre». En voici l'histoire.

    Mon père était gérant de la beurrerie de Lorrainville, capitale mondiale des Barrette - à preuve le grand-père de Marie-Claude Barrette, mon oncle Ti-Jo et son père, dont j'oublie le nom tellement nous avions alors de cousins, y sont nés, - petit village bucolique à cinq milles de Ville-Marie elle-même lovée contre le beau et long Lac Témiscamingue, frontière entre le Québec et l'Ontarie. Trêve de généalogie et de géographie, revenons à la beurrerie. Celle-ci, comme l'indique son nom, fabriquait du beurre dans une immense baratte («machine à battre la crème pour en extraire le beurre» selon le Petit Robert) ou cylindre en aluminium qui dans ma petite tête d'enfant, à cet âge où je ne savais pas encore ce qu'était qu'un diamètre, devait bien en être de six pieds. Ma mère avait aussi une baratte maison, grand vase de verre d'un pied de haut dans lequel tournait un mixeur activé au-dessus par une manivelle qu'à tour de rôle nous tournions gaiement pour fabriquer notre propre beurre. Avec dix enfants dans la maison, le beurre maison devait coûter moins cher que le beurre de la baratte de la beurrerie, mon père en fût-il le gérant. D'autant que même vivant dans le village, vachement utile, nous avions notre propre vache, notre vache maison pourrions-nous dire. Toujours est-il que lorsque le beurre de la beurrerie était ainsi baratté - mon père s'appelait comme moi Barrette, comme quoi, je vous le rappelle, il y une prédestinée dans les noms- on le mettait dans des boites à beurre en plywood, c'est comme ça qu'on appelait dans ce temps-là le contreplaqué. Ces boites parfaitement cubiques, quelque chose comme un pied cube, une fois remplies et scellées par de bon vieux clous, étaient envoyées je ne sais où. C'est comme ça un enfant, quand une chose est partie, il ne la voit plus, il ne la sait plus. D'où l'expression, «pour le croire, faut le voir».

    Faut dire que les boites à beurre, je les voyais plus souvent vides que pleines de beurre. Toutes les familles avaient leur boite à beurre pour y ranger toutes sortes de cossins, dont parfois du bois de chauffage, d'où la variante « entre toé pi moé et la boite à bois» celle-ci étant parfois une boite à beurre. Quoi qu'il en fût, il y avait une boite à beurre dans toutes les familles. C'était comme aujourd'hui, t'sé, traduction moderne, mettons, une zapette. C'était un objet du quotidien qu'on pouvait voir de n'importe ioù dans la cuisine.

    La veille de la Ste-Catherine dont c'est aujourd'hui l'anniversaire, l'auriez-vous oublié, pendant que les femmes du Cercle des fermières, dont ma mère était présidente, étiraient et roulaient la tire autour de la table, les hommes discutaient au bout de la cuisine en compagnie du curé qui pour l'occasion était venu se sucrer le bec. Comme dans ce temps-là on ne chattait pas mais qu'on se parlait pour de vrai dans une chaise berçante, il était immanquable d'apercevoir, entre une tirée de pipe et une sage réflexion sur la neige qui venait de tomber, la fameuse boite à beurre. Et quand d'aventure on voulait émettre à un adulte une opinion que le curé eût interdite ou censurée - dans ce temps-là les adultes ne parlaient aux enfants que pour leur demander leur âge- et pour ne pas que les enfants ne l'entendissent - il y en avait alors tout autour- on se penchait vers son interlocuteur assis sur la berceuse voisine et, pour du coup subtilement l'enjoindre de ne pas répéter la dite opinion interdite, on lui soufflait en sourdine à l'oreille: «entre vous et moi et la boite à beurre...».

    Pascal Barrette
    Ottawa
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  • Normand Chaput - Abonné
    25 novembre 2008 16 h 59
    plus prosaiquement (excusez le tréma mais je ne l'ai pas trouvé)
    Premièrement ce n'est pas entre vous et moi mais entre toé pis moé. Parce que cette expression était une certaine camaderie qui sous-entendait une critique des classes sociales. Effectivement, comme le dit si bien monsieur Barrette, la boîte à beurre ou à bois était omni-présente dans les familles. Mais pas chez le curé ou chez le notaire et encore moins dans l'inaccessible haute société. Alors pour dire un avis qui n'était pas sanctionné par l'élite, il ne fallait pas de témoin qui aille papoter
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