Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?
    Abonnez-vous!

    Haro sur les doses de cheval

    Le Tour de France des OGM à peine terminé, voilà que l'Agence mondiale antidopage (AMA) annonce qu'elle peaufine la révision d'un code qui sera décliné à l'automne lors d'un congrès mondial sur le sujet, qui en fâche certains et en gêne beaucoup d'autres. Pour contrer l'inclination grandissante qu'ont les athlètes pour les doses de cheval, l'AMA suggère un net durcissement des sanctions.

    Au cours du congrès qui se tiendra à Madrid, l'organisme montréalais proposera à tous les comités olympiques ainsi qu'à toutes les fédérations internationales et les associations qui adhèrent à sa mission que le sportif déclaré positif à la faveur d'un examen soit suspendu pendant quatre ans. L'AMA va également proposer que le recours classique au test d'urine s'accompagne d'un recours plus fréquent à des tests sanguins. Le tout sera augmenté de conseils qui, c'est à noter, ont été formulés après les consultations que les professionnels de l'AMA ont menées auprès de ces comités, fédérations et autres. Autrement dit, si certains parmi ceux-ci refusent de coller à cette révision du code, ils devront faire preuve de doigté pour justifier une attitude contraire à l'air du temps, du moins celui provoqué par l'inflation de scandales qui a marqué le dernier Tour de France.

    Signe d'une adaptation aux manoeuvres faites par les malfrats du sport entre la première mouture du code et sa révision actuelle — on pense à la participation de cyclistes à un réseau organisé —, l'introduction de nouvelles mesures a été décidée. Bref, tout a été fait pour que ce fléau soit réduit à une peau de chagrin. Dans la mesure du possible, évidemment, car tout dépend...

    ... de la bonne volonté de certaines organisations. Et là, on pense en particulier aux organisations professionnelles nord-américaines. Contrairement à l'Union cycliste internationale, à la Fédération internationale de football association, au tennis, et on en passe, les mondes du baseball, du football, du hockey et du basket n'ont pas signé le code. Dans un cas, celui de la NFL, de grands efforts ont tout de même été réalisés ces dernières années pour limiter notamment la consommation de stéroïdes.

    En effet, après négociation avec l'association des joueurs, les autorités concernées ont indiqué que, dès cette saison, le nombre de tests hebdomadaires serait multiplié par quatre. On le répète: cette décision est le fruit d'une négociation avec le syndicat des joueurs, ce qui n'est pas encore le cas, ou si peu, du hockey et du baseball.

    Cela étant, dans sa campagne de nettoyage, l'AMA vient d'hériter, si on peut dire, d'alliés inattendus: les commanditaires et... les preneurs aux livres britanniques et irlandais, soit ceux qui jonglent avec des milliards et des milliards de dollars américains, d'euros et de livres sterling. Ils ne sont pas contents du tout; ils sont furieux, en colère, au bord de la crise de nerfs. En effet, perdre de l'argent quand on est censé en engranger, ça fait désordre dans le rapport aux actionnaires.

    Toujours est-il que dans une récente livraison, le Financial Times rapportait l'exemple du bookmaker irlandais Paddy Power, un géant de cette industrie, qui, à cause des cyclistes Alexandre Vinokourov et Michael Rasmussen, a été dans l'obligation de rembourser des milliers et des milliers de livres. Pire, pour les organisateurs du Tour, deux parieurs ont décidé d'intenter une poursuite de plusieurs millions parce que les organisateurs en question avaient ordonné le renvoi d'une équipe au grand complet.

    Du côté des commanditaires, c'est à se demander quand la cascade de retraits va s'arrêter. Qu'on y pense: Adidas, le Crédit Lyonnais, Cofidis, Volkswagen, Audi, Deutsche Telekom et bien d'autres ont indiqué leur intention de divorcer. Dans d'autres sports, ont constaté les gazettes financières, bien des annonceurs s'interrogent sur l'utilité de s'associer à des activités sur lesquelles pèse la suspicion de dopage.

    Chose certaine, tous ou presque tous planchent sur la politique arrêtée en la matière par Heineken. Au terme des années 90, après une série de scandales, la direction du brasseur néerlandais avait décidé de commanditer une manifestation sportive plutôt qu'une équipe sportive ou un athlète en particulier. Cette entreprise estime que lorsqu'une vedette d'un club anglais de foot, par exemple, fait la manchette des journaux pour ses frasques nocturnes, ce sont les annonceurs de l'équipe qui en souffrent et non Heineken, même si elle est commanditaire numéro un du championnat d'Angleterre. À méditer.
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel