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Et puis euh - Un match, un rêve

Jean Dion   8 février 2007  Actualités sportives
Ce titre à teneur létale de kitschitude vous est présenté gracieusement, chers amis, par le Super Bowl XLI. Il s'agissait de son slogan officiel: One Game, One Dream. Émouvant, non? La formule est d'ailleurs reprise sur l'aimant à frigidaire que je me suis procuré à Miami en fin de semaine. Que voulez-vous, on ne se refait pas: certains, lorsqu'ils voyagent, rapportent des vêtements griffés, d'autres des oeuvres d'art, d'autres des produits alimentaires fins, d'autres des diapositives; personnellement, je ne rate jamais l'occasion de faire l'acquisition d'aimants à frigidaire. Cela peut sembler trivial, et ça l'est terriblement, mais l'aimant à frigidaire présente l'inestimable avantage de faire surgir quantité de souvenirs chaque fois qu'on s'en approche et qu'on l'ouvre (le frigidaire, pas l'aimant). Voyez tout l'exotisme de la chose: vous voulez simplement vérifier s'il reste du beurre et vous avez tout à coup la tête pleine de palmiers, de plages et de supporters éméchés portant un chandail et une casquette des Colts ou des Bears et beuglant leur plaisir de savoir que le football américain existe. Voilà comment on fait du quotidien de chaque jour une merveilleuse aventure et comment on casse la routine qui empoisonne les relations humaines.

Un match, un rêve. Intégrez ce principe dans votre vie. Vous ne le regretterez pas. À moins que vous ne vous identifiiez à Rex Grossman, qui a mis un peu de poésie du désespoir dans tout ça en signant une prestation digne d'un quart, un cauchemar.

Cela étant, il est plus que probable que vous ne croyez pas une minute que je sois vraiment allé dans le sud de la Floride pour assister au match. Qu'est-ce qu'il n'inventerait pas, ce bougre de Rôgachune (prononcé à l'américaine), n'est-ce pas, pour avoir l'air d'avoir un semblant de quelconque allure? Et puis, on le connaît comme si on l'avait macramé, notre pétulant ami, il incarne la quintessence de l'idée de la fée du logis, maître toutes catégories de l'hospitalité et de l'étiquette, comment diable pourrait-il se soustraire à la félicité que lui procure annuellement le fait de recevoir les copains et de te me vous leur concocter des ailes de football juteuses et de croquants nachos premier choix? Hein, comment?

Pourtant, c'est la vérité totale. Juré. Si vous le voulez, je peux soumettre en preuve des photos non truquées, un billet du Dolphin Stadium — section 255, rangée 2, siège 10 —, le kit d'urgence de nuit que m'a remis Air Canada qui avait égaré mes bagages, une tache de moutarde contractée à l'occasion de la consommation d'un hot-dog long d'un pied et des vêtements généralement en train de sécher à la suite de la petite ondée de 40 heures qui s'est abattue sur Miami Gardens dimanche soir.

Ou alors, un échantillon de frisson ressenti quand Prince a poussé Purple Rain dans un stade entièrement illuminé de mauve et sur lequel, on l'aura peut-être remarqué si on a suivi la rencontre à la télé, il pleuvait. Juste un peu. Selon des sources, la pluie aurait d'ailleurs été condamnée par l'Artiste lui-même, qui dispose de sacrées connexions en haut lieu.

Ou alors, un médaillon à l'effigie de la bière Landshark, remis à tous ceux qui assistaient au spectacle de Jimmy Buffett, samedi soir, au bar Clevelander, situé sur Ocean Drive à South Beach. Certes, il peut apparoir que le gars se fourre dans ses menteries lorsqu'il évoque un établissement appelé «Clevelander» dans un des sites les plus chauds de la Floride branchée, mais ses vacances en Ohio, il les a déjà prises. Cet endroit est authentique. On peut s'en convaincre du côté de www.clevelander.com. Avertissement: il y a des madames en costume de bain en guise d'illustration du divertissement qu'il est possible d'y connaître.

Voilà pourquoi cette chronique a fait relâche mardi. Parce qu'on avait lancé à son auteur une invitation amicale, sur laquelle il a sauté à pieds joints pour des raisons générales qu'on aurait peine à ne pas comprendre. Voyage Toronto-Miami-Toronto dans l'avion Budweiser, rien de moins, oui oui, celui qu'on voit dans les annonces à la télé et dans lequel le party est méchamment pogné.

Aussi en profité-je aujourd'hui pour créer la sous-section «Demandez au gars qui est allé au Super Bowl». Si vous avez des questions, genre combien coûte une bière au Super Bowl (10 $US), combien ça prend de temps à sortir du stationnement après le match (une heure), est-ce qu'ils vous font enlever vos souliers au poste de contrôle des services frontaliers des États-Unis d'Amérique avant de monter dans l'avion Budweiser (oui), ce hot-dog long d'un pied, est-ce bien vrai (oui), à quoi avez-vous songé lorsque Devin Hester a retourné le botté d'envoi initial jusqu'à la zone des buts adverse (qu'il restait encore 59 minutes 46 secondes à jouer et donc beaucoup de gros football en perspective et qu'un match n'est pas terminé tant qu'il reste du temps et que, comme l'a dit plus tard Tony Dungy, ce départ canon des Bears était une tactique du Seigneur pour mettre à l'épreuve la résilience des Colts), est-ce qu'il pleuvait (mettez-en), est-ce qu'il y avait un gars aux alentours du stade avec un porte-voix pour alerter les spectateurs de leur condition de pécheurs et de l'inévitabilité d'un séjour prolongé dans la géhenne s'ils ne se lavaient pas illico non pas avec la pluie mais avec le sang du Christ (non, deux), qu'est-ce qu'il y avait à manger et à boire gratis lors du Tailgate Party d'avant-match organisé par la NFL (une quantité et une diversité de viandes telles que vous n'en reviendriez peut-être pas), Peyton Manning méritait-il le titre de joueur par excellence du match (pas tant que ça, mais il était absolument certain qu'il l'obtiendrait si les Colts gagnaient), quelqu'un a-t-il tenté de vous faire les poches sur Ocean Drive en profitant de la foule compacte (oui, mais en vain), que font les gens avec leurs verres lorsqu'ils veulent visiter la boutique souvenir du Dolphin Stadium (ils les laissent par terre à la porte et les reprennent par la suite), le match est-il diffusé à la radio dans les toilettes (oui), comment ont-ils fait pour que les avions Thunderbird survolent le stade au moment précis où Billy Joel poussait la dernière note de l'hymne national (les Américains, ils l'ont l'affaire), ne me les faites pas parvenir parce qu'on se répéterait.

Aussi en profité-je aujourd'hui pour créer la sous-section «Demandez au gars qui est allé au Super Bowl». Si vous avez des questions, genre combien coûte une bière au Super Bowl (10 $US), combien ça prend de temps à sortir du stationnement après le match (une heure), est-ce qu'ils vous font enlever vos souliers au poste de contrôle des services frontaliers des États-Unis d'Amérique avant de monter dans l'avion Budweiser (oui), ce hot-dog long d'un pied, est-ce bien vrai (oui), à quoi avez-vous songé lorsque Devin Hester a retourné le botté d'envoi initial jusqu'à la zone des buts adverse (qu'il restait encore 59 minutes 46 secondes à jouer et donc beaucoup de gros football en perspective et qu'un match n'est pas terminé tant qu'il reste du temps et que, comme l'a dit plus tard Tony Dungy, ce départ canon des Bears était une tactique du Seigneur pour mettre à l'épreuve la résilience des Colts), est-ce qu'il pleuvait (mettez-en), est-ce qu'il y avait un gars aux alentours du stade avec un porte-voix pour alerter les spectateurs de leur condition de pécheurs et de l'inévitabilité d'un séjour prolongé dans la géhenne s'ils ne se lavaient pas illico non pas avec la pluie mais avec le sang du Christ (non, deux), qu'est-ce qu'il y avait à manger et à boire gratis lors du Tailgate Party d'avant-match organisé par la NFL (une quantité et une diversité de viandes telles que vous n'en reviendriez peut-être pas), Peyton Manning méritait-il le titre de joueur par excellence du match (pas tant que ça, mais il était absolument certain qu'il l'obtiendrait si les Colts gagnaient), quelqu'un a-t-il tenté de vous faire les poches sur Ocean Drive en profitant de la foule compacte (oui, mais en vain), que font les gens avec leurs verres lorsqu'ils veulent visiter la boutique souvenir du Dolphin Stadium (ils les laissent par terre à la porte et les reprennent par la suite), le match est-il diffusé à la radio dans les toilettes (oui), comment ont-ils fait pour que les avions Thunderbird survolent le stade au moment précis où Billy Joel poussait la dernière note de l'hymne national (les Américains, ils l'ont l'affaire), ne me les faites pas parvenir parce qu'on se répéterait.

Par contre, si vous avez d'autres questions, il me fera plaisir.
 
 
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  • Antoine Ross-Trempe - Inscrit
    8 février 2007 08 h 57
    Et la vue, elle était comment, la vue?
    M. L'expert,

    Est-ce que c'est vrai que les sections du stade de Miami étaient divisées entre partisans des Bears, partisans des Colts et partisans des Dolphins, et que ces derniers souhaitaient fort-fort que la terre explose juste pour pas qu'une de deux équipes sur le terrain gagne?
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  • Patrick Desy - Abonné
    8 février 2007 17 h 10
    Et les Cheerleaders, comment elles étaient?
    Et les Cheerleaders, comment elles étaient?
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