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LONDRES 2012 - Des responsables britanniques à Pékin

12 août 2008  Actualités sportives
Londres — Alors que les jeux Olympiques de Pékin battent leur plein, des centaines de responsables britanniques ont fait le déplacement en Chine pour observer leur déroulement et tirer les enseignements devant permettre de préparer au mieux les Jeux de 2012 à Londres.

Ils doivent à Pékin visiter les principaux sites des JO et notamment évoquer avec les organisateurs chinois les problèmes d'hébergements, pour voir comment ceux-ci ont fait face à un afflux de 15.000 athlètes et dirigeants, 20 000 journalistes et des dizaines de milliers de supporteurs.

Le Premier ministre britannique Gordon Brown les rejoindra bientôt. Il a choisi de ne pas assister à la cérémonie d'ouverture, mais doit se rendre, accompagné du maire de Londres, Boris Johnson, à la cérémonie de clôture lors de laquelle le relais sera transmis à la capitale britannique.

Pour les Britanniques, les leçons à tirer de l'exemple chinois devront cependant être relativisées au regard de l'importante différence entre les budgets des deux comités d'organisation.

Le budget des Jeux de Pékin - les plus onéreux de l'histoire - serait de 20 milliards de livres (25 milliards d'euros), selon des informations de presse. Celui des JO de Londres, fixé initialement à 3,4 milliards de livres (4,3 milliards d'euros), a déjà triplé pour atteindre 9,3 milliards de livres (11,8 milliards d'euros).

Un montant suffisant pour faire grincer quelques dents en Grande-Bretagne, où l'on n'a pas oublié le gouffre financier occasionné par quelques projets d'ampleur comme le stade de Wembley ou le Dôme du Millénaire.

Paul Deighton, le directeur général du comité d'organisation des Jeux de Londres, a ainsi par avance prévenu contre toute comparaison avec Pékin.

«Les Jeux de Pékin pourraient au final se révéler uniques. Je ne suis pas bien sûr que beaucoup d'autres pays auraient les ressources ou le contrôle de ces ressources pour pouvoir les mettre au service d'un événement comme celui-ci», a-t-il dit dans des propos rapportés par les médias britanniques.

«Je pense qu'il est beaucoup plus probable que Londres soit le modèle pour les Jeux à l'avenir», a-t-il ajouté.

La ministre britannique déléguée aux jeux Olympiques, Tessa Jowell, est plus optimiste. «Je ne suis pas effrayée ou intimidée par les chiffres de l'échelle de ceux que l'on voit en Chine. Ayez juste confiance dans le fait que Londres accueillera de grands Jeux dans quatre ans», a-t-elle déclaré sur la chaîne Sky News.

Les responsables britanniques présents en Chine y évoqueront aussi très probablement les questions de transport et de sécurité.

La sécurité promet d'être l'un des défis majeurs pour Londres. Le 7 juillet 2005, au lendemain de l'attribution à Londres des JO 2012, des attentats dans les transports en commun de la capitale avaient tué 56 personnes, dont les quatre kamikazes.

La Chine, inquiète des menaces proférées par des militants islamistes, a de même mis l'accent sur la sécurité. Un attentat perpétré dimanche contre un commissariat de police dans la province du Xinjiang (ouest de la Chine) s'est soldé par la mort de dix assaillants et d'un garde de sécurité.

Malgré ce contexte, des observateurs doutent que Londres puisse tirer énormément d'enseignements de l'expérience chinoise.

«Je ne pense pas qu'on puisse apprendre beaucoup des précédentes villes organisatrices, parce que chacune est différente», a estimé James Kennell, de l'École de commerce de l'université de Greenwich, à Londres, organisateur cette année d'une conférence sur les Jeux.

«Ce que la Chine montre c'est que si vous y mettez les moyens financiers et humains, vous pouvez achever (les infrastructures) à temps et ça aura l'air fantastique. Personne ne sera capable de répéter cela dans un avenir proche», a-t-il affirmé.
 
 
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