Des jeux en or sur fond de déficit
Photo : Agence Reuters
Les membres de l’équipe canadienne de natation, portant des chandails du Canadien, se pressent autour de la piscine où s’est déroulée la cérémonie de clôture des XIes Championnats du monde de sports aquatiques, hier soir à Montréal. Avec dix
Quelques dernières courses, des médailles, des salutations, puis on a baissé le drapeau de la FINA: les XIes Championnats du monde ont pris fin hier. Après avoir traversé bien des défis pour réussir à présenter ces jeux, Montréal 2005 peut maintenant dire mission accomplie... sur le plan sportif, du moins, puisque le premier bilan dressé fait état d'un déficit anticipé de quatre millions de dollars. Et c'est la Ville de Montréal qui devra l'éponger, pour respecter sa promesse faite à la Fédération internationale de natation de présenter un budget équilibré. Les coupables: un peu tout le monde, puisque c'est le manque d'assistance qui a fait mal aux finances.
Les derniers sillons du plus gros événement sportif à s'être tenu à Montréal depuis 1976 ont donc été tracés dans l'eau, hier, peu après 19h30. Mais déjà, depuis le matin, ça sentait la fin à l'île Sainte-Hélène. Une sorte d'ambiance au ralenti sur le site. Des kiosques de hot-dogs peu sollicités, pas de vendeurs de programme-souvenir, une salle de presse moins bourdonnante.
Ainsi, l'événement de la journée n'a pas été tant sportif, hier, qu'administratif. Ou musical, peut-être, si l'on pense à la cérémonie de clôture couleur gospel qu'a animé Gregory Charles en compagnie du choeur du Nouveau Monde, devant une foule assez clairsemée. Un spectacle plutôt sobre comparé à celui de l'ouverture, réglé par le Cirque du Soleil.
Dans la journée, le comité organisateur de Montréal 2005 a divulgué pour la première fois les chiffres d'assistance pour l'ensemble des compétitions. Résultat: quelque 160 000 billets vendus (dont le quart en milieu corporatif), soit 50 000 de moins que l'objectif visé. Les derniers chiffres dévoilés le 15 juillet faisaient part de 80 000 ventes. Il faut donc penser que «l'engouement» tant souhaité par les organisateurs ne s'est pas entièrement concrétisé.
Les objectifs ont été atteints à la nage synchronisée, au water-polo et au plongeon. Mais les épreuves de natation, présentées dans un stade de 11 000 places, n'ont pas attiré autant de spectateurs que voulu. À Barcelone, lors des derniers Championnats du monde, 200 000 billets avaient été vendus.
En clair, cela veut dire qu'il manque 4 millions pour atteindre l'équilibre budgétaire fixé à 38,8 millions. Le comité organisateur espérait que la vente des billets rapporterait environ 11 millions de dollars. Après s'être longtemps fait tirer l'oreille, le secteur privé a contribué à près de neuf millions.
Parant les coups, le maire Gérald Tremblay a immédiatement garanti que les contribuables montréalais n'auront pas à absorber le manque à gagner. «Le budget de la Ville est de 4 milliards de dollars. Le déficit représente moins de 0,1 % de ce budget, et nous avons des fonds réservés pour les imprévus. Alors ça n'affectera pas la situation financière de la Ville, et personne n'aura à payer de taxes supplémentaires.»
Selon le comité organisateur, ce déficit devrait être considéré comme une forme d'investissement publicitaire, en considérant les retombées anticipées de l'énorme visibilité mondiale dont a joui Montréal depuis deux semaines. Devant un auditoire cumulé estimé à près d'un milliard de personnes, la Ville a ainsi été montrée sous son meilleur profil, avec des bassins neufs inondés de soleil au pied de la structure imposante de la biosphère.
Hier, le maire a clairement dit que la Ville allait tenter de bénéficier de cette porte ouverte sur le monde. En conférence de presse, il n'a pas exclu l'idée d'une candidature pour l'organisation de prochains Jeux olympiques, peut-être pour 2016. «La réponse est positive», a-t-il dit. «Montréal est déjà une ville olympique [mais avec le succès de Montréal 2005] elle reprend sa place dans les grandes métropoles du monde au niveau de l'olympisme. [...] On va respirer un peu. Mais beaucoup de gens nous posent des questions de cette nature [sur l'organisation des Jeux]. On va faire le bilan de Montréal 2005, réfléchir, et on répondra en temps et lieux.»
M. Tremblay a confirmé qu'il y avait actuellement des discussions entre Québec, Montréal et Ottawa pour trouver la meilleure façon d'effectuer du démarchage en vue d'obtenir de gros événements. Dans son discours de clôture, le maire a aussi affirmé que «Montréal n'attendra pas 30 ans avant de renouer avec le monde». il a également évoqué le souvenir d'Expo 67 et des Jeux de 76.
Succès
Autrement, tant la FINA que le comité organisateur de Montréal 2005 ont parlé d'un grand succès pour décrire les Championnats. Ceux-ci ont attiré 1700 athlètes provenant de 144 pays. Selon les organisateurs, tous les commentaires reçus n'ont été que positifs. Il faut dire que les Championnats ont été menés sans pépin majeur d'organisation, ce qui «tient du miracle», selon Normand Legault, coprésident de Montréal 2005.
On se rappellera les multiples péripéties ayant marqué l'organisation des Championnats, dont Montréal avait momentanément perdu la présentation, cet hiver. Une opération-sauvetage du maire Tremblay et la mise en place rapide d'une équipe efficace qui a abattu en quatre mois un travail qui aurait dû être fait en 18 mois ont toutefois sauvé la mise... à quatre millions près.
«C'était un défi pour tout le monde, convenait hier le président de la FINA, Mustapha Larfaoui. «Mais c'est un défi qui a été relevé [...]. C'était difficile de parvenir à une telle réussite avec quelques mois de préparatifs seulement.» «Le manque de temps était notre pire ennemi, confiait pour sa part René Guimond, directeur-général de l'événement, mais il a aussi été notre meilleur allié», parce qu'il a permis la prise de décision ultra-rapides. «Nous avons atteint notre objectif de présenter les meilleurs Championnats» possible, estime M. Guimond. Qui dit aussi que «le succès de Montréal 2005 contribue de façon marquée à la réputation de Montréal comme étant une ville qui sait recevoir.».
Tant pour M. Guimond que pour Gérald Tremblay ou Mustapha Larfaoui, ce sont les athlètes canadiens qui sortent grands gagnants de Montréal 2005. «Ça valait la peine, dit le maire, quand on regarde l'héritage des infrastructures [des piscines extérieures] qui vont permettre à nos athlètes de rayonner plus tard sur la scène internationale.»
Performances canadiennes
Sur le plan sportif, Montréal 2005 aura été les meilleurs Championnats du monde de l'histoire du Canada. Avec 10 médailles, le pays bat son propre record établi à Berlin en 1978. En natation, entre les exploits des Michael Phelps, Grant Hackett et autres Roland Schoeman, les Canadiens ont réussi à se tailler une part de gâteau intéressante. L'équipe du relais masculin a remporté l'argent au 4 X 100 m. La jeune nageuse Britanny Reimer est montée deux fois sur le podium, au 800 m (argent) et au 1500 m (bronze), Mike Brown a obtenu l'argent au 200 m brasse. L'échec de Natation Canada aux Jeux d'Athènes semble donc bel et bien oublié.
Mais c'est au plongeon que le Canada aura connu ses meilleures performances, en touchant l'or à trois reprises. Blythe Hartley a ouvert la marche au tremplin de 1 m, une journée après que les jeunes Meaghan Benfeito et Roseline Fillion eurent remporté le bronze en synchro à la tour. Quant à lui, Alexandre Despatie a carrément fait l'histoire de Montréal 2005 avec ses deux performances sans faute.
Dernières médailles
Par ailleurs, un total de neuf records du monde ont été battus durant les épreuves de natation. Hier, l'Australienne Jade Edmistone a elle aussi profité de la rapidité de la piscine montréalaise pour briser le record du 50 m brasse. Dans une autre finale, le grand Grant Hackett a de son côté démontré sa supériorité dans les épreuves de demi-fond, en arrivant quelque cinq secondes devant son plus proche adversaire au 1500 m style libre. Pour Hackett, qui a établi un nouveau record du monde au 800 m, il s'agissait d'une cinquième médaille cette semaine (or au 400 m, argent au 200 m, et bronze au relais 4 X 200 m: de loin la meilleure performance individuelle de ces Championnats.
Les derniers sillons du plus gros événement sportif à s'être tenu à Montréal depuis 1976 ont donc été tracés dans l'eau, hier, peu après 19h30. Mais déjà, depuis le matin, ça sentait la fin à l'île Sainte-Hélène. Une sorte d'ambiance au ralenti sur le site. Des kiosques de hot-dogs peu sollicités, pas de vendeurs de programme-souvenir, une salle de presse moins bourdonnante.
Ainsi, l'événement de la journée n'a pas été tant sportif, hier, qu'administratif. Ou musical, peut-être, si l'on pense à la cérémonie de clôture couleur gospel qu'a animé Gregory Charles en compagnie du choeur du Nouveau Monde, devant une foule assez clairsemée. Un spectacle plutôt sobre comparé à celui de l'ouverture, réglé par le Cirque du Soleil.
Dans la journée, le comité organisateur de Montréal 2005 a divulgué pour la première fois les chiffres d'assistance pour l'ensemble des compétitions. Résultat: quelque 160 000 billets vendus (dont le quart en milieu corporatif), soit 50 000 de moins que l'objectif visé. Les derniers chiffres dévoilés le 15 juillet faisaient part de 80 000 ventes. Il faut donc penser que «l'engouement» tant souhaité par les organisateurs ne s'est pas entièrement concrétisé.
Les objectifs ont été atteints à la nage synchronisée, au water-polo et au plongeon. Mais les épreuves de natation, présentées dans un stade de 11 000 places, n'ont pas attiré autant de spectateurs que voulu. À Barcelone, lors des derniers Championnats du monde, 200 000 billets avaient été vendus.
En clair, cela veut dire qu'il manque 4 millions pour atteindre l'équilibre budgétaire fixé à 38,8 millions. Le comité organisateur espérait que la vente des billets rapporterait environ 11 millions de dollars. Après s'être longtemps fait tirer l'oreille, le secteur privé a contribué à près de neuf millions.
Parant les coups, le maire Gérald Tremblay a immédiatement garanti que les contribuables montréalais n'auront pas à absorber le manque à gagner. «Le budget de la Ville est de 4 milliards de dollars. Le déficit représente moins de 0,1 % de ce budget, et nous avons des fonds réservés pour les imprévus. Alors ça n'affectera pas la situation financière de la Ville, et personne n'aura à payer de taxes supplémentaires.»
Selon le comité organisateur, ce déficit devrait être considéré comme une forme d'investissement publicitaire, en considérant les retombées anticipées de l'énorme visibilité mondiale dont a joui Montréal depuis deux semaines. Devant un auditoire cumulé estimé à près d'un milliard de personnes, la Ville a ainsi été montrée sous son meilleur profil, avec des bassins neufs inondés de soleil au pied de la structure imposante de la biosphère.
Hier, le maire a clairement dit que la Ville allait tenter de bénéficier de cette porte ouverte sur le monde. En conférence de presse, il n'a pas exclu l'idée d'une candidature pour l'organisation de prochains Jeux olympiques, peut-être pour 2016. «La réponse est positive», a-t-il dit. «Montréal est déjà une ville olympique [mais avec le succès de Montréal 2005] elle reprend sa place dans les grandes métropoles du monde au niveau de l'olympisme. [...] On va respirer un peu. Mais beaucoup de gens nous posent des questions de cette nature [sur l'organisation des Jeux]. On va faire le bilan de Montréal 2005, réfléchir, et on répondra en temps et lieux.»
M. Tremblay a confirmé qu'il y avait actuellement des discussions entre Québec, Montréal et Ottawa pour trouver la meilleure façon d'effectuer du démarchage en vue d'obtenir de gros événements. Dans son discours de clôture, le maire a aussi affirmé que «Montréal n'attendra pas 30 ans avant de renouer avec le monde». il a également évoqué le souvenir d'Expo 67 et des Jeux de 76.
Succès
Autrement, tant la FINA que le comité organisateur de Montréal 2005 ont parlé d'un grand succès pour décrire les Championnats. Ceux-ci ont attiré 1700 athlètes provenant de 144 pays. Selon les organisateurs, tous les commentaires reçus n'ont été que positifs. Il faut dire que les Championnats ont été menés sans pépin majeur d'organisation, ce qui «tient du miracle», selon Normand Legault, coprésident de Montréal 2005.
On se rappellera les multiples péripéties ayant marqué l'organisation des Championnats, dont Montréal avait momentanément perdu la présentation, cet hiver. Une opération-sauvetage du maire Tremblay et la mise en place rapide d'une équipe efficace qui a abattu en quatre mois un travail qui aurait dû être fait en 18 mois ont toutefois sauvé la mise... à quatre millions près.
«C'était un défi pour tout le monde, convenait hier le président de la FINA, Mustapha Larfaoui. «Mais c'est un défi qui a été relevé [...]. C'était difficile de parvenir à une telle réussite avec quelques mois de préparatifs seulement.» «Le manque de temps était notre pire ennemi, confiait pour sa part René Guimond, directeur-général de l'événement, mais il a aussi été notre meilleur allié», parce qu'il a permis la prise de décision ultra-rapides. «Nous avons atteint notre objectif de présenter les meilleurs Championnats» possible, estime M. Guimond. Qui dit aussi que «le succès de Montréal 2005 contribue de façon marquée à la réputation de Montréal comme étant une ville qui sait recevoir.».
Tant pour M. Guimond que pour Gérald Tremblay ou Mustapha Larfaoui, ce sont les athlètes canadiens qui sortent grands gagnants de Montréal 2005. «Ça valait la peine, dit le maire, quand on regarde l'héritage des infrastructures [des piscines extérieures] qui vont permettre à nos athlètes de rayonner plus tard sur la scène internationale.»
Performances canadiennes
Sur le plan sportif, Montréal 2005 aura été les meilleurs Championnats du monde de l'histoire du Canada. Avec 10 médailles, le pays bat son propre record établi à Berlin en 1978. En natation, entre les exploits des Michael Phelps, Grant Hackett et autres Roland Schoeman, les Canadiens ont réussi à se tailler une part de gâteau intéressante. L'équipe du relais masculin a remporté l'argent au 4 X 100 m. La jeune nageuse Britanny Reimer est montée deux fois sur le podium, au 800 m (argent) et au 1500 m (bronze), Mike Brown a obtenu l'argent au 200 m brasse. L'échec de Natation Canada aux Jeux d'Athènes semble donc bel et bien oublié.
Mais c'est au plongeon que le Canada aura connu ses meilleures performances, en touchant l'or à trois reprises. Blythe Hartley a ouvert la marche au tremplin de 1 m, une journée après que les jeunes Meaghan Benfeito et Roseline Fillion eurent remporté le bronze en synchro à la tour. Quant à lui, Alexandre Despatie a carrément fait l'histoire de Montréal 2005 avec ses deux performances sans faute.
Dernières médailles
Par ailleurs, un total de neuf records du monde ont été battus durant les épreuves de natation. Hier, l'Australienne Jade Edmistone a elle aussi profité de la rapidité de la piscine montréalaise pour briser le record du 50 m brasse. Dans une autre finale, le grand Grant Hackett a de son côté démontré sa supériorité dans les épreuves de demi-fond, en arrivant quelque cinq secondes devant son plus proche adversaire au 1500 m style libre. Pour Hackett, qui a établi un nouveau record du monde au 800 m, il s'agissait d'une cinquième médaille cette semaine (or au 400 m, argent au 200 m, et bronze au relais 4 X 200 m: de loin la meilleure performance individuelle de ces Championnats.
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