Et puis euh - Il ne faut pas trop réfléchir
Faut en convenir, tous ces journalistes couvrant la politique qui se lancent en politique, ça donne des idées. (En fait, il n'y en a que deux à ce jour, mais vous savez comment sont les journalistes: zéro, c'est un épiphénomène, un, c'est une tendance lourde, et plus d'un, on a affaire à une lame de fond aux dimensions historiques qui pourrait bien faire éclater au grand jour une crise de la représentativité démocratique dans un contexte d'effilochage du tissu social et de redéfinition des structures, ou quelque chose du genre.) Vous en faites pas, une candidature rogatienne n'est pas pour demain, ni même samedi: personnellement, c'est le Crédit social ou rien. La jonction symbiotique de l'avant-garde éclairée style Plateau et des valeurs du terroir sauce Québec d'en bas. Par ici le major Douglas, la planche à billets, les discours à l'emporte-pièce et la fin du sexe dans les écoles.
Bon, certes, il y a tout un parti à bâtir puisque nous, les créditistes, avons été tassés du portrait par la conjoncture, mais vous ne perdez rien pour attendre. À droite toute, ça presse!
Mais en attendant, il y a des choses beaucoup plus urgentes. Par exemple, se demander pourquoi, chaque fois que quelqu'un annonce qu'il va faire de la politique, on dit qu'il «fait le saut». Pourquoi un saut? Pourquoi pas un pas? Pourquoi pas un déplacement vectoriel? Pourquoi pas une téléportation? «Machine se téléporte dans un château fort afin de servir», voilà qui exsude l'élégance, avec un brin de mystère à la clé. Alors que «Machin fait le saut», surtout dans la langue parlée où l'homonymie peut engendrer la confusion, c'est pas mal ordinaire.
Bref, au moment même où le saut est une discipline olympique, on trouve des journalistes politiques qui vont en politique, mais, l'aurez-vous remarqué, pas un traître reporter sportif pour quitter ses confortables fonctions et aller servir dans le sport. Aussi ai-je l'honneur et le privilège de vous annoncer, en primeur, sans obligation de votre part et avec l'assurance qu'aucun représentant n'ira chez vous, que je suis en réflexion (c'est-à-dire devant mon miroir en train d'essayer de m'intimider moi-même en criant à mon image renversée «envoye, drope, mon sale»). Je songe sabbatiquement à retourner servir le monde du hockey organisé, que je quittai définitivement après une saison dans la catégorie Atome «B» pour plusieurs raisons, les principales étant: coup de patin déficient au point de n'être capable de virer et de freiner que d'un bord, maniement du gouret déplorable, notamment en présence du palet, mauvais positionnement sur la patinoire, effort insuffisant dans les coins, et autres menus trucs. Tout ça pendant les exercices, parce qu'on ne jouait qu'un match chez les Atomes «B» et que mon seul quart de travail y fut assez bien nommé puisqu'il ne dura que 15 secondes avant que l'entraîneur-chef ne plaçât mon nom au ballottage (qui n'existait même pas et qui signifiait seulement «va-t'en chez vous, fiston, et surtout lâche pas l'école, hein»).
Comment en effet redonner bien modestement au hockey qui m'a tant donné, apprendre l'alphabet en épelant le nom de Dennis Ververgaert, connaître par coeur l'hymne national, amasser une colossale fortune en gagnant des pools, rencontrer Réjean Tremblay, savoir que le but d'Alain Côté était bon? Or votre Canadien va mal, messieurs dames, lui qui a amorcé mardi sa «nouvelle» saison par une autre défaite et qui, nom d'une Bobinette, cherra encore davantage au classement s'il ne se passe rien. Il lui faut du sang neuf, et même 10, comme dans le temps de Guy Lafleur. Je suis donc en réflexion relativement à un poste de joueur d'impact, espèce de sorte de candidat-vedette d'équipe du tonnerre qui redonnerait de l'oumpf à Kovalev et Samsonov. Mais il s'agit, n'en doutez pas, d'une réflexion humble, modeste, presque gênée de s'avouer qu'elle existe tant son contenu est tout entier orienté vers le service. D'autant plus humble que le coup de patin susmentionné équivaut grosso modo, au moment critique, à celui du défenseur des Blues de St. Louis, Dennis Wideman, tel que magnifiquement illustré dans cette vignette: http://tinyurl.com/3xpeak.
Cela étant, je veux apporter quelque chose d'important au nouveau hockey: le retour des traditions. Vous l'aurez noté si vous avez regardé le match de mardi entre votre Canadien et les Panthers de la Florida, c'est rendu que même Kerry Fraser porte un casque. Inacceptable. Je m'engage donc, une fois que la réflexion sera réfléchie, à jouer avec pas de. Et sans fixatif Paul Mitchell, à part ça.
Je vous remercie.
***
Les fêtes, c'est bien connu, ont été créées pour empoisonner l'existence. Par exemple, selon des sources, la Saint-Valentin est bien davantage à l'origine de chicanes et de tempêtes de neige que d'amour.
Bref, les cadeaux, il ne faut pas attendre aux fêtes pour les donner. Vous en avez un? Offrez-le tout de suite. L'amour, comme disait le poète, requiert un engagement de tous les instants (non, attendez, ce n'est pas le poète qui disait ça, c'est l'intervenant en gestion de couple dans son excellent livre intitulé Le secret de la vie enfin révélé, je l'ai trouvé l'autre jour). Fait vécu, rapporté par le Sun de Londres:
«L'épouse d'un supporter de l'équipe de Manchester United a offert à son mari un superbe présent: un billet de saison d'une valeur de 550 livres sterling. Le problème, c'est qu'elle le lui a remis quatre mois après le début du calendrier.
«La dame avait acheté l'abonnement l'an dernier, mais elle a attendu le jour du 40e anniversaire de son époux, au début de janvier, pour le lui donner.
«Résultat, l'homme a raté les 11 premiers matchs à domicile de Manchester United dans une saison qui en compte 19. Pire, la dame s'était aussi procuré un billet de saison junior pour leur fils.
«Un autre fan de ManU, qui possède un siège à proximité des deux autres au stade Old Trafford, a révélé que ses voisins et lui avaient été étonnés de voir deux aussi bonnes places constamment inoccupées.
«"Bien que son mari soit un supporter, elle ne connaît de toute évidence pas grand-chose au football, a déclaré le partisan. Il doit être un peu déçu."»
Vous voyez? Il est malsain d'être trop longtemps en réflexion.
jdion@ledevoir.com
Bon, certes, il y a tout un parti à bâtir puisque nous, les créditistes, avons été tassés du portrait par la conjoncture, mais vous ne perdez rien pour attendre. À droite toute, ça presse!
Mais en attendant, il y a des choses beaucoup plus urgentes. Par exemple, se demander pourquoi, chaque fois que quelqu'un annonce qu'il va faire de la politique, on dit qu'il «fait le saut». Pourquoi un saut? Pourquoi pas un pas? Pourquoi pas un déplacement vectoriel? Pourquoi pas une téléportation? «Machine se téléporte dans un château fort afin de servir», voilà qui exsude l'élégance, avec un brin de mystère à la clé. Alors que «Machin fait le saut», surtout dans la langue parlée où l'homonymie peut engendrer la confusion, c'est pas mal ordinaire.
Bref, au moment même où le saut est une discipline olympique, on trouve des journalistes politiques qui vont en politique, mais, l'aurez-vous remarqué, pas un traître reporter sportif pour quitter ses confortables fonctions et aller servir dans le sport. Aussi ai-je l'honneur et le privilège de vous annoncer, en primeur, sans obligation de votre part et avec l'assurance qu'aucun représentant n'ira chez vous, que je suis en réflexion (c'est-à-dire devant mon miroir en train d'essayer de m'intimider moi-même en criant à mon image renversée «envoye, drope, mon sale»). Je songe sabbatiquement à retourner servir le monde du hockey organisé, que je quittai définitivement après une saison dans la catégorie Atome «B» pour plusieurs raisons, les principales étant: coup de patin déficient au point de n'être capable de virer et de freiner que d'un bord, maniement du gouret déplorable, notamment en présence du palet, mauvais positionnement sur la patinoire, effort insuffisant dans les coins, et autres menus trucs. Tout ça pendant les exercices, parce qu'on ne jouait qu'un match chez les Atomes «B» et que mon seul quart de travail y fut assez bien nommé puisqu'il ne dura que 15 secondes avant que l'entraîneur-chef ne plaçât mon nom au ballottage (qui n'existait même pas et qui signifiait seulement «va-t'en chez vous, fiston, et surtout lâche pas l'école, hein»).
Comment en effet redonner bien modestement au hockey qui m'a tant donné, apprendre l'alphabet en épelant le nom de Dennis Ververgaert, connaître par coeur l'hymne national, amasser une colossale fortune en gagnant des pools, rencontrer Réjean Tremblay, savoir que le but d'Alain Côté était bon? Or votre Canadien va mal, messieurs dames, lui qui a amorcé mardi sa «nouvelle» saison par une autre défaite et qui, nom d'une Bobinette, cherra encore davantage au classement s'il ne se passe rien. Il lui faut du sang neuf, et même 10, comme dans le temps de Guy Lafleur. Je suis donc en réflexion relativement à un poste de joueur d'impact, espèce de sorte de candidat-vedette d'équipe du tonnerre qui redonnerait de l'oumpf à Kovalev et Samsonov. Mais il s'agit, n'en doutez pas, d'une réflexion humble, modeste, presque gênée de s'avouer qu'elle existe tant son contenu est tout entier orienté vers le service. D'autant plus humble que le coup de patin susmentionné équivaut grosso modo, au moment critique, à celui du défenseur des Blues de St. Louis, Dennis Wideman, tel que magnifiquement illustré dans cette vignette: http://tinyurl.com/3xpeak.
Cela étant, je veux apporter quelque chose d'important au nouveau hockey: le retour des traditions. Vous l'aurez noté si vous avez regardé le match de mardi entre votre Canadien et les Panthers de la Florida, c'est rendu que même Kerry Fraser porte un casque. Inacceptable. Je m'engage donc, une fois que la réflexion sera réfléchie, à jouer avec pas de. Et sans fixatif Paul Mitchell, à part ça.
Je vous remercie.
***
Les fêtes, c'est bien connu, ont été créées pour empoisonner l'existence. Par exemple, selon des sources, la Saint-Valentin est bien davantage à l'origine de chicanes et de tempêtes de neige que d'amour.
Bref, les cadeaux, il ne faut pas attendre aux fêtes pour les donner. Vous en avez un? Offrez-le tout de suite. L'amour, comme disait le poète, requiert un engagement de tous les instants (non, attendez, ce n'est pas le poète qui disait ça, c'est l'intervenant en gestion de couple dans son excellent livre intitulé Le secret de la vie enfin révélé, je l'ai trouvé l'autre jour). Fait vécu, rapporté par le Sun de Londres:
«L'épouse d'un supporter de l'équipe de Manchester United a offert à son mari un superbe présent: un billet de saison d'une valeur de 550 livres sterling. Le problème, c'est qu'elle le lui a remis quatre mois après le début du calendrier.
«La dame avait acheté l'abonnement l'an dernier, mais elle a attendu le jour du 40e anniversaire de son époux, au début de janvier, pour le lui donner.
«Résultat, l'homme a raté les 11 premiers matchs à domicile de Manchester United dans une saison qui en compte 19. Pire, la dame s'était aussi procuré un billet de saison junior pour leur fils.
«Un autre fan de ManU, qui possède un siège à proximité des deux autres au stade Old Trafford, a révélé que ses voisins et lui avaient été étonnés de voir deux aussi bonnes places constamment inoccupées.
«"Bien que son mari soit un supporter, elle ne connaît de toute évidence pas grand-chose au football, a déclaré le partisan. Il doit être un peu déçu."»
Vous voyez? Il est malsain d'être trop longtemps en réflexion.
jdion@ledevoir.com
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