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Mainmise américaine sur la Coupe des Présidents

Tiger Woods félicitant l’Ontarien Mike Weir à l’issue de l’un des matchs individuels qui ont clôturé le tournoi de la Coupe des Présidents, hier, à Montréal.
Photo : Jacques Nadeau
Tiger Woods félicitant l’Ontarien Mike Weir à l’issue de l’un des matchs individuels qui ont clôturé le tournoi de la Coupe des Présidents, hier, à Montréal.
Une belle victoire de l'Ontarien Mike Weir sur le célèbre Tiger Woods n'a pas suffi, hier, au club de golf Royal Montréal de l'Île-Bizard à Montréal, pour permettre à l'équipe internationale de combler le retard qu'elle accusait sur les Américains qui ont encore une fois remporté le tournoi de la Coupe des Présidents. L'équipe de 12 joueurs constituée par l'ancien champion de golf Gary Player a pourtant dominé la sélection du capitaine américain, Jack Nicklaus, en ce dernier jour du tournoi commencé jeudi. Elle a en effet remporté 7 des 12 matchs individuels prévus hier.

Les Américains n'avaient toutefois besoin de gagner que trois matchs pour remporter les honneurs tant l'avance qu'ils s'étaient bâtie lors des matchs par équipe les trois premiers jours était grande. Les champions défendant ont finalement remporté le tournoi par 19,5 points contre 14,5 points pour leurs adversaires.

Parmi les matchs d'intérêt, la confrontation au sommet entre Phil Mickelson et Vijay Singh a rapidement tourné à l'avantage de l'Américain qui disposait déjà de 5 trous d'avance sur le Fidjien après 12 trous de joués. Le Sud-Africain Ernie Els a quant à lui été longtemps mené par Lucas Glover avant de le rattraper et le coiffer au poteau. Un autre Sud-Africain, Retief Goosen, s'est également bien repris contre le redoutable Jim Furyk en remportant son match par deux trous après que l'Américain eut pris la tête dès le départ en réussissant un aigle au deuxième trou.

Le match le plus suivi a toutefois été celui de Mike Weir contre Tiger Woods. Étant l'un des meilleurs de son équipe durant tout le tournoi, l'Ontarien s'était vu confier par son capitaine, Gary Player, la tâche presque impossible de barrer la route au Mozart de la petite balle blanche. Pas intimidé, il a bien entrepris la journée en se bâtissant une avance de trois trous dès le 6e trou. Fidèle à son habitude, le champion américain a entrepris une remontée qui allait lui donner une avance d'un trou sur le Canadien avec seulement deux trous à jouer. Ce dernier ne s'est toutefois pas laissé abattre. Après avoir remporté le 17e trou, il a poussé le meilleur joueur du monde à la faute au 18e trou, la balle de départ du tigre atterrissant entre les quenouilles et les grenouilles.

Trop peu, trop tard

La cause de l'équipe internationale était cependant déjà entendue, et la belle victoire de Mike Weir n'allait rien y changer. «Je suis habité par des sentiments contradictoires», a commenté le Canadien. «C'est peut-être encore plus spécial de battre Tiger, ici, au Canada, que de gagner le tournoi des Maîtres», a-t-il déclaré à propos du prestigieux tournoi du Grand chelem qu'il a remporté en 2003. «En même temps, c'est la quatrième fois que je participe à ce tournoi et que notre équipe ne gagne pas. Ç'a été une semaine très chargée émotivement.»

L'équipe américaine avait entrepris le tournoi en force en remportant cinq des six matchs disputés jeudi, leur donnant d'entrée de jeu un score de 5,5 points contre seulement 0,5 point pour leurs adversaires. La paire formée par Mike Weir et Vijay Singh avait été la seule à tenir le coup en arrachant un match nul (et le 0,5 point qui allait avec) à leurs opposants Phil Mickelson et Woody Austin. Les Internationaux s'étaient repris de belle façon, le lendemain, en remportant quatre victoires et un match nul, ramenant du même coup le score à 7 points pour l'équipe américaine contre 5 points pour eux. Ils allaient cependant tout gâcher, samedi, en perdant les cinq matchs joués en matinée selon la formule des coups alternatifs et n'arrivant pas à mieux faire, en après-midi, que de diviser 50-50 les honneurs de cinq autres matchs joués, cette fois, selon la formule deux balles, meilleure balle. Avec un total de seulement 7,5 points contre 14,5 pour les Américains, ils se savaient, hier, déjà pratiquement défaits à moins d'un effondrement de leurs opposants qui ne s'est produit.

Commencé sous la pluie, le tournoi s'est conclu par une belle journée d'automne. Les nombreux spectateurs présents sur le site n'ont pas caché leur bonheur de pouvoir voir de si près leurs joueurs préférés du circuit professionnel de la PGA (Professional Golfers' Association). Souvent drapés de la feuille d'érable, ils ont réservé leurs meilleurs encouragements et applaudissements aux membres de l'équipe internationale.

«Il y a longtemps que je n'avais pas vu une foule aussi enthousiaste à un tournoi. Je crois même n'avoir jamais vu cela», a affirmé leur capitaine, le Sud-Africain Gary Player.

C'était la première fois que le Canada était l'hôte de la Coupe des Présidents de la PGA. Les organisateurs attendaient pour l'occasion 132 000 spectateurs et plus de 300 journalistes. Télédiffusé dans 140 pays, l'événement avait un auditoire potentiel dépassant le milliard de personnes.

Un tournoi pas comme les autres

Disputée tous les deux ans depuis 1994 en alternance avec un autre tournoi, celui de la Coupe Ryder qui oppose, celle-là, les États-Unis à l'Europe, la Coupe des Présidents n'a pas l'habitude d'échapper aux Américains. En sept éditions, ces derniers ne l'ont perdue qu'une fois et partagée une autre fois. Leur domination a longtemps été tout aussi grande à la Coupe Ryder, qui existe depuis 80 ans, jusqu'à ce que l'on décide enfin d'élargir la composition de l'équipe européenne à d'autres pays que seulement la Grande-Bretagne et l'Irlande, à la fin des années 70.

Ces deux événements se démarquent à plus d'un point de vue des autres tournois de golf professionnel. Sélectionnés par un grand joueur à la retraite, leurs participants luttent pour l'honneur de l'équipe plutôt que pour leur seule gloire personnelle et de juteuses bourses. Les gagnants des matchs individuels et par équipe de deux n'y sont pas ceux qui ont frappé le moins de coups à la fin du tournoi, mais ceux qui ont remporté le plus de trous contre leurs adversaires. La règle cardinale est censée y être le fair play et il est d'usage, par exemple, de concéder à ses adversaires les coups roulés les plus faciles.

Le degré de rivalité peut devenir très grand entre Américains et Européens, qui jouent souvent, durant le reste de la saison, chacun de leur côté dans des circuits différents. L'ambiance est nettement plus décontractée entre les Américains et les joueurs «du reste du monde» qui ont l'habitude de se côtoyer dans le circuit américain, quand ils n'habitent pas carrément les mêmes quartiers.

Les Sud-Africains Retief Goosen et Trevor Immelman sont par exemple des voisins de Tiger Woods, à Orlando, en Floride. Leur compatriote Rory Sabbatini habite quant à lui au Texas, tout comme le Sud-Coréen K.J. Choi. La vedette locale, Mike Weir, ne vit pas non plus dans sa ville natale de Sarnia, au Canada, mais en Utah, aux États-Unis.

Avec La Presse canadienne
 
 
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