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La commande était trop grosse...

Jean Dion   28 juillet 2005  Sports
L’équipe hongroise de water-polo célèbre sa vistoire de 9-7 contre le Canada.
Photo : Jacques Nadeau
L’équipe hongroise de water-polo célèbre sa vistoire de 9-7 contre le Canada.
La Hongrie entretient une réputation de première puissance mondiale en water-polo, et son équipe nationale féminine ne l'a pas faite mentir, hier soir, alors qu'elle s'est offert un billet pour la grande finale des XIes championnats du monde FINA en disposant du Canada par la marque de 9-7.

Il s'agissait d'une première défaite dans le tournoi pour les Canadiennes, qui savaient qu'elles auraient affaire à forte partie. Et justement, la commande s'est révélée juste un peu trop grosse. Elles ont vaillamment lutté, mais un troisième quart désastreux, pendant lequel les Hongroises ont profité de leur indiscipline pour marquer cinq buts, dont trois en avantage numérique, a rendu la pente impossible à gravir.

Le Canada affrontera donc, vendredi, la Russie dans le match pour l'obtention de la médaille de bronze. De son côté, la Hongrie visera l'or face aux États-Unis, vainqueurs des Russes par 10 à 8 dans l'autre demi-finale présentée plus tôt en journée. Les Canadiennes ratent ainsi une belle occasion de retrouver leurs vieilles rivales, les Américaines, les seules à les avoir battues au cours du calendrier 2005 de la Ligue mondiale de water-polo.

Devant des gradins bondés occupés par près de 5000 spectateurs enthousiastes, et devant les caméras de la télévision d'État qui diffusait le match en direct, les deux équipes se sont distinguées par leur capacité à profiter des occasions qui se sont présentées. Alors que les Hongroises, excellentes en contre-attaque, n'ont raté aucune chance et lancé au but avec une précision dévastatrice (9 buts en 19 tirs, contre 7 en 31 pour le Canada), les Canadiennes, elles, se sont heurtées à une défensive étanche, massée devant la gardienne Patricia Horvath et déviant quantité de lancers. Néanmoins, le Canada tenait l'adversaire dans sa mire jusqu'à cette troisième période...

L'un des deux vétérans de l'équipe canadienne, Johanne Bégin, de Québec, a mené l'attaque du pays hôte avec trois buts. Pour la Hongrie, Mercedes Stieber a aussi compté trois fois, et Agnes Valkai et Rita Dravucz ont fait frétiller les cordages, comme disait le poète, deux fois chacune.

Au premier quart, qui s'est terminé 1-1, le Canada a dû compter sur quelques arrêts clés de la grande Vancouvéroise et gardienne Rachel Riddell pour se maintenir dans le match. D'autant plus que deux de ses propres tirs venaient échouer l'un, de Valérie Dionne, en plein sur la ligne de but, l'autre, de Krystina Alogbo, sur le poteau.

En deuxième période, le deuxième but de Valkai et le seul d'Eszter Tomaskovics donnaient aux Hongroises une priorité de 3-1, mais un but de Cora Campbell alors qu'il restait moins d'une seconde au cadran, à la suite de plusieurs tirs vains et d'une mêlée à l'embouchure du filet, est venu réduire l'écart de moitié.

C'est donc en troisième que les choses se sont gâtées et que les vannes se sont ouvertes (c'est un calembour aquatique). Dravucz et Stieber ont fait 5-2 puis, après une réplique de la capitaine canadienne Ann Dow, ont rajouté deux buts dans la minute suivante. Or ces trois derniers filets hongrois se sont produits pendant qu'une Canadienne était en exclusion pour avoir un peu trop brassé en zone défensive (une quatrième exclusion n'a pas été coûteuse). Au terme de cet engagement, les Magyares dominaient par 8-4 et ne devaient plus regarder en arrière.

Bégin a complété son tour du casque de bain en comptant deux autres fois au dernier quart, pendant lequel l'entraîneur Patrick Oaten a retiré Riddell — qui n'a pas grand-chose à se reprocher puisque les tirs de l'adversaire n'étaient pas très arrêtables — pour la remplacer par Whynter Lamarre. Au finish, c'était Hongrie 9, Canada 7.

Après le match, la capitaine de l'équipe du Canada, Ann Dow, a parlé du verdict comme d'une «grosse déception», que les filles devront toutefois oublier rapidement car il reste un autre gros match. Marie-Luc Arpin a souligné que les Hongroises avaient tout simplement été la meilleure de deux équipes qui ont bien joué. Et Johanne Bégin a noté que la Hongrie avait été économe de pressing, se contentant de maintenir les Canadiennes à la périphérie de la zone d'attaque et les forçant à faire des tirs de loin. «Nous avons manqué de précision, et elles en ont profité pour nous prendre à contre-pied», a-t-elle dit. «On s'est un peu battues nous-mêmes.»

Le gagnant de cette aventure pourrait cependant être le water-polo lui-même, qui, grâce à un impressionnant parcours — en chemin, les Canadiennes ont vaincu l'Italie et la Grèce, médaillées d'or et d'argent à Athènes — de l'équipe hôtesse, semble s'être gagné une légion de nouveaux fans.






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