Water-polo: une fin parfaite
Photo : Jacques Nadeau
Dominique Dion, entraîneur adjoint de l’équipe de water-polo féminine du Canada, a plongé dans la piscine pour célébrer la victoire avec ses joueuses.
Après un total combiné de 42 années sous les couleurs de l'équipe nationale, c'était le chant du cygne, hier, pour ces piliers du water-polo féminin canadien qui ont pour noms Ann Dow, Johanne Bégin et Cora Campbell. Or, tant qu'à quitter la scène, ont-elles semblé se dire, pourquoi ne pas le faire avec panache?
Et en dépit de l'émotion, panache il y eut. Dow a fait mouche sur tous ses tirs du match et compté les quatre premiers buts de son club et Bégin a ajouté un filet pour mener le Canada à une victoire convaincante de 8-3 face à la Russie et lui permettre de mettre la main sur la médaille de bronze devant environ 4000 spectateurs aux XIes Championnats du monde FINA disputés au parc Jean-Drapeau de Montréal.
Il s'agissait de la septième médaille canadienne jusque-là à ces championnats 2005 (quatre en plongeon, deux en natation) et d'un troisième podium dans l'histoire de la FINA pour l'équipe féminine de water-polo après le bronze à Fukuoka, en 2001, et l'argent à Perth, en 1991.
Par ailleurs, dans la grande finale disputée plus tard en après-midi, les Hongroises ont eu la frousse de leur vie lorsqu'elles ont laissé filer l'avance de quatre buts qu'elles détenaient à la mi-temps pour finalement vaincre les États-Unis en prolongation par le score de 10-7. La Hongrie, déjà championne du monde en 1994, s'approprie ainsi la médaille d'or et les USA se contentent de l'argent.
Après leur difficile défaite en demi-finale mercredi soir contre la Hongrie, on pouvait craindre que les Canadiennes aient du mal à se ressaisir. Mais elles ont répondu avec une prestation pour tout dire impeccable face à une formation russe qu'elles sont parvenues à assommer en première moitié de joute.
«C'est notre médaille d'or. Il était absolument hors de question que nous finissions quatrièmes», a déclaré l'entraîneur-chef Patrick Oaten, qui a tenu à louer la force de caractère de ses équipières et est allé les féliciter, à l'issue de la rencontre, en sautant tout habillé dans la piscine. Dans un beau geste, son vis-à-vis Alexander Kleymenov a pris la peine de lancer au groupe un drapeau du Canada.
Pour son ultime tour de piste, Ann Dow, 34 ans, de Montréal, a fait les choses en grand. Dès la 5e minute, elle a ouvert la marque pour le Canada et nivelé la marque à 1-1 à la faveur d'un tir de punition. Au deuxième quart, elle profitait de sa polyvalence pour compter à deux reprises de loin (un lancer est venu d'au-delà de la ligne des huit mètres) et une troisième fois sur un petit lob. Lorsque Tara Campbell y est allée d'un filet de son cru dans les derniers instants de la période pour porter le score à 5-2, on sentait que le glas venait de sonner pour les Russes. D'autant plus que la gardienne canadienne Rachel Riddel, qui avait connu une sortie difficile en demi-finale, faisait les arrêts clés et jouissait d'une excellente communication avec ses poteaux et sa barre horizontale sur lesquels sont venus s'échouer cinq ou six tirs de l'adversaire.
En deuxième demie, Susan Gardiner, Bégin et Krystina Alogbo (à 19 ans, cette dernière est l'un des grands espoirs du water-polo canadien) ont marqué à leur tour, et l'affaire était dans le sac. «On a suivi le plan de match à la lettre. [Gagner le bronze après la défaite contre la Hongrie], c'était la meilleure revanche qu'on pouvait imaginer», a dit Marie-Luc Arpin.
Au terme du match, l'humeur des trois nouvelles retraitées internationales — Bégin, notamment, poursuivra sa carrière professionnelle en Italie — oscillait entre la joie d'avoir accompli avec brio cette dernière mission et la tristesse de quitter la «famille». («C'est comme si elles étaient mes soeurs», disait Oaten hier.) Les trois ont par ailleurs indiqué qu'elles resteraient associées à l'équipe nationale à un titre ou à un autre.
Autre point commun: la difficulté pour elles et leurs coéquipières de traduire en mots leur état d'esprit en ces intenses moments. «Indescriptible», «incroyable», «je ne sais pas comment le dire» sont revenus à plus d'une occasion.
Après la rencontre, les filles se sont offert un tour de la piscine, pendant lequel elles en ont profité pour serrer la main des spectateurs. Il faut dire qu'en moins de deux semaines, l'équipe s'est constitué un impressionnant contingent de supporters dont on espère, chez ces sportives de l'ombre, que l'engouement ne sera pas que temporaire.
Par ailleurs, la Hongrie aura la chance de réaliser un doublé, aujourd'hui, puisque son équipe masculine, déjà double championne olympique, se mesurera à la Serbie-Monténégro en finale (match prévu à 14h30). Auparavant, la Croatie et la Grèce se seront disputé la médaille de bronze.
***
Le Canada entretenait des ambitions plutôt modestes en natation à l'aube de ces championnats. Bien voilà. Et de huit. Et de neuf.
Quatre heures après les poloïstes, le pays hôte est de nouveau monté sur le podium, hier soir, lorsque Mike Brown, de Perth (Ontario), a arraché la deuxième place de l'épreuve du 200 m brasse. Brown a amélioré son propre record canadien avec un temps de 2 min 11 s 22, étant devancé assez largement par l'Américain Brendan Hansen qui a bouclé les quatre longueurs en 2 min 9 s 85.
Et Brown n'avait pas encore fini de se faire sécher que ses collègues du relais 4 X 200 m nage libre — Brent Hayden, Colin Russell, Rick Say et Andrew Hurd — l'imitaient et allaient chercher une médaille d'argent en n'étant devancés que par le quatuor américain mené par Michael Phelps. Hayden et Say avaient déjà remporté l'argent, dimanche dernier, au 4 X 100 m libre.
Les Canadiens, qui ont été campés au deuxième rang tout du long, ont négocié les 16 longueurs en 3 min 16 s 44, alors que les États-Unis établissaient une nouvelle marque FINA en 3 min 13 s 77.
Par ailleurs, on avait dit que la piscine de l'île Sainte-Hélène favoriserait, en raison de sa profondeur, des chronos très rapides. Bien voilà.
L'Américain Aaron Peirsol a abaissé hier soir de huit centièmes de seconde la marque mondiale qu'il détenait lui-même et remporté la médaille d'or du 200 m dos avec un chrono de 1 min 54 s 66. Peirsol, qui avait aussi enlevé le 100 m dos mardi, n'a pas perdu dans cette épreuve depuis les Jeux olympiques de Sydney, en 2000, où il s'était classé deuxième. Il s'agissait du sixième record du monde battu au cours de ces championnats FINA. Puis quelques minutes plus tard, l'Australienne Leisel Jones a remis ça en défonçant à son tour la marque du 200 m brasse, détenue jusque-là par l'Américaine Amanda Beard. Jones a négocié le parcours en 2 min 21 s 72, soit 72 centièmes de seconde de moins que l'ancien record, réalisé l'an dernier.
Et en dépit de l'émotion, panache il y eut. Dow a fait mouche sur tous ses tirs du match et compté les quatre premiers buts de son club et Bégin a ajouté un filet pour mener le Canada à une victoire convaincante de 8-3 face à la Russie et lui permettre de mettre la main sur la médaille de bronze devant environ 4000 spectateurs aux XIes Championnats du monde FINA disputés au parc Jean-Drapeau de Montréal.
Il s'agissait de la septième médaille canadienne jusque-là à ces championnats 2005 (quatre en plongeon, deux en natation) et d'un troisième podium dans l'histoire de la FINA pour l'équipe féminine de water-polo après le bronze à Fukuoka, en 2001, et l'argent à Perth, en 1991.
Par ailleurs, dans la grande finale disputée plus tard en après-midi, les Hongroises ont eu la frousse de leur vie lorsqu'elles ont laissé filer l'avance de quatre buts qu'elles détenaient à la mi-temps pour finalement vaincre les États-Unis en prolongation par le score de 10-7. La Hongrie, déjà championne du monde en 1994, s'approprie ainsi la médaille d'or et les USA se contentent de l'argent.
Après leur difficile défaite en demi-finale mercredi soir contre la Hongrie, on pouvait craindre que les Canadiennes aient du mal à se ressaisir. Mais elles ont répondu avec une prestation pour tout dire impeccable face à une formation russe qu'elles sont parvenues à assommer en première moitié de joute.
«C'est notre médaille d'or. Il était absolument hors de question que nous finissions quatrièmes», a déclaré l'entraîneur-chef Patrick Oaten, qui a tenu à louer la force de caractère de ses équipières et est allé les féliciter, à l'issue de la rencontre, en sautant tout habillé dans la piscine. Dans un beau geste, son vis-à-vis Alexander Kleymenov a pris la peine de lancer au groupe un drapeau du Canada.
Pour son ultime tour de piste, Ann Dow, 34 ans, de Montréal, a fait les choses en grand. Dès la 5e minute, elle a ouvert la marque pour le Canada et nivelé la marque à 1-1 à la faveur d'un tir de punition. Au deuxième quart, elle profitait de sa polyvalence pour compter à deux reprises de loin (un lancer est venu d'au-delà de la ligne des huit mètres) et une troisième fois sur un petit lob. Lorsque Tara Campbell y est allée d'un filet de son cru dans les derniers instants de la période pour porter le score à 5-2, on sentait que le glas venait de sonner pour les Russes. D'autant plus que la gardienne canadienne Rachel Riddel, qui avait connu une sortie difficile en demi-finale, faisait les arrêts clés et jouissait d'une excellente communication avec ses poteaux et sa barre horizontale sur lesquels sont venus s'échouer cinq ou six tirs de l'adversaire.
En deuxième demie, Susan Gardiner, Bégin et Krystina Alogbo (à 19 ans, cette dernière est l'un des grands espoirs du water-polo canadien) ont marqué à leur tour, et l'affaire était dans le sac. «On a suivi le plan de match à la lettre. [Gagner le bronze après la défaite contre la Hongrie], c'était la meilleure revanche qu'on pouvait imaginer», a dit Marie-Luc Arpin.
Au terme du match, l'humeur des trois nouvelles retraitées internationales — Bégin, notamment, poursuivra sa carrière professionnelle en Italie — oscillait entre la joie d'avoir accompli avec brio cette dernière mission et la tristesse de quitter la «famille». («C'est comme si elles étaient mes soeurs», disait Oaten hier.) Les trois ont par ailleurs indiqué qu'elles resteraient associées à l'équipe nationale à un titre ou à un autre.
Autre point commun: la difficulté pour elles et leurs coéquipières de traduire en mots leur état d'esprit en ces intenses moments. «Indescriptible», «incroyable», «je ne sais pas comment le dire» sont revenus à plus d'une occasion.
Après la rencontre, les filles se sont offert un tour de la piscine, pendant lequel elles en ont profité pour serrer la main des spectateurs. Il faut dire qu'en moins de deux semaines, l'équipe s'est constitué un impressionnant contingent de supporters dont on espère, chez ces sportives de l'ombre, que l'engouement ne sera pas que temporaire.
Par ailleurs, la Hongrie aura la chance de réaliser un doublé, aujourd'hui, puisque son équipe masculine, déjà double championne olympique, se mesurera à la Serbie-Monténégro en finale (match prévu à 14h30). Auparavant, la Croatie et la Grèce se seront disputé la médaille de bronze.
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Le Canada entretenait des ambitions plutôt modestes en natation à l'aube de ces championnats. Bien voilà. Et de huit. Et de neuf.
Quatre heures après les poloïstes, le pays hôte est de nouveau monté sur le podium, hier soir, lorsque Mike Brown, de Perth (Ontario), a arraché la deuxième place de l'épreuve du 200 m brasse. Brown a amélioré son propre record canadien avec un temps de 2 min 11 s 22, étant devancé assez largement par l'Américain Brendan Hansen qui a bouclé les quatre longueurs en 2 min 9 s 85.
Et Brown n'avait pas encore fini de se faire sécher que ses collègues du relais 4 X 200 m nage libre — Brent Hayden, Colin Russell, Rick Say et Andrew Hurd — l'imitaient et allaient chercher une médaille d'argent en n'étant devancés que par le quatuor américain mené par Michael Phelps. Hayden et Say avaient déjà remporté l'argent, dimanche dernier, au 4 X 100 m libre.
Les Canadiens, qui ont été campés au deuxième rang tout du long, ont négocié les 16 longueurs en 3 min 16 s 44, alors que les États-Unis établissaient une nouvelle marque FINA en 3 min 13 s 77.
Par ailleurs, on avait dit que la piscine de l'île Sainte-Hélène favoriserait, en raison de sa profondeur, des chronos très rapides. Bien voilà.
L'Américain Aaron Peirsol a abaissé hier soir de huit centièmes de seconde la marque mondiale qu'il détenait lui-même et remporté la médaille d'or du 200 m dos avec un chrono de 1 min 54 s 66. Peirsol, qui avait aussi enlevé le 100 m dos mardi, n'a pas perdu dans cette épreuve depuis les Jeux olympiques de Sydney, en 2000, où il s'était classé deuxième. Il s'agissait du sixième record du monde battu au cours de ces championnats FINA. Puis quelques minutes plus tard, l'Australienne Leisel Jones a remis ça en défonçant à son tour la marque du 200 m brasse, détenue jusque-là par l'Américaine Amanda Beard. Jones a négocié le parcours en 2 min 21 s 72, soit 72 centièmes de seconde de moins que l'ancien record, réalisé l'an dernier.
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