Le vent dérange l’épreuve de slopestyle aux JO de Pyeongchang

La Suisse Carla Somaini
Photo: François-Xavier Marit Agence France-Presse La Suisse Carla Somaini

Pyeongchang — Le vent qui souffle en rafales dans les montagnes de Pyeongchang n’a pas eu raison que des premières épreuves olympiques de ski alpin, il a aussi transformé lundi l’épreuve féminine de snowboard slopestyle en un festival de chutes et en un véritable jeu de massacre.

Le slopestyle est une épreuve spectaculaire où les skieurs et les snowboarders enchaînent figures sur des rails et sauts sur des tremplins, des sauts de plus en plus hauts à mesure que l’on approche de la fin du parcours.

Et la combinaison de ces hauteurs et des bourrasques qui balayaient le site du Phoenix Snowpark a été fatale à un nombre extrêmement élevé de concurrentes et, plus généralement, à la crédibilité du concours.

Sur les cinquante runs disputés (deux « runs » pour chacune des 25 finalistes), seuls une petite dizaine ont pu en effet être menés à bien, du haut au bas de la piste sans incident particulier.

Pour le reste, les spectateurs ont assisté à une cascade de chutes, de sauts avortés ou même de refus d’obstacles, certaines championnes freinant brutalement au milieu de la bosse, de peur sans doute d’être emportées par le vent une fois lancées à plus de quatre mètres de hauteur.

Même la championne olympique, l’Américaine Jamie Anderson, a chuté lors de sa deuxième descente. Et après l’épreuve, la Finlandaise Enni Rukajarvi, pourtant médaillée de bronze, jugeait que les organisateurs « auraient dû annuler ou reporter ».

Je suis contente d’avoir pu poser mon run et d’avoir fait un bon score. Mais je suis surtout contente que personne ne se soit blessée gravement.


Des blessures
Mais cette piste de slopestyle ouverte aux quatre vents a tout de même fait du dégât, avec la grave blessure dimanche à l’entraînement de l’Australienne Tess Coady. « J’ai été prise par le vent sur le saut du bas à l’entraînement et mon ligament croisé antérieur n’a pas trop aimé ! », a-t-elle écrit sur Instagram.

Rien de grave en revanche pour l’Autrichienne Anna Gasser, mais la championne du monde 2017, seulement 15e lundi, regrettait que la compétition olympique se soit finalement résumée à une « loterie ».

« Je ne pense pas qu’il s’agissait d’une compétition juste et je suis un peu déçue que l’organisation ait maintenu le programme. En ce qui me concerne, je ne pense pas que c’était une bonne publicité pour le snowboard féminin », a-t-elle dit.

Le programme de l’épreuve avait déjà été chamboulé à cause du vent, les qualifications de dimanche étant annulées puis le début de la finale lundi reporté d’une heurt et quart. Et dans un communiqué, la fédération internationale de ski (FIS) a assuré que son jury avait considéré que les conditions météo étaient « dans les limites permettant d’organiser la compétition en sécurité ».

« La FIS se donne toujours pour objectif que les athlètes puissent réussir leurs meilleures performances, ce qui selon certaines concurrentes n’étaient pas le cas aujourd’hui. Mais la nature des sports d’extérieur implique aussi de s’adapter aux éléments », a-t-elle ajouté.

À 200 mètres de là et presqu’à la même heure, les qualifications du snowboard halfpipe féminin se sont d’ailleurs déroulées sans gros problème, sur une piste un peu plus abritée et où les sauts sont moins hauts.

« Il y avait des rafales, il fallait attendre le bon moment. Et après ça allait. Le slopestyle, c’est plus grand, tu ne peux pas tout voir. Nous on peut quand même voir s’il y a du vent. C’est moins gênant », a expliqué la Française Mirabelle Thovex, qualifiée pour la finale.