Des nouvelles du sport
La Ligue nationale de hockey a annoncé que la prochaine fois qu'un joueur fera quelque chose de pas correct, elle pourrait songer à penser à imaginer de peut-être sévir à son endroit.
«Ce n'est pas que nous voulions nous montrer particulièrement sévères, mais il est en effet du domaine des possibilités que, dans un avenir indéterminé, il soit vaguement envisagé qu'un geste incompatible avec le volumineux livre des règlements de la NHL puisse être examiné par un comité consultatif et déboucher sur des recommandations générales prévoyant à long terme une sanction quelconque. Enfin, on verra», a déclaré un porte-parole de la Ligue nationale, qui tient à préciser qu'il n'a jamais lui-même vu le livre des règlements, qui n'est de toute façon jamais appliqué, et qu'il serait donc bien en mal de dire ce qui constitue au juste un acte pas correct.
«En tout cas, les coups à la tête ne sont pas visés par cette ébauche de pré-projet de resserrement relatif hypothétique de notre code de conduite non écrit», a fait savoir le porte-parole. «Je veux dire, un gars qui se promène avec la rondelle la tête bien haute pour trouver un coéquipier à qui faire une passe, qu'est-ce qu'il fait, je vous le demande un peu? Il cherche le trouble, voilà ce qu'il fait. En voilà un qui a l'arrogance de prétendre vouloir déjouer un adversaire. Et l'adversaire devrait se laisser manger la laine sur le dos sans répliquer? Non, messieurs dames, pas dans un circuit marqué du sceau indélébile de la virilité comme le nôtre. De toute manière, l'arrogant porte un casque, et les casques sont justement faits pour qu'il ne soit pas répréhensible de frapper un arrogant à la tête.»
Selon le porte-parole, il n'est pas plus inacceptable d'«administrer une bonne claque s'a suce» à un joueur qui n'est pas en possession du disque, car celui-ci a tout loisir de voir venir son agresseur et de «se tasser de d'là».
«Ou bien le coupable d'avoir couru après la commotion cérébrale pour pouvoir rester tranquillement chez lui à percevoir son salaire indécent se trouve sur le bord de la rampe — et on peut se demander ce qu'il fait là — et devrait savoir que celle-ci n'est pas matelassée, non plus que la baie vitrée, comme son nom l'indique clairement, ou bien il évolue au milieu de la surface glacée et est parfaitement au courant que la circulation y est lourde et que le hockey est le sport non motorisé le plus rapide du monde à l'exception possible du ski alpin, de la luge biplace et du parachutisme. Dans les deux cas, il n'a pas à venir brailler», a poursuivi le porte-parole.
Les coups vicieux par derrière, le maniement du bâton élevé, les attaques aux genoux et les bagarres avec les mains pleines de foil ne font pas davantage partie du catalogue des gestes que la NHL examine.
«Mettez 12 gars pleins à ras bord d'ardeur juvénile et de désir de vaincre, en patins, sur une surface aux dimensions limitées par le fait que nous ne voulons pas perdre quatre ou cinq rangées de sièges à prix prohibitifs, et vous allez nécessairement obtenir des saloperies qu'il serait absurde de chercher à abolir, et pas seulement parce que quatre arbitres ne peuvent pas tout voir», a enchaîné le porte-parole. «C'est le hockey. Et le monde aime ça. Le monde aime l'idée qu'un gars peut faire des coups pendables et s'en tirer sans punition, car ça lui permet d'imaginer qu'il pourrait tenter la même chose, tricher l'impôt par exemple ou accélérer quand le feu passe au jaune.»
«Il est hors de question que nous nous aliénions nos 300 fans aux États-Unis.»
Si les actes fautifs demeurent donc inconnus, les sanctions, elles, sont plus claires. Ainsi la NHL a-t-elle annoncé que des suspensions à purger en juillet et août n'étaient pas à écarter comme ça.
«L'été représente le moment par excellence pour montrer que la NHL contrôle la situation tout en ne portant pas préjudice indu aux joueurs et aux clubs qui comptent sur leurs précieux services», a indiqué le porte-parole. «En plus, les joueurs de hockey professionnel n'ont rien à faire pendant l'été, ce qui leur donne tout le temps de réfléchir aux conséquences de leurs gestes.»
La NHL a par ailleurs confirmé que d'autres mesures portant sur l'ensemble de la situation seraient rendues publiques d'ici une quinzaine d'années.
De son côté, le commissionnaire Gary Bettman a émis un communiqué sur le sujet, mais les phrases en étaient tellement emberlificotées que personne n'a rien compris. «C'est pas grave. Vous savez comme moi que monsieur le commissionnaire ne parle jamais pour dire quelque chose», a conclu le porte-parole.
***
Un athlète qui s'est fait pogner pour dopage a dû fouiller dans sa mémoire pour déterminer à quel moment il avait bien pu prendre des substances illicites à son propre insu.
«Je ne sais même pas ce qu'est la drogue. Il est donc radicalement impossible que j'aie pu volontairement entrer en contact avec elle», a déclaré l'athlète lors de sa comparution devant les autorités compétentes.
«À un moment donné, j'ai serré la main d'un gars. Il en a peut-être profité pour m'administrer une pommade illégale dans la région», a supputé l'athlète. «Puis, le lendemain, j'ai caressé les cheveux de ma charmante épouse. Dieu sait ce qu'ils mettent dans le shampoo de nos jours.»
L'athlète a également déclaré qu'avant la compétition, il avait commis l'étourderie de manger au restaurant, de s'asseoir sur un banc public et de respirer l'air du dehors, toutes occurrences susceptibles d'avoir conduit à son intériorisation de produits dopants — «C'est effarant ce que les gens laissent traîner partout» — et au passage subséquent d'un test positif.
«Je peux vous assurer que je suis un athlète propre», a-t-il protesté. «Peut-être trop propre, même. Je vais y penser à deux fois avant de me laver avec de l'eau dont on ne sait pas d'où elle vient.»
jdion@ledevoir.com
«Ce n'est pas que nous voulions nous montrer particulièrement sévères, mais il est en effet du domaine des possibilités que, dans un avenir indéterminé, il soit vaguement envisagé qu'un geste incompatible avec le volumineux livre des règlements de la NHL puisse être examiné par un comité consultatif et déboucher sur des recommandations générales prévoyant à long terme une sanction quelconque. Enfin, on verra», a déclaré un porte-parole de la Ligue nationale, qui tient à préciser qu'il n'a jamais lui-même vu le livre des règlements, qui n'est de toute façon jamais appliqué, et qu'il serait donc bien en mal de dire ce qui constitue au juste un acte pas correct.
«En tout cas, les coups à la tête ne sont pas visés par cette ébauche de pré-projet de resserrement relatif hypothétique de notre code de conduite non écrit», a fait savoir le porte-parole. «Je veux dire, un gars qui se promène avec la rondelle la tête bien haute pour trouver un coéquipier à qui faire une passe, qu'est-ce qu'il fait, je vous le demande un peu? Il cherche le trouble, voilà ce qu'il fait. En voilà un qui a l'arrogance de prétendre vouloir déjouer un adversaire. Et l'adversaire devrait se laisser manger la laine sur le dos sans répliquer? Non, messieurs dames, pas dans un circuit marqué du sceau indélébile de la virilité comme le nôtre. De toute manière, l'arrogant porte un casque, et les casques sont justement faits pour qu'il ne soit pas répréhensible de frapper un arrogant à la tête.»
Selon le porte-parole, il n'est pas plus inacceptable d'«administrer une bonne claque s'a suce» à un joueur qui n'est pas en possession du disque, car celui-ci a tout loisir de voir venir son agresseur et de «se tasser de d'là».
«Ou bien le coupable d'avoir couru après la commotion cérébrale pour pouvoir rester tranquillement chez lui à percevoir son salaire indécent se trouve sur le bord de la rampe — et on peut se demander ce qu'il fait là — et devrait savoir que celle-ci n'est pas matelassée, non plus que la baie vitrée, comme son nom l'indique clairement, ou bien il évolue au milieu de la surface glacée et est parfaitement au courant que la circulation y est lourde et que le hockey est le sport non motorisé le plus rapide du monde à l'exception possible du ski alpin, de la luge biplace et du parachutisme. Dans les deux cas, il n'a pas à venir brailler», a poursuivi le porte-parole.
Les coups vicieux par derrière, le maniement du bâton élevé, les attaques aux genoux et les bagarres avec les mains pleines de foil ne font pas davantage partie du catalogue des gestes que la NHL examine.
«Mettez 12 gars pleins à ras bord d'ardeur juvénile et de désir de vaincre, en patins, sur une surface aux dimensions limitées par le fait que nous ne voulons pas perdre quatre ou cinq rangées de sièges à prix prohibitifs, et vous allez nécessairement obtenir des saloperies qu'il serait absurde de chercher à abolir, et pas seulement parce que quatre arbitres ne peuvent pas tout voir», a enchaîné le porte-parole. «C'est le hockey. Et le monde aime ça. Le monde aime l'idée qu'un gars peut faire des coups pendables et s'en tirer sans punition, car ça lui permet d'imaginer qu'il pourrait tenter la même chose, tricher l'impôt par exemple ou accélérer quand le feu passe au jaune.»
«Il est hors de question que nous nous aliénions nos 300 fans aux États-Unis.»
Si les actes fautifs demeurent donc inconnus, les sanctions, elles, sont plus claires. Ainsi la NHL a-t-elle annoncé que des suspensions à purger en juillet et août n'étaient pas à écarter comme ça.
«L'été représente le moment par excellence pour montrer que la NHL contrôle la situation tout en ne portant pas préjudice indu aux joueurs et aux clubs qui comptent sur leurs précieux services», a indiqué le porte-parole. «En plus, les joueurs de hockey professionnel n'ont rien à faire pendant l'été, ce qui leur donne tout le temps de réfléchir aux conséquences de leurs gestes.»
La NHL a par ailleurs confirmé que d'autres mesures portant sur l'ensemble de la situation seraient rendues publiques d'ici une quinzaine d'années.
De son côté, le commissionnaire Gary Bettman a émis un communiqué sur le sujet, mais les phrases en étaient tellement emberlificotées que personne n'a rien compris. «C'est pas grave. Vous savez comme moi que monsieur le commissionnaire ne parle jamais pour dire quelque chose», a conclu le porte-parole.
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Un athlète qui s'est fait pogner pour dopage a dû fouiller dans sa mémoire pour déterminer à quel moment il avait bien pu prendre des substances illicites à son propre insu.
«Je ne sais même pas ce qu'est la drogue. Il est donc radicalement impossible que j'aie pu volontairement entrer en contact avec elle», a déclaré l'athlète lors de sa comparution devant les autorités compétentes.
«À un moment donné, j'ai serré la main d'un gars. Il en a peut-être profité pour m'administrer une pommade illégale dans la région», a supputé l'athlète. «Puis, le lendemain, j'ai caressé les cheveux de ma charmante épouse. Dieu sait ce qu'ils mettent dans le shampoo de nos jours.»
L'athlète a également déclaré qu'avant la compétition, il avait commis l'étourderie de manger au restaurant, de s'asseoir sur un banc public et de respirer l'air du dehors, toutes occurrences susceptibles d'avoir conduit à son intériorisation de produits dopants — «C'est effarant ce que les gens laissent traîner partout» — et au passage subséquent d'un test positif.
«Je peux vous assurer que je suis un athlète propre», a-t-il protesté. «Peut-être trop propre, même. Je vais y penser à deux fois avant de me laver avec de l'eau dont on ne sait pas d'où elle vient.»
jdion@ledevoir.com
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