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Affaire Ullrich - Le parquet de Bonn pense statuer avant la fin de l'année

5 avril 2007  Actualités sportives
Berlin — Le parquet de Bonn a écarté hier l'hypothèse d'une manipulation concernant l'enquête sur Jan Ullrich, soupçonné de dopage, et espère avoir clos l'instruction à la fin de cette année.

«Rien ne laisse à penser qu'il y a eu une manipulation dans cette affaire», a déclaré Friedrich Apostel, un des procureurs enquêtant sur les soupçons de dopage qui pèsent sur l'ancien vainqueur du Tour de France. «J'espère avoir terminé l'enquête à la fin de cette année», a-t-il ajouté.

Jan Ullrich risque jusqu'à 10 ans de prison pour utilisation frauduleuse de produits dopants, selon le Code pénal allemand.

Pat McQuaid, le président de l'Union cycliste internationale (UCI), a fait hier les louanges du travail du parquet de Bonn dans cette affaire.

«Cet exemple prouve que les autorités judiciaires peuvent apporter une aide précieuse aux instances sportives dans leur combat contre le dopage», a-t-il déclaré.

McQuaid a par ailleurs annoncé que les coureurs des 20 équipes engagées sur le Pro Tour étaient d'accord pour fournir leur ADN afin d'améliorer la lutte antidopage.

L'analyse de l'ADN peut être décisive dans des affaires de dopage, comme l'a démontré mardi le parquet de Bonn en annonçant que l'ADN de Jan Ullrich correspondait bien aux poches de sang saisies dans le cadre d'un scandale de dopage espagnol.

La T-Mobile, l'ancienne équipe de Jan Ullrich qui avait licencié son coureur en juillet dernier, s'est félicitée des avancées de l'enquête. «Le cas de Jan Ullrich prouve que les comparaisons d'ADN dans ce type d'affaires sont judicieuses et nécessaires», a déclaré un porte-parole de l'équipe.

Le coureur allemand, retraité depuis le 23 février dernier, ne s'est toujours pas exprimé. De leur côté, ses avocats ont avancé que les poches de sang rerouvées en Espagne ne prouvent en rien la culpabilité de leur client.

«Entre découvrir une poche de sang et prouver que celle-ci a servi à une procédure de dopage, il y a encore du chemin à parcourir», a déclaré un des avocats de l'ancien champion.

La police espagnole avait saisi en mai dernier des centaines de poches de sang congelé appartenant à plus d'une cinquantaine de coureurs. Cette découverte avait permis de mettre au jour un vaste réseau de dopage et avait eu pour conséquence le retrait du Tour de France 2006 de certains grands coureurs impliqués.

La police fédérale allemande a déclaré mardi être en possession de neuf poches de sang correspondant à l'ADN de Jan Ullrich, dont les noms de code étaient «Jan» et «Numéro 1».

La justice espagnole avait dû rapidement renoncer à poursuivre son enquête en raison du cadre législatif trop peu contraignant sur le dopage au moment des faits.

Le président de l'UCI, Pat McQuaid, s'était alors engagé à faire tout son possible pour que l'affaire «Opération Puerto» aille jusqu'à son terme sur le plan judiciaire.
 
 
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