Passer à la version normale du sitePasser à la version large du siteTaille d'écran
  • Facebook
  • Twitter
  • RSS
  • fermer

    Connexion au Devoir.com

    Mot de passe oublié?

    L'argent dopé

    Des compétitions de tir à l'arc au cyclisme en passant par le baseball, le football, le hockey et autres jeux du stade, on observe que le recours au dopage est aussi constant que prononcé. Les commissions d'enquête, les arrestations de trafiquants et l'adoption de mesures n'ayant pas réduit cette inclination pour la triche, les Allemands ont adopté un angle d'attaque propre à semer la frayeur chez les organisateurs. Lequel? L'argent.

    Tout a commencé avec un éditorial du Berliner Zeitung publié la veille ou l'avant-veille du Tour de France. Dans ce texte, la direction du journal indiquait que ses reporters affectés à la couverture de cet événement s'abstiendraient de relater les performances et contre-performances des «bodybuildés» pédaleurs pour mieux s'appliquer aux méfaits du dopage et aux liens mafieux qu'ils impliquent obligatoirement. Sa position, le quotidien la justifiait ainsi: «Même s'il y a eu récemment des développements positifs en matière de lutte au dopage, on ment et trompe toujours, on cache la vérité, la dissimule, la distend.»

    Simultanément, ARD et ZDF, les réseaux de télévision publics du pays, ont prévenu qu'au moindre délit elles suspendraient la retransmission de cet événement, transformé depuis longtemps en une course aux prouesses chimiques. Elles faisaient ainsi écho au souhait manifesté par des citoyens écoeurés par les exploits pharmaceutiques de leur compatriote Jan Ullrich et des membres de son équipe. Plus exactement, ces citoyens estimaient immoral que les deniers publics servent à financer un sport de ripoux.

    Aussitôt le jeune Patrik Sinkewitz déclaré positif, la semaine dernière, à la testostérone, ARD et ZDF ont rangé leurs caméras. Soit avant qu'on n'apprenne que l'un des favoris, le Danois Michael Rasmussen, aurait brillé par son absence lors de deux séances de test. Dans les raisons ayant convaincu les télés de plier bagage, une doit être particulièrement soulignée: à la fin du mois de mai dernier, le médecin chef, on insiste, le médecin CHEF de la délégation allemande aux Jeux olympiques d'hiver de 2006 a confessé sa participation à la distribution de produits illicites.

    Toujours est-il que le départ des chaînes allemandes est un coup très dur pour les organisateurs du Tour. Surtout pour leur portefeuille. Car le réseau public allemand était le deuxième bailleur de fonds en importance derrière France Télévision. Conséquence immédiate: le commandité Tour de France vient de perdre de sa valeur. Celle-ci risque même de fondre comme neige au soleil si France Télévision imite sa contrepartie allemande, comme certains la pressent de faire. Il faut dire que le groupe Amaury, propriétaire du Tour, dispose de moyens propres à lancer une contre-offensive musclée: les quotidiens L'Équipe et Le Parisien lui appartiennent.

    Le conflit d'intérêt est patent, mais cela ne semble pas émouvoir grand monde. En tout cas, les organisateurs se sont sentis suffisamment confortables pour critiquer la décision des autorités danoises concernées. De quoi s'agit-il? Ces dernières ont annoncé la suspension de Rasmussen de l'équipe nationale danoise pour ses dérobades. Cette décision ayant été rendue publique pendant que le Tour se poursuit, les patrons de ce dernier se sont dits chagrinés.

    De ce côté-ci de l'Atlantique, l'attaque sur le flanc financier des compétitions n'est pas à l'ordre du jour. Loin de là. Inquiétées par les révélations faites par des joueurs de baseball lors d'audiences au Congrès, le commissaire de la Ligue nationale s'est empressé de former une commission d'enquête dirigée par l'ex-sénateur George Mitchell. L'objectif? Sauver l'image de ce sport et éviter surtout que les politiciens s'en mêlent. Au terme de son travail, Mitchell remettra son rapport à Bud Selig, le patron de la ligue, qui s'est engagé à rendre public le document. En tout ou en partie? Cela reste à déterminer car si les soupçons qui pèsent sur certaines vedettes s'avèrent plus dévastateurs...

    Pour ce qui est de la Ligue nationale de football, elle a de bonnes longueurs d'avance sur d'autres. Après des négociations entre autorités et représentants des joueurs, il a été décidé d'augmenter de manière prononcée le nombre de tests de dépistage dès cette année. Ils ont aussi convenu d'alourdir les peines encourues par les délinquants. Reste à voir évidemment comment cela va s'effectuer. Cela étant dit, c'est à se demander quand viendra le jour où on mettra un terme aux finasseries carnassières des organisateurs et des propriétaires.
     
     
    Édition abonné
    La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
     
     












    CAPTCHA Image Générer un nouveau code

    Envoyer
    Fermer
    Blogues

    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Articles les plus : Commentés|Aimés
    Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel